Focus sur les Ryzen 4000H : l’uppercut d’AMD à destination des laptops gaming ?

Nathan Le Gohlisse
Spécialiste Hardware
16 mars 2020 à 16h30
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© Nathan Le Gohlisse pour Clubic

À Austin, en plus de ses nouveaux processeurs Ryzen « U », surtout destinés aux ultraportables, AMD nous permettait de faire connaissance avec sa gamme Ryzen 4000 « H ». L'objectif de cette série de puces n'a rien de secret : attaquer Intel à la gorge sur un marché dont il a le quasi-monopole depuis des lustres, celui des processeurs hautes performances pour ordinateurs portables gaming et création. Un premier (vrai) essai transformé ? On a très envie d'y croire.

Le retour d'AMD sur le marché laptop n'a rien de vraiment nouveau. Déjà avec sa dernière gamme de processeurs Ryzen 3000 « Picasso », lancée l'année dernière, la firme signait des performances honorables sur ordinateurs portables et ultraportables... tout en mettant un premier orteil sur le secteur du laptop gaming au travers des derniers APUs Ryzen 5 et 7. Encore un peu justes niveau spécifications, ces puces ne rivalisent toutefois que très modestement avec les Core i5-9300H, i7-9750H ou i9-9880H, plus costauds et déployés à tire-larigot depuis près d'un an sur les appareils taillés pour le jeu et le calcul.

Cette année, AMD veut prendre le problème à bras le core ! Et comme avec les Ryzen 4000 « U » que nous avons abordé dans un article dédié, la firme s'en donne les moyens. Présentés dès le début du « Ryzen Mobile Tech Day » auquel nous avons eu la chance d'assister à Austin, les processeurs Ryzen 4000 « H » sont conçus (et même nommés) de façon à concurrencer sans détour l'offre 45 watts d'Intel. Durant un meeting, AMD nous avouait ainsi que le but est bien sûr de progresser de manière agressive sur le marché des laptops gaming et création, pour l'instant jalousement gardé par Intel.

La firme a tout cas la foi et en veut pour preuve, la dynamique est déjà là. Enfin, elle s'amorce. Il y a deux ans, AMD totalisait pratiquement 0% de parts de marché, nous confiait Renato Fregale, responsable Gaming de la marque. Un chiffre qui passait à 6% en 2019. En 2020 AMD revient armé jusqu'aux dents et compte bien continuer sa progression au détriment de son rival. L'enjeu est de taille. Actuellement, environ 90 millions de laptops dévolus au gaming et à la création sont en circulation, nous a-t-on indiqué. Ils sont dans leur immense majorité équipés de processeurs Intel.

Pour changer de paradigme, AMD mise sur trois processeurs hautes performances au TDP configurable entre 35 et 45 watts : les Ryzen 5 4600H (6 cores / 12 threads cadencés entre 3,0 et 4,0 GHz, 11 Mo de cache, 6 unités de calcul GPU à 1500 MHz), Ryzen 7 4800H (8 cores / 16 threads cadencés entre 2,9 et 4,2 GHz, 12 Mo de cache, 7 unités de calcul GPU à 1600 MHz), Ryzen 9 4900H (8 cores / 16 threads cadencés entre 3,3 et 4,4 GHz, 12 Mo de cache, 8 unités de calcul GPU à 1750 MHz). Cerise sur le gâteau, ces trois puces sont déclinées en versions "HS", pensées pour les machines plus menues, qui se différencient surtout par un TDP de 35 watts seulement et des fréquences un peu plus contenues.

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© AMD

Ces trois puces et leurs variantes "HS" ne sont pas là pour enfiler des perles, mais pour casser du Core i7-9750H et du i9-9880H — ceci étant, pour l'heure et en partie à cause du Coronavirus, AMD ne pose pas encore de date de lancement précise. À la place, les rouges préfèrent évoquer une disponibilité à compter du printemps 2020 auprès des constructeurs OEMs (Dell, Alienware, Lenovo Legion, ASUS ROG...).

Rappelons toutefois qu'entre temps, Intel aura lancé sa gamme de processeurs hautes performances de 10ème génération « Comet Lake H ». Le duel n'en sera que plus rude.


Quand AMD y met ses tripes

Si avec sa gamme Ryzen « U » de quatrième génération, AMD part de bases bien établies, le sentiment qui se dégage de la gamme « H » est que la firme a pratiquement débuté d'une feuille blanche... et qu'elle s'est appliquée à fournir un travail probant. Que ce soit pour jouer ou pour travailler.

