À l'Alpe d'Huez, Free a dévoilé à Clubic les coulisses de son réseau 5G et 5G+ en montagne. sur place, entre fausses cheminées et pylônes à 2 700 mètres, le réseau mobile révèle toute sa complexité, au milieu de sa splendeur.

Antennes mobiles Free 4G et 5G, au niveau du Lac Blanc, à 2 700 m, sur le domaine de l'Alpe d'Huez. © Alexandre Boero / Clubic
Antennes mobiles Free 4G et 5G, au niveau du Lac Blanc, à 2 700 m, sur le domaine de l'Alpe d'Huez. © Alexandre Boero / Clubic

Free nous avait donné rendez-vous au cœur de l'Alpe d'Huez, station de sports d'hiver réputée, également mythique chez les cyclistes pour ses redoutés 21 lacets, pour voir l'évolution de son réseau mobile en montagne et haute montagne. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'opérateur de Xavier Niel ne ménage pas ses efforts, puisqu'il équipe 360 stations françaises en 4G, 215 en 5G et depuis cet hiver un total de 91 en 5G+, version autonome (ou standalone, pour les puristes) de la technologie mobile. Nous avons donc voulu vérifier cela de nos yeux, avec Omar Naouar, directeur de la performance de bout en bout chez Free, comme guide.

Sur le toit de l'Ours Blanc, Free cache ses antennes 4G et 5G derrière de fausses cheminées

Ma petite aventure débute mardi matin, à Marseille, avec un TGV fort d'une heure de retard qui me dépose à Lyon Part-Dieu, puis un TER en direction de Grenoble et enfin le sympathique chauffeur de taxi, Fabien, qui transporte ma carcasse jusqu'à l'Alpe d'Huez, où je prends mes quartiers. Quelques minutes après mon arrivée, je me retrouve perché sur le toit de l'Ours Blanc, à quelques dizaines de mètres de là à vol d'oiseau, résidence de vacances emblématique de la station, où je découvre de fausses cheminées.

Pour se fondre dans le paysage alpin tout en diffusant le signal, Free a opté pour une résine spéciale qui laisse passer les ondes librement mais qui lui permet de masquer les antennes qui se trouvent à l'intérieur. « On s'adapte à l'environnement », résume Omar Naouar. Après avoir passé un accord avec le propriétaire des lieux, Free est le seul opérateur présent sur cette terrasse, qui lui permet d'irriguer la station de sa connectivité mobile à 360°.

Une cheminée vue d'un haut, depuis le toit de l'Ours Blanc. © Alexandre Boero / Clubic
Une cheminée vue d'un haut, depuis le toit de l'Ours Blanc. © Alexandre Boero / Clubic

Derrière ce camouflage plutôt soigné, la technique est bien au rendez-vous. Trois secteurs (ou trois cheminées, si vous préférez), pour six antennes au total. « Dans chaque cheminée, une antenne s'occupe de la 4G, une autre fait de la 5G 3,5 GHz », précise Omar Naouar. Les fréquences couvrent le 700-900 MHz, le 1,8 GHz, le 2,1 GHz, le 2,6 GHz et le 3,5 GHz, un spectre large pour une couverture sans angle mort.

Omar Naouar, devant les antennes. © Alexandre Boero / Clubic
Antenne 5G en haut à gauche ; 4G/5G à droite. © Alexandre Boero / Clubic

Ce site est aussi équipé de la 5G+, version autonome de la 5G, qui n'a plus besoin de la 4G pour fonctionner. Free alloue ici du 700 MHz en plus du 3,5 GHz pour la faire tourner. Les modules radio qui se trouvent juste devant chaque cheminée sont conçus pour les rigueurs hivernales. Leurs ventilateurs intégrés génèrent une chaleur qui fait fondre naturellement la neige accumulée, et elle est tombée en masse ces dernières semaines dans la région. À 3 300 m sur le domaine, on comptait encore 390 cm de neige cette semaine.

Petite anecdote : je suis ressorti trempé de la visite, après m'être enfoncé d'un bon mètre dans la neige, pensant que celle-ci était suffisamment dure. Mais on aime, c'est la montagne, et on mouille les chaussettes, chez Clubic ! Côté fournisseur, Omar Naouar nous précise que la 5G active et les modules système, « c'est du Nokia 100%. » Voilà qui met fin à la première partie de notre visite. Prenons un peu plus d'altitude encore, si vous le voulez bien.

