Pourquoi certains PDG renoncent à leur salaire

Thomas Pontiroli
12 mai 2016 à 15h24
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Certains grands patrons renoncent à leur salaire. Leur point commun est souvent d'être fondateur de leur société, en être un important actionnaire, et accessoirement être milliardaire.

Un grand patron qui renonce à son salaire, cela provoque toujours un certain émoi. Du point de vue d'un salarié, dont la totalité de la rémunération provient du salaire, le réflexe est naturel. De celui du dirigeant, qui peut bénéficier d'autres sources de revenu, le salaire peut devenir parfois anecdotique. Ne voyez donc pas trop précipitamment une action altruiste dans ces annonces. Souvent, il s'agit de communication... et de fiscalité.

La pratique, très américaine, du « 1$ salary » remonte aux deux guerres mondiales. Le but des patrons, à cette époque, était de manifester leur effort de guerre en renonçant à leur salaire. La loi interdisant le travail gratuit, la fiche de paie ne pouvait donc pas être ramenée à zéro dollar. C'est ainsi qu'est né le fameux salaire à 1 dollar.

Faire corps avec sa société

Mais en temps de paix, à quoi sert-il ? En théorie, c'est comme une déclaration de la part du PDG au conseil d'administration et aux actionnaires. En tournant le dos à son « fixe » (qui ne varie pas, lui, selon les résultats de la société), le dirigeant leur dit, grosso modo : « Désormais, je suis intimement lié à la santé de l'entreprise, donc si elle perd de l'argent, je ne touche pas de rémunération. » Ce serait en somme une preuve de dévotion.


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Grâce à ses actions Tesla, Elon Musk est à la tête d'une fortune virtuelle de 12 milliards de dollars selon Forbes.


Dans certains cas de figure, comme chez Tesla, il s'agit d'un effort de guerre personnel. En grand besoin de cash pour financer ses ambitions démesurées, Elon Musk a renoncé à son salaire pour augmenter le plus possible le « cash-flow » disponible, soit sa capacité de financement. À ce stade, l'entreprise doit à tout prix prouver qu'elle peut relever le défi qu'elle s'est fixée (500 000 voitures par an en 2020), et donc soigner cet « indicateur clé ».


Malheureusement, il peut aussi arriver que ce « 1$ salary » ne soit que du marketing, un message au grand public affirmant que le PDG « est l'un d'eux ». Ces déclarations sont souvent largement reprises dans la presse et suscitent une réaction-réflexe quasi-bienveillante. Et pour une raison : la majorité des gens n'ont pas d'idée de comment un haut dirigeant comme Mark Zuckerberg, Eric Schmidt ou Larry Ellison gagne de l'argent.

Oubliez donc le salaire !

Prenons le salaire de Satya Nadella, l'homme qui est en train de remettre Microsoft à flot - et qui a, par le passé, invité les femmes à « ne pas demander d'augmentation, car c'est bon pour le karma ». En 2014, ses revenus ont été estimés à 84,3 millions de dollars (le 5e plus gros revenu au monde cette année-là). Sur cette somme folle, on compte 79,8 millions de dollars d'actions Microsoft, 3,6 millions de bonus, et 919 000 dollars de salaire fixe.

Autrement dit, le salaire tel qu'on le connaît ne pèse que 1 % environ de ces revenus globaux. Satya Nadella renoncerait intégralement à son salaire qu'il ne verrait presque pas la différence. Vraiment ? En réalité, le PDG ne verra pas la couleur des actions tant qu'il ne les aura pas vendues - et si le PDG lui-même s'en sépare dans de telles proportions, autant dire qu'il indique au marché que la société part à vau-l'eau... Improbable.

Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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