Huawei brouille les pistes sur sa potentielle réutilisation des services Google

Pierre Crochart
Spécialiste smartphone & gaming
31 janvier 2020 à 10h50
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Huawei
© Veja via Shutterstock.com

Les déclarations se suivent... et ne se ressemblent pas. Ces derniers jours, plusieurs huiles du géant Huawei ont pris la parole pour tenter de clarifier leur position par rapport à Google et aux sanctions américaines. De vaines tentatives, qui n'ont fait qu'embrouiller l'assistance.

En cas de levée des sanctions américaines, Huawei réutilisera-t-elle les applications et services Google ? C'est l'épineuse question à laquelle les cadres de l'entreprise ont bien du mal à répondre clairement. S'il est certain que la situation actuelle a mis à mal le développement de Huawei en Occident, la firme ne s'est jamais mieux portée au niveau global. Et d'après plusieurs sources, Huawei en profiterait justement pour faire son bonhomme de chemin seule, loin de l'influence américaine.

Fuis-moi je te suis

Lors d'une conférence de presse qui s'est tenue hier à Vienne, Wang Fei, responsable du Consumer Business Group de Huawei en Autriche, ne laissait pas place au doute. Selon ses dires, l'entreprise ne prévoit absolument pas de réutiliser les services et applications Google, même en cas de levée des sanctions américaines.

L'embargo américain aurait finalement servi de levier à l'entreprise, qui met les bouchées doubles pour développer ses propres technologies et se détacher progressivement de sa dépendance aux États-Unis. À ce titre, Huawei a récemment publié une nouvelle version de ses Huawei Mobile Services, destinés à remplacer complètement leurs homologues signés Google. Reste à l'entreprise de parvenir à séduire les développeurs qui, sur la version européenne de son magasin d'applications, sont en sous-nombre.


Seulement voilà : ce n'est pas si simple. Si l'assistance a compris dans les déclarations de Huawei que la volonté d'indépendance de l'entreprise était sans équivoque, un porte-parole a ensuite précisé sa position par emails interposés avec des journalistes. « Notre premier choix est l'écosystème Android ouvert, notamment les GMS (Google Mobile Services) », confesse-t-il à The Verge. « C'est ce qui nous a aidés à devenir numéro dans le monde en termes d'expéditions de smartphones ».

Une position inconfortable

À lire les deux déclarations à la suite, on comprend finalement que Huawei ne sait pas bien sur quel pied danser dans cette étrange valse politico-économique. D'un côté, l'embargo permet à l'entreprise de se départir de l'emprise américaine et donc de mobiliser ses ressources au développement d'une alternative audacieuse à Google — qui est de toute façon absent de Chine — , de l'autre l'indisponibilité des GMS sur ses appareils handicape profondément sa viabilité sur le marché occidental. Le récent Mate 30 Pro en est la meilleure illustration.

Dans son échange avec The Verge, le porte-parole ajoute : « Je pense que Google et Huawei espèrent que la licence sera accordée, mais vous allez devoir confirmer cela avec Google. Conséquemment aux sanctions, nous développons désormais HMS (Huawei Mobile Services) — et invitons les développeurs à se joindre à nous. Cette offre de services a suscité beaucoup de réactions positives en Europe. Il faut également rappeler que nous étions l'un des plus grands contributeurs à Android open source au cours des cinq dernières années ».

Mise à jour du 31/01/2020 à 16h58 :
Nous avons été contacté par Huawei suite à la publication de cette actualité, et le groupe a souhaité précisé sa position : « Une version libre de droit du système d'exploitation et de l'écosystème Android reste notre préférence, cependant si nous ne pouvions pas continuer de l'utiliser, nous avons la capacité à développer nos propres système d'exploitation et écosystème. »


Huawei qui, rappelons-le, n'est certainement pas attaquée sur l'unique front des smartphones. Également constructeur d'infrastructures réseau, le géant chinois est en première ligne sur le développement de la 5G. Du moins, dans son propre pays. Car aux États-Unis où il est non grata, et en Europe où son implication est encore sujette à débat, il est de plus en plus incertain que l'entreprise ait finalement un rôle à jouer.

Via : The Verge , GSM Arena
Modifié le 31/01/2020 à 17h00
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