Factuellement, AMD s'est attaché à comparer son Ryzen 7 4800H à son concurrent direct, tout du moins pour l'heure, le Core i7-9750H d'Intel (6 cores / 12 threads cadencés entre 2,6 et 4,5 GHz ; 12 Mode cache), égalé ou carrément battu dans la plupart des cas. En jeu, une fois couplé à une RTX 2060 MaxQ, le nouveau processeur d'AMD parvenait ainsi à afficher un écart conséquent sur les titres eSport les plus populaires (en 1080p et réglages « haut ») : jusqu'à 34% de performances en plus sous Fortnite, 11% sous DOTA 2, 6% sous Rocket League, 28% avec PUBG ou encore un différentiel maximum de 49% sous Overwatch. Exception faite d'une différence de 15% de performances au profit du Core i7 sous League of Legend, la puce d'AMD fait mouche à tous les coups, assure AMD.

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© AMD

Pareil dans les mêmes conditions, mais cette fois sur les derniers triple A, avec un Ryzen 7 4800H qui devance son concurrent d'un maximum de 30% sous Shadow of the Tomb Raider, de 30% également sous Hitman, de 21% sur l'inévitable GTA V, de 18% sous The Witcher 3 ou encore de 23% sous Battlefield 1.

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© AMD

En calcul, sur une configuration toujours équipée d'une RTX 2060 MaxQ, le nouveau Ryzen 7 se montre jusqu'à 50% plus véloce que le Core i7-9750H en montage vidéo sous Adobe Premiere, jusqu'à 47% plus efficace en calcul ray tracing sous POV Ray. Même dynamique en rendu 3D sous Blender, avec jusqu'à 20% d'écart au profit d'AMD, ou sous encodage audio avec Lame (jusqu'à 40% d'avance pour le Ryzen 7). Si ces chiffres se vérifient au lancement, Intel aura enfin trouvé un concurrent de taille.

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© AMD

AMD s'est aussi longuement attardé sur le cas de son nouveau chouchou, le Ryzen 9 4900HS. Très capable, ce tout nouvel APU arrive en concurrence directe du Core i9-9880H d'Intel. AMD nous a d'ailleurs semblé très heureux de pouvoir nous présenter des comparatifs opposant le flagship d'Intel à leur puce. Et l'écart de performances est à l'avantage des rouges... mais visiblement surtout calcul grâce à l'exploitation des 8 cores et 16 threads du Ryzen 9.

Agile, le processeur s'illustre avec 28 à 56% de performances en plus (valeurs maximales constatées par AMD) que le Core i9-9880H sur des logiciels comme CineBench R20 nT, LAME ou encore Blender. Seul PC Mark DCC (Digital Content Creation) laissait un avantage de 8% à Intel et son porte-étendard. Tout cela méritera de se vérifier en pratique, mais la promesse d'une vraie prestation d'AMD sur laptop pour les prochains mois est on ne peut plus alléchante, surtout sur le segment des processeurs hautes performances.

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© AMD

Reste que le doute nous parait permis en jeu, où la dynamique pourrait être un peu différente. Si le Ryzen 9 4900HS sera vraisemblablement concurrentiel, AMD préférait dans ses graphiques ne plus le comparer directement au Core i9, se contentant de simplement de dévoiler un indice de framerate obtenu tant sur des titres eSport que sur des triple A. Surprenant, mais le Ryzen 9 4900H "classique" pourrait apporter un élément de réponse avec ses fréquences plus élevées.

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© AMD

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© AMD

Les chiffres dévoilés étaient néanmoins prometteurs, avec la barre des 220 FPS franchie en 1080p / « élevé » sous Rocket League et CS: Go une fois le Ryzen 9 4900HS couplé à une RTX 2060 maxQ. Sur les AAA, le seuil des 60 FPS était systématiquement dépassé, avec jusqu'à 90 FPS relevés par AMD sous Far Cry 5, 69 FPS sur Civilisation V, 90 FPS de nouveau avec Hitman, 104 FPS sur Shadow of the Tomb Raider, ou encore 121 FPS sur Strange Brigade. Pas mal, mais nous avons surtout hâte d'en savoir plus et de tester tout ça par nous-mêmes.

Se forger une vraie identité dans le monde gaming

Durant une entrevue en petit comité, AMD nous a brièvement parlé d'une autre nouveauté. Rien à voir cette fois avec un quelconque processeur, mais plutôt avec un design de laptop que la marque cherchera à encourager à l'avenir. AMD a même un nom pour ça : le design standard « HS ». Une appellation que l'on imagine surtout destinée aux constructeurs OEM tant elle est peu explicite (et peu aguicheuse) pour le grand public.

