Le robot, un impératif pour rester compétitif

24 mai 2016 à 08h58
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Les robots creusent-ils le chômage ou sont-ils au contraire des moyens de créer des nouveaux emplois ? Pendant un mois, la rédaction de Clubic enquête sur ce mouvement de fond, et vous livre chaque semaine une partie de la réponse.

Pris dans une compétition désormais mondiale, les entreprises et les industriels ne peuvent faire l'impasse sur la robotisation. Pas d'emplois sans entreprises compétitives, pas d'entreprises compétitives sans robots est le leitmotiv des industriels et bientôt des entreprises du tertiaire.


Lorsqu'on se tourne du côté des industriels français, pour eux, le danger le plus immédiat, c'est la perte de compétitivité de leur outil de production face à la Chine sur les productions en grande série, mais aussi face à des pays où les coûts de main d'œuvre sont très proches des nôtres, l'Allemagne et l'Italie notamment. Serge Nadreau, président du groupe robotique au Symop et directeur d'activité robotique d'ABB France souligne : « La France a une base installée robotique moitié moindre que celle de l'Italie et 5 à 6 fois moindre que l'Allemagne. Si on parle du volume de nouveaux robots installés chaque année, la proportion reste la même avec ces deux pays, voire un peu supérieure, ce qui signifie que le fossé continue de se creuser encore ».

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Les robots collaboratifs de nouvelle génération tels que le YuMi d'ABB, le Baxter de Rethink Robotics et le UR5 d'Universal Robots, moins couteux à mettre en œuvre, vont permettre à de nombreuses PME de s'équiper et de réaliser des gains de productivité


L'industrie automobile, traditionnellement grande consommatrice de robots en France, a réduit ses projets sur le territoire français et fait assembler ses véhicules en Afrique du Nord et en Europe Centrale. Le relais est aujourd'hui pris par l'industrie générale qui se met enfin à acheter des robots sans toutefois parvenir à rejoindre leurs rivales asiatiques ou allemandes. Les vendeurs de robots industriels s'attendent à une croissance de l'ordre de 20% sur 2015, après une forte croissance en 2014.

Une nouvelle génération de robots arrive en entreprise

Un nouveau facteur devrait accélérer la robotisation dans les entreprises de tous les pays, c'est l'arrivée des robots collaboratifs. Cette nouvelle génération de robots, capable de travailler parmi les humains va apporter des solutions nouvelles d'automatisation aux entreprises. « La robotique collaborative va permettre de robotiser des processus à moindre coût » considère Serge Nadreau dont l'entreprise commercialise le robot collaboratif YuMi.

« La robotique collaborative supprime le besoin d'installer une cellule robot avec des protections, des grillages, et dans sa fonction même, la robotique collaborative permet une interaction avec l'opérateur et partager le travail entre le robot et le collaborateur. Cela permet de soulager ce dernier de tâches pénibles, sources de TMS (troubles musculosquelettiques) », précise-t-il.

Autre innovation apportée par cette nouvelle génération de robots, ceux-ci peuvent être utilisés sans qu'un roboticien ne doive programmer l'ensemble de leurs mouvements. L'opérateur montre le geste à réaliser au robot collaboratif simplement en le prenant « par la main ».

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Le robot collaboratif YuMi


Il enregistre avec une tablette chaque étape du mouvement à effectuer et le robot pourra ensuite rejouer le mouvement sans une ligne de code. C'est une approche intéressante notamment pour une PME qui n'a pas les moyens de créer un poste de roboticien. C'est un plus pour les ouvriers qui voient leur travail revalorisé et peuvent se décharger des tâches les plus pénibles en les reportant sur leur compagnon de travail robotique.

La génération suivante de robots

Serge Nadreau souligne toutefois les limites de cette approche : « C'est quelque chose qui fonctionne bien aujourd'hui mais qui reste limité par la précision de l'opérateur quand il positionne le robot. Notre robot YuMi a une précision de répétabilité de 3 centièmes de millimètres, une précision que l'on peut obtenir par programmation mais qui est bien supérieure à celle de l'opérateur quand il va montrer le geste ».

L'approche a ses limites, mais les robots collaboratifs sont de plus en plus présents dans les ateliers, depuis les usines de montage de moteurs de Volkswagen, d'Airbus jusqu'aux ateliers de produits de luxe Vuitton, preuve de la souplesse de ces robots de nouvelle génération.

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La génération suivante de robots se profile déjà dans les laboratoires de recherche. Les robots du futur seront couplés à une intelligence artificielle qui leur permettra d'apprendre par eux-mêmes les gestes à accomplir pour mener à bien leur tâche, le rôle de l'humain se limitera alors à superviser une armée de robots, mais, de l'aveu de Serge Nadreau on est encore loin d'un tel scénario : « Un robot permet de trouver la bonne pièce d'un moteur sur une table grâce aux dispositifs de vision et de la positionner correctement sur le moteur en fonction de sa programmation. Nous sommes encore assez loin de ce qu'une intelligence artificielle apprenne d'elle-même à faire tout cela ».

Cette enquête soulève de nombreuses interrogations. Elle fait partie d'une série portant sur les relations entre la robotique et le marché de l'emploi.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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