La bataille des constellations de satellites s'intensifie. Et visiblement, Amazon est bien décidée à mettre des bâtons dans les roues de SpaceX.

Amazon veut freiner les efforts de SpaceX. ©Thrive Studios ID / Shutterstock
Amazon veut freiner les efforts de SpaceX. ©Thrive Studios ID / Shutterstock

Si l'entreprise d'Elon Musk domine allègrement le secteur avec Starlink, l'arrivée d'Amazon Leo pourrait redistribuer les cartes. Car le géant de l'e-commerce peut non seulement compter sur ses capacités logistiques pour déployer son offre, il pourrait également proposer des souscriptions groupées avec ses autres services. De quoi attirer de nombreux clients.

Consciente de ces avantages, SpaceX a même décidé d'adapter sa stratégie. Et de son côté, Amazon adopte une toute autre approche pour freiner sa rivale.

Une lettre adressée à la FCC

Dans une lettre adressée à la Commission fédérale des communications (FCC), agence fédérale américaine responsable de la réglementation de la communication, Amazon l'implore de rejeter une demande de SpaceX. Et cette missive cible un aspect bien précis des activités de l'entreprise d'Elon Musk : son ambition, récente, de déployer 1 million de data centers dans l'espace.

Leur objectif : traiter des charges de travail liées à l'intelligence artificielle (IA) en exploitant l'énergie solaire abondante. Pour concrétiser ce projet pharaonique, SpaceX mise sur Starship, sa mégafusée de nouvelle génération entièrement réutilisable, encore en phase de test.

Une initiative pas du tout au goût d'Amazon, qui estime que la proposition de sa rivale est bien trop floue et surtout, qu'elle est impossible à mettre en œuvre dans un délai raisonnable. Cela « prendrait des siècles, même en supposant que toutes les capacités de lancement mondiales nécessaires soient disponibles », assure l'entreprise.

Une antenne permettant de se connecter au réseau Amazon Leo. ©Amazon
Une antenne permettant de se connecter au réseau Amazon Leo. ©Amazon

Une habitude ?

« Le calcul du réapprovisionnement est tout aussi préoccupant : en supposant une durée de vie de cinq ans pour les satellites, le maintien d'une constellation d'un million de satellites nécessiterait le remplacement de 200 000 satellites par an, soit plus de 44 fois la production mondiale totale de lancements de satellites en 2025 », ajoute la société.

De plus, le projet de SpaceX « aggraverait encore la situation (Ndlr : concernant la suroccupation de l'orbite), obligeant tous les autres opérateurs en orbite terrestre basse à planifier autour d'une constellation qui pourrait ne jamais exister ».

« Au mieux, la demande semble être un exercice de publicité et de communication, et au pire, une tentative de revendiquer la priorité sur une vaste partie des ressources orbitales sans intention réelle de les déployer », poursuit Amazon.

À noter que cette manière de faire n'est pas étonnante de la part d'une entreprise de Jeff Bezos. Blue Origin a déjà déposé plainte contre la NASA pour freiner les efforts lunaires de SpaceX. Reste à voir si cette fois, ce sera payant.

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Source : PCMag