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© AMD

L'idée ? Mettre en avant les Ryzen 5 4600HS, 7 4800HS et 9 4900HS pour sur des machines compactes ne dépassant pas les 20 mm d'épaisseur, et capable d'atteindre le seuil des 10 heures d'autonomie en lecture vidéo. Par ce biais, AMD veut pousser ses partenaires à « repenser le form factor de leurs appareils », nous a-t-on expliqué. Mieux, la marque prévoit d'imposer un véritable cahier des charges aux OEMs. S'ils ne le remplissent pas, il ne pourront pas acheter de composants chez AMD. L'annonce est forte, on attend de voir si elle sera suivie des faits, mais elle pourrait permettre à AMD de se forger une identité propre sur un marché gaming un brin saturé... et idéalement se démarquer. Il semble en tout cas que ce soit le but recherché.

Rappelons qu'AMD a lourdement investi sur le gaming, en recrutant notamment quelques belles figures de proue pour sa division, comme Franck Azor, le co-fondateur d'Alienware, débauché cet été de chez Dell et que nous avons croisé à Austin.

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© AMD

Pour réussir à faire prospérer ses nouvelles puces Ryzen « H » sur laptop gaming, AMD compte enfin sur une poignée de technologies maison très intéressantes, comme la technologie SmartShift, dont on nous a beaucoup parlé lors de notre passage au Texas. Cette dernière permet d'utiliser plus intelligemment un processeur AMD (combinant CPU et iGPU) et un GPU dédié Radeon. À la clé ? Jusqu'à 10% de performances en plus sous The Division 2 et jusqu'à 12% de plus sous CineBench 20 nT, assurent les représentants du groupe californien.

La firme de Lisa Su mise aussi sur son « Radeon Image Sharpening ». Ce dernier se destine surtout aux iGPU et donc aux produits ne disposant pas de carte graphique dédiée, comme le Lenovo Yoga Slim7 que nous avons évoqué dans un autre article. Le principe est de diminuer de manière dynamique la définition sur une partie seulement de l'image affichée afin d'économiser les ressources GPU. La technique est efficace et nous avons pu la découvrir lors d'une démonstration en conditions réelles sous Borderlands 3.

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© AMD

La perte en qualité de rendu était alors minime, mais le surplus de fluidité notable — une dizaine de FPS... suffisamment pour permettre à un simple iGPU d'animer le soft de Gearbox à près de 40 FPS constants en 1080p / « low ». En l'état seules les textures de certains éléments à l'écran semblaient être affectées. Une contrepartie vraiment discrète — d'autant plus dans le feu de l'action — que nous n'avions même pas remarquée de prime abord.

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Ici la technologie Radeon Image Sharpening en démonstration © AMD

Qu'est-ce que ça donne en pratique ?

Tout cela, nous avons pu le constater lorsque AMD nous a fait pénétrer dans une pièce arborant différents « ateliers ». Certains présentaient des prototypes (voire même de simples cartes mères nues, arborant un APU Ryzen doublé d'un système de dissipation minimaliste), d'autres des technologies graphiques signées AMD. Ce qui a surtout retenu notre attention était deux laptops en versions finales, disponibles à la prise en main : l'ultraportable Lenovo Yoga Slim7 (13 pouces), que nous évoquions plus haut ; et un certain ASUS ROG Zephyrus G14, un laptop gaming de 14 pouces en partie dévoilé sur le CES... et qui a pour particularité d'adopter le design « HS ».

Le premier était équipé d'un Ryzen 7 4800U et de 16 Go de RAM. Il propulsait Borderlands 3 en 1080p, niveau de détails « low ». Le second était cette fois pourvu d'un Ryzen 9 4900HS, de 16 Go de RAM et d'une RTX 2060 MaxQ, Far Cry 5 y était jouable en 1080p, niveau de détails « ultra ». Nous avons pu, brièvement, essayer les deux appareils.