Ici, la partie alimentation fibre et système. © Alexandre Boero / Clubic

À 2 700 mètres d'altitude, la connectivité des skieurs tient à un pylône

Direction l'Herpi, à environ 2 700 mètres, au bout d'une télécabine qui surplombe les pistes, à deux pas du Lac Blanc. Un imposant pylône bardé d'antennes domine le paysage. « On a installé des antennes 4G et 5G pour permettre aux skieurs d'avoir une couverture qui rend tout à fait possible de streamer en faisant sa descente, avec précaution bien sûr, ou d'envoyer des photos à l'autre bout du monde », explique Omar Naouar. Même en haute montagne, le réseau répond présent.

Nous voici à plus de 2 600 m d'altitude. © Alexandre Boero / Clubic

La proximité des remontées mécaniques a facilité l'acheminement de l'énergie, toujours complexe en altitude. Pour la transmission du signal, c'est une autre histoire. Le site haut perché s'appuie sur des faisceaux hertziens, seule option viable à cette altitude. Une contrainte technique assumée, qui n'entame pas la qualité du réseau délivré aux skieurs sur les pistes. Notons, après renseignement pris de notre côté, que c'est TDF qui possède l'infrastructure ici.

Les antennes Free installées sur un pylone, juste au-dessus des remontées mécaniques. © Alexandre Boero / Clubic

Il faut aussi avoir conscience qu'installer et maintenir ces antennes en bon état est loin d'être une promenade de santé. Omar Naouar en parle avec un certain flegme, d'ailleurs : « Il peut y avoir des interventions en 4x4, en motoneige et même parfois avec de l'héliportage. » Ce sont les équipes internes de Free qui font tout, armées d'une expertise de terrain désormais solide, et d'une formation aux skis de randonnée nécessaire pour atteindre les sites les plus isolés.

Installer de la connexion en altitude, un exploit nécessaire pour la sécurité

La 5G+ devrait prochainement arriver à l'Herpi. « On projette de la déployer dans les 12 prochains mois, pour permettre la montée en trafic data et offrir à nos abonnés une meilleure fluidité, une meilleure latence et plus de débits », annonce Omar Naouar. Voilà qui rejoint la stratégie de Free, qui est d'étendre la 5G standalone partout, sans exception.

Équiper les sommets reste parfois, souvent même, vertigineux. L'antenne la plus haute installée en France culmine à 3 848 mètres, point culminant de l'Aiguille du Midi, à Chamonix. « Là, on est dans des conditions extrêmes, et on met en place des équipements particuliers qui réchauffent même les antennes », confie Omar Naouar. Un savoir-faire conquis, littéralement, au sommet.

Les pistes de l'Alpe d'Huez sont très bien dotées en termes de connectivité mobile. © Alexandre Boero / Clubic

L'intérêt d'installer toujours plus d'antennes (Free est l'opérateur qui possède le plus de sites 5G en France, selon l'ANFR) n'est pas qu'au streaming, évidemment. En montagne, « on achemine aussi les appels d'urgence pour tout le monde », rappelle Omar Naouar. Un rôle souvent oublié, mais crucial en montagne. Free a poussé la fibre jusqu'à quasiment tous ses sites à l'Alpe d'Huez, avec des batteries de secours en complément, pour garantir la continuité du réseau quoi qu'il arrive.

Capture d'écran d'un des tests que nous avons pu faire sur la station. © Alexandre Boero / Clubic

Les tests de débits que nous avons pu effectuer via nPerf dans la station ont été convaincants, avec de gros débits le soir (jusqu'à 813 Mbit/s en téléchargement et 130 Mbit/s en envoi), et une latence très faible en journée (12 ms). On notera tout de même qu'en lançant un test, c'est l'application et le téléphone qui choisissent la technologie utilisée. On ne peut pas savoir avec exactitude si le test a été effectué en 5G ou 5G+. Quoi qu'il en soit, Free, dernier arrivé sur le marché du mobile, a montré sa capacité à couvrir un maximum de territoires et de Français en 5G. Et à l'Alpe d'Huez, comme dans les autres stations de France, elle servira bien au-delà de l'hiver, qui laissera sa place aux randonneurs et cyclistes, qui l'apprécieront aussi.