Apprendre à parler en public : affronter ses peurs

04 octobre 2016 à 08h51
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Parler en public peut s'avérer problématique pour de nombreuses personnes. Face au trac ou à la peur de mal faire, des exercices existent. Ils permettront d'être à l'aise en de nombreuses situations.

« L'enfer, c'est les autres », la phrase de Jean-Paul Sartre parue dans la pièce de théâtre Huis clos résume à elle seule l'appréhension qui s'empare de certains lorsqu'ils doivent prendre la parole en public. Peur de décevoir, de paraître ridicule ou que son intervention soit jugée inintéressante voire inopportune... les raisons sont multiples pour expliquer cette crainte.


Ce qui, en règle générale, gêne le plus les personnes qui doivent prendre la parole en public, c'est le regard que portent sur eux les confrères, collègues ou clients. Le philosophe français Jean-Paul Sartre résumait fort à propos cette situation. « Les autres sont, au fond, ce qu'il y a de plus important en nous-mêmes, pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons des connaissances que les autres ont déjà sur nous, nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné, de nous juger. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu'ils dépendent trop du jugement d'autrui », expliquait Jean-Paul Sartre.

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Une fois ce constat établi, il existe des moyens simples de s'exprimer en public. Qu'il s'agisse d'une simple réunion entre collègues ou d'une prise de parole en public, sur un podium, devant plusieurs dizaines de personnes, les solutions sont identiques.

Maîtriser son trac

La première chose à appréhender lorsqu'il est question de prendre la parole en public est de connaître son ennemi. Dans la plupart des cas, le trac surviendra pour des raisons diverses. Impression de ne pas avoir suffisamment préparé son propos (ou trop), sentiment de ne pas avoir les idées claires ou de ne pas répondre aux attentes de l'auditoire.

A ce sujet, il est primordial de savoir qu'avoir une telle forme d'appréhension est tout à fait normal. Néanmoins, il est important de se rappeler que toutes les cartes sont dans vos mains et que vous détenez la pleine maîtrise de votre propos. Tâchez donc de faire simple, abandonnez toute tournure compliquée, ardue à l'oral ou pouvant prêter à confusion.

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« Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement - Et les mots pour le dire arrivent aisément », expliquait Nicolas Boileau dans l'Art poétique (1674). Cette maxime doit vous servir de fil conducteur. Si vous n'êtes pas en mesure d'expliquer votre propos en trois phrases, c'est que vous n'êtes pas suffisamment clair. Ces idées doivent s'enchaîner logiquement car elles constituent l'ossature du discours.

En scindant votre réflexion en 3 points, vos idées seront plus évidentes pour vous mais surtout pour vos interlocuteurs. Ces derniers auront facilement tendance à ne pas écouter la totalité de la réunion, ils pourront aisément reprendre le fil de la discussion s'ils savent que la réunion tient en 3 parties réellement distinctes.

Il n'est pas non plus nécessaire d'apprendre « par cœur » son texte. Même si certains préfèrent cette méthode, sachez qu'elle comporte de lourds inconvénients, en particulier si vous devez retenir un texte d'une longueur certaine ou que vous devez exposer plusieurs idées. Contentez-vous de maîtriser le propos en connaissant, certes, sur le bout des doigts vos arguments, mais en se remémorant simplement les grandes lignes directrices de votre présentation.

Une fois votre texte maîtrisé, s'il convient « d'incarner son propos », il n'est pas nécessaire d'en faire trop. Comme dans cet épisode de la série The Office (Le bureau) au cours duquel un employé s'emballe en prononçant son discours sans même savoir qu'il s'agit d'une reprise d'une allocution du leader fasciste Benito Mussolini.


Une fois votre texte « en bouche », les idées au clair, il ne reste plus qu'à se présenter devant l'auditoire. L'idéal est de prendre une position droite, de penser à sa respiration et de regarder le public. Si le contact visuel vous déstabilise, fixez un endroit proche du public, mais sur lequel vous ne risquerez pas de croiser un regard qui pourra vous déconcentrer.

Se faire confiance

C'est à vous que l'on a demandé de diriger cette réunion, de la conduire, de prendre la parole en public. Même si vous remplacez un collègue au pied levé, on vous juge capable de réussir cette tâche. Si votre manager vous avait jugé incompétent, il ne vous aurait pas choisi pour vous mettre en avant. Au pire d'assurer le service minimum.


Là encore, pour se rassurer, il peut être utile de se rappeler à soi-même le sens propre de la prise de parole. Quel est le but, l'objectif poursuivi ? Il est crucial de savoir répondre à cette simple question, sous peine de rater votre intervention. Certains attendront par exemple un bilan au lieu de recommandations, une note d'information et non pas une revue d'objectifs...

