Les raisons qui poussent Bouygues Telecom à vendre

10 juin 2014 à 17h25
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Bouygues Télécom doit annoncer un plan visant à réduire ses dépenses et à réduire des emplois. Alors que de nouvelles rumeurs font état de tentatives de rachat par Free Mobile, certains éléments du passé de l'opérateur permettent de comprendre pourquoi il pourrait céder son activité.

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Bouygues Telecom traverse une passe difficile. La direction de l'opérateur de téléphonie et FAI a fait comprendre qu'elle réfléchit actuellement à plusieurs éventualités concernant son avenir. Dans ce cadre, l'hypothèse d'une cession à un concurrent est envisageable et des rumeurs font état de premières négociations conduites avec Free Mobile ou bien encore Orange.

Outre ces informations, l'opérateur est sommé de réaliser des économies et doit conduire un plan visant à supprimer plusieurs postes. L'objectif est clair pour Bouygues, économiser jusqu'à 300 millions d'euros par an en supprimant plusieurs postes de dépenses. Une situation compliquée mais certains éléments permettent de comprendre la situation dans laquelle se trouve actuellement l'opérateur.

Historiquement, et cela avant même l'arrivée d'un quatrième opérateur, Bouygues Telecom a toujours occupé la troisième place dans le secteur de la téléphonie mobile. En 2006, il totalisait 8,72 millions de clients alors qu'Orange (23,2) ou SFR (17,9) disposaient d'un parc total plus conséquent. Le nombre de ses clients a par la suite été en progressant jusqu'à l'arrivée de Free Mobile en 2012.

La position de l'opérateur est donc plus difficile à tenir et voit le dernier entrant s'approcher dangereusement de ses positions. Bouygues Telecom doit désormais tenter d'inverser la tendance et gagner de nouveaux clients, un pari compliqué dans un marché devenu très concurrentiel et saturé.

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Une marge en souffrance

Sur le plan purement financier, plusieurs éléments permettent de comprendre la situation de l'opérateur. Fin 2013, le chiffre d'affaires réalisé par Bouygues Telecom et ses activités fixes et mobiles était très proche de celui annoncé fin 2005 (4,6 milliards d'euros, contre 4,5 milliards).

Si cet élément comptable a donc peu progressé, il doit cependant être replacé dans des contextes différents. A cette période, les opérateurs lançaient leurs réseaux 3G et ont depuis étoffé leurs services. Depuis cette année, Bouygues Telecom a également investi dans de nouveaux réseaux fixes et mobiles.

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Autre critère en sa défaveur, la marge opérationnelle de l'opérateur a souffert depuis 2005. Pour rappel, la marge opérationnelle est un ratio permettant de comprendre et d'estimer la rentabilité des ventes et la viabilité d'une société. Il s'agit alors du rapport entre le résultat d'exploitation et le chiffre d'affaires.

Pour Bouygues, cette marge est passée de 14,5% en 2005 à -2,9% l'an dernier. Suite à un premier clivage en 2008, Bouygues Telecom est donc tombé dans le rouge en 2012, après une année charnière pour le secteur. Il a par la suite publié une perte nette de 14 millions d'euros contre un bénéfice net de 331 millions d'euros un an plus tôt. Une situation inconfortable qui poussé la direction du groupe à renfloué sa filiale à hauteur de 678 millions d'euros.

Bouygues Telecom chute de haut

Enfin, l'étude du prix moyen payé chaque mois par un utilisateur est un élément clé pour les opérateurs de téléphonie mobile. L'ARPU est une donnée importante permettant de connaître l'habitude des clients. Globalement, la tendance est la même pour l'ensemble des trois opérateurs « historiques » du marché de la téléphonie mobile.

Bouygues a toutefois la particularité de chuter de plus haut que ses concurrents. L'opérateur jouissait d'un ARPU de 52 euros par mois en 2003 et 50 euros en 2004 puis a dû se contenter de 41,25 euros mensuels en 2007. Pendant cette même année, le chiffre d'affaires moyen réalisé par Orange s'élevait à 33,1 euros et celui de SFR à 36,6 euros.

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A cette même époque, la majorité des clients disposaient de forfaits avec abonnements et réglaient donc une facture relativement fixe pendant 12 ou 24 mois. La démocratisation de forfaits moins chers, sans engagement, a rendu la donne moins certaine et contribué à rogner les revenus générés par l'opérateur.

Bouygues Telecom est désormais sommé d'entreprendre un virage dans le secteur de la téléphonie mobile. A défaut, ces tendances devraient se confirmer dans les mois prochains.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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