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à gauche, le Lenovo Yoga Slim7, à droite le Zephyrus G14 © AMD

Commençons par le Yoga Slim7, qui nous a permis d'avoir une bonne idée de ce que l'iGPU Radeon Vega (dépoussiéré) d'un Ryzen 7 4800U est capable de faire en jeu. Ici Borderlands 3 était animé entre 25 et 30 FPS et se montrait tout à fait jouable, sans chutes notables de framerate. Si ce premier constat mérite d'être confirmé lors d'un test approfondi, avec d'autres jeux et en variant les niveaux de réglages (ce que nous n'avons pas pu faire lors de notre brève prise en main), cette mise en bouche nous a convaincus, d'autant que la température du Slim7 (au toucher) restait tout à air acceptable.

Avec son Ryzen 7 4800U, AMD semble tout à fait en mesure de faire ombrage au Core i7-1065G7 (« Sky Lake U ») sur le plan graphique, tout en profitant de performances CPU proches de celles d'un Core i7 « Comet Lake ». AMD expliquait d'ailleurs vouloir proposer une offre unifiée sur laptop, sans forcer l'utilisateur à choisir entre d'excellentes performances CPU ou un volet GPU plus musclé ; contrairement à Intel, qui divise sa gamme en deux : Ice Lake « pour l'entertainment », comme se plaît à le dire AMD, et Comet Lake pour les performances CPU sans compromis. Affaire à suivre de ce côté, mais les rouges semblent effectivement en bonne voie.

Outre les performances aguicheuses de son processeur, le Yoga Slim7 nous a séduits par sa légèreté, sa compacité (malgré une épaisseur un chouilla plus importante que sur d'autres produits 13 pouces). Il pourrait en l'état s'agir d'un nouvel appareil à surveiller de près sur le marché de l'ultraportable. Nous avons hâte de le recevoir en prêt !

Comme évoqué un peu plus haut, nous avons également été en mesure de tester le ROG Zephyrus G14 d'ASUS. Comme son nom le sous-entend, il s'agit d'un laptop gaming de 14 pouces. Son format est donc extrêmement compact, avec un gabarit à peine plus important qu'un MacBook 13 d'Apple. Inutile de dire que les machines gaming proposant des performances de haute volée sur ce type de format ne courent pas les rues... ce qui fait tout l'intérêt de ce nouveau produit. S'il nous faut encore une fois tester l'appareil de manière plus poussée pour donner un avis définitif, nous avons été impressionnés par les performances du Ryzen 9 4900HS qui le propulsait.

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Ici la technologie Radeon Boost, qui avait pour effet d'améliorer la netteté de l'image à partir d'une source 720p... tout en améliorant le framerate © AMD

Épaulé de 16 Go de mémoire vive (DDR4) et d'une RTX 2060 MaxQ 6 Go, le nouveau processeur d'AMD parvenait à propulser Far Cry 5 dans des conditions optimales, en Full HD et avec tous les détails poussés à fond. Nous héritions en effet de 70 à 80 FPS en moyenne, sans jamais passer en dessous des 60 FPS. Une fluidité au poil pour ce type de jeux.

Reste l'épineuse (et légitime) question de la chaleur dégagée en jeu. Le ROG Zephyrus G14 que nous avons essayé était en activité depuis plusieurs heures lorsque nous l'avons pris en main. Si l'appareil chauffait et que son système de dissipation était fortement sollicité (et donc assez bruyant, ce qui n'étonnera personne), la température au toucher ne semblait pas excessive, d'autant plus en prenant en compte son gabarit (très) compact pour une machine dévolue au jeu. Le Ryzen 9 4900HS, lui, nous a semblé à l'usage plus efficace qu'un Core i7-9750H. Il nous faudra par contre pousser les investigations plus loin pour savoir s'il rivalise factuellement avec un Core i9-9880H en jeu.

Avec ses processeurs « H », AMD offre sans badiner une alternative affriolante aux joueurs et aux créatifs sur laptop, en proposant des performances égales, voire supérieures, à ce qu'Intel est actuellement capable de faire. Si des tests plus avancés sont nécessaires pour nous conforter dans cet apriori positif, la firme de Lisa Su risque de bousculer dans les prochains mois un marché statique depuis des années, servile des seuls progrès d'Intel en matière de microprocesseurs.

La phrase est volontairement pompeuse, mais AMD nous paraît sur le point d'entrer dans une nouvelle ère sur le secteur du laptop gaming... et clairement personne ne s'en plaindra. Sauf Intel peut-être, mais qui pourrait s'en trouver d'autant plus aiguillonné. Attention toutefois à la dixième génération de processeurs Intel (Comet Lake), dont les puces pour les gamers et créatifs pourraient permettre aux bleus de conserver leur avance dès le printemps, au moins en partie.
Modifié le 17/03/2020 à 10h51
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