Une fois l'ensemble des clés en main, il ne reste plus qu'à prendre en compte son apparence. La confiance peut également se gagner lorsqu'une personne se sent bien dans ses habits, dans son « paraître ». L'idée est donc de faire simple et d'être agréable pour son public. Souriez, votre message ne fera pas tout à votre place. Tentez de paraître à l'aise, même si vous êtes terrifiés. Les retours seront parfois étonnants...

Prendre la parole en public

Le fait de parler seul face à plusieurs personnes n'est pas naturel. Une conversation se fait généralement entre (au moins) deux personnes qui se répondent. Lors d'une prise de parole en public, vous êtes seul(e). Personne ne viendra vous aider ou vous soutenir en cas de coup dur. Autant donc être préparé.

Pour cela, rien de mieux que l'exercice. Seul ou en groupe, l'échec peut être constructif lorsqu'il est réalisé dans un cadre défini, hors de toute présentation professionnelle ou d'événement attendu par un employeur. Il est donc recommandé de s'entraîner chez soi, seul ou devant ses proches, afin de recueillir les éventuels avis. Si ce mode peut constituer une première approche, d'autres peuvent être plus concluantes.

Certaines sociétés organisent des sortes de concours pendant lesquels chaque intervenant est amené à parler sur scène. Le but n'est pas, bien entendu, de rester sagement assis sur sa chaise, mais bel et bien de participer aux échanges, voire d'être au centre de l'attention. Chaque personne doit parler (ou même porter un toast) pendant plus d'une minute et intéresser son auditoire. Son propos ne doit pas excéder deux minutes. En échange, chacun reçoit un retour constructif censé le faire progresser dans sa prise de parole. Donnant-donnant.

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Malgré ces conseils, certains seront peut-être encore rétifs à prendre la parole. Pour ces derniers, rappelez-vous que les écueils que vous rencontrerez ne seront probablement pas relevés par l'audience. Certains psychologues ont souligné qu'en moyenne, un public ne retenait que 7% des mots qui étaient prononcés par un speaker. Toutefois, le public portera davantage son attention sur le rythme de la voix, le timbre, le regard, la posture.

Ces éléments compteront pour moitié dans le souvenir global qu'un interlocuteur laissera à son auditoire. Il est donc important de prendre attention à des choses qui peuvent paraître anodines.

5 conseils faciles à pratiquer n'importe quand

Au-delà des constats, des exercices simples existent. Ils peuvent être appliqués sans trop de difficultés par n'importe qui, sous réserve de s'entraîner un minimum. Pour parler sans accroc, il est donc nécessaire de :

  • Penser à sa respiration. Lorsque l'on parle, un orateur ne prêtera pas forcément d'attention à son débit ou à son rythme respiratoire. Résultat : une sensation d'essoufflement et de fatigue. Pour l'éviter, il est crucial de prendre le temps de présenter son propos, peut-être de manière plus lente. Vos interlocuteurs vous penseront plus à l'aise, et vous serez plus à même de tenir sur la longueur.

  • Bien articuler. Quelques exercices ont fait leur preuve. Le plus connu d'entre eux est de mettre un stylo en travers de votre bouche, tel un chien qui croquerait un os. Récitez l'alphabet de manière à ce que chaque lettre soit très nettement intelligible. N'hésitez pas à recommencer en cas de « chuintement ». Vous apprendrez à mieux disséquer chaque lettre, donc n'importe quel mot.

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  • Chauffer et préparer sa voix. Comme un ténor, entrez dans l'arène une fois seulement que vous êtes prêts. Cette préparation, qui ne peut durer que quelques secondes, est importante dans l'éventualité d'un passage sur scène. Pensez ainsi à ne pas crier dans votre micro, une personne chargée du son adaptera le volume en fonction de votre ton.

  • Faire des exercices faciaux. Là encore, tout est dans la préparation. Les muscles du visage ont tout aussi besoin d'exercice avant d'entrer dans une phase d'utilisation intensive. Il est donc bon de les échauffer, de les étirer en faisant comme si vous deviez vous déboucher les oreilles à cause de la pression d'un avion ou d'un tunnel à bord d'un train. Répétez deux à trois fois cet exercice pour mieux libérer vos muscles.

  • Sourire. Vous ne vous en rendrez pas forcément compte, mais le son d'une voix paraît différent lorsque des mots sont prononcés avec le sourire. De leur côté, vos interlocuteurs noteront un entrain et un enthousiasme grâce à votre voix. Vous devrez probablement vous forcer mais le résultat s'entendra à coup sûr.

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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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