Test Hypure One : des écouteurs true wireless abordables, assez pour faire oublier leurs défauts ?

Guillaume Fourcadier
Spécialiste Audio
17 décembre 2021 à 18h00
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Hypure one
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

Sans être encore vraiment connue, Hypure s'est fait une petite place chez les Youtubeurs et autres influenceurs Instagram avec son modèle One. Ces écouteurs true wireless se veulent assez simples, mais surtout abordables (60 euros officiellement, un prix qui passe régulièrement à 50 voire 40 euros) et bien travaillés sur la partie sonore.

Mais se lancer dans ce secteur n'a rien d'une sinécure et les errances que l'on pardonnait il y a quelques années ne sont plus permises, même dans cette gamme de prix où le marché est mature.

Hypure One
  • Assez confortables
  • Surface accrocheuse des écouteurs
  • Microphones déjà utilisables
  • Aucune commande intégrée
  • Autonomie faible en simple charge
  • Pas de certification IP
  • Aigus agressifs
  • Transducteurs pas très techniques
  • Quelques instabilités de connexion
  • Placement difficile pour les larges conduits auditifs

Format classique, travaillé et confortable… mais pas pour tout le monde

Sur la forme les Hypure One ne surprennent pas. Les écouteurs ne révolutionnent pas le genre et reprennent la forme à tige classique, avec un port de type semi-intra (canule très courte).

On remarque rapidement que la chambre acoustique (l'emplacement des transducteurs) est petite, moins volumineuse que la moyenne des autres produits du genre. Les écouteurs sont compacts, ce qui est plutôt une bonne chose, mais qui risque de peser sur l'autonomie (difficile en effet d'y loger une batterie conséquente).

Hypure one
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

La fabrication des One n'a rien d'exceptionnel, mais Hypure a eu le bon goût de recouvrir intégralement ses écouteurs d'une couche matte et légèrement accrocheuse. Cela permet une meilleure préhension des écouteurs, qui sont aussi plus agréables au toucher. Mieux encore, cette surcouche est également présente sur la boite de recharge.

Cette dernière jouit elle aussi d'une bonne compacité, permettant de la placer dans toutes les poches ou presque. Sa fabrication conserve quelques défauts, parmi lesquels un capot trop léger, mais montre aussi des qualités, comme la charnière qui nous a paru assez robustes à l'usage. Dommage de ne pas avoir intégré de charge par induction !

Ces écouteurs ont un autre défaut : l'absence de certification IP. Si ce n'est pas une règle universelle, la certification IPX4 est présente sur tous les produits modernes ou presque, autorisant quelques projections d'eau et une utilisation sous la pluie… Rien de tel ici.

Hypure one
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

Très peu intrusives, les canules permettent aux écouteurs d'être assez confortables. Trois paires d'embouts en silicones sont livrés avec le produit, ce qui couvre en théorie la plupart des morphologies ; seulement en théorie toutefois, l'équilibrage (ou simplement la disposition canule/embout) n'aidant pas à trouver la bonne position pour caler les écouteurs dans les conduits auditifs larges. Nous avons par exemple eu assez de mal à bien positionner l'écouteur pour l'oreille gauche, et à obtenir une isolation satisfaisante, même avec les embouts les plus larges. Clairement, le produit est plus adapté aux petites oreilles, et l'isolation n'est de toute manière pas extrêmement aboutie.

Ergonomie : le grand néant

C'est une première pour nous : nous n'avons absolument rien à dire sur l'ergonomie, si ce n'est qu'il n'y a pas d'application dédiée, ce qui n'est pas un gros reproche (en tous cas parfaitement excusable) dans cette gamme de prix.

Surtout les Hypure One sont sans doute les premiers écouteurs sans-fil, un tant soit peu connus, qui n'ont tout simplement aucun contrôle intégré. Ni bouton, ni zone tactile, ni capteur optique. Impossible donc de naviguer dans les pistes, de régler le volume, d'activer la lecture ou la pause. Plus
embêtant encore, on ne peut pas décrocher et raccrocher un appel. Tout doit passer par les commandes du téléphone.

Hypure one
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

Une étrangeté qui nous ramène à l'âge auroral des true wireless, où l'absence de commandes pouvait encore être pardonnée. Inutile d'invoquer ici l'argument du « cela évite un déclenchement accidentel en frôlant les écouteurs », n'importe quel modèle fonctionnant par tapotement n'ayant pas ce type de problèmes. Tout simplement incompréhensible.

Connectivité presque minimum, sans AAC

Les One ne sont pas mieux lotis en termes de connectivité qu'en termes d'ergonomie. Forcément, à ce prix, adieu le multipoint ou l'adoption de l'appairage rapide Google Fast Pair (encore que certains modèle abordables peuvent l'intégrer).

La connexion semble fonctionner sur le principe un peu vieillissant d'écouteur maître/écouteur asservi, et l'un des embouts (le maître) lâche toujours quelques dizaines de minutes avant l'autre. Néanmoins, les deux écouteurs peuvent être utilisés en mode mono, ce qui est déjà bien.

Hypure one
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

L'appairage passe par un petit bouton présent sur la boite. Pas grand-chose à signaler, nous n'avons pas eu de grandes difficultés pour lier les écouteurs à notre smartphone et la connexion se fait bien à chaque sortie des écouteurs de leur boite. La stabilité de connexion est assez moyenne, les petits décrochages de son sont assez fréquents, et les petites désynchronisations droite-gauche loin d'être rares.

Enfin, les Hypure One, malgré ce qui est indiqué sur le site de la marque (SBC/AAC), prennent seulement en compte le codec SBC , à bitrate assez bas (voir le chapitre sur la qualité sonore).

Microphones corrects

Pas d'isolation active ou de retour sonore sur les Hypure One, les écouteurs utilisent les microphones uniquement pour le kit
main-libre. Sur ce point, alors que bien peu de marques livrent un très bon résultat, les Hypure se montrent assez corrects. 

Hypure one
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

La captation, en milieu calme, n'est pas extrêmement naturelle, mais déjà intelligible. En milieu bruyant, les limites sont vite atteintes, mais le résultat reste correct dans la plupart des situations. Pas de vrais reproches donc.

Autonomie à l'ancienne

La compacité des écouteurs a sans doute un prix, en l'occurrence l'endurance du modèle. La marque indique que l'autonomie peut varier entre 4 heures 30 (son à 50 %) et 3 heures (son à 100 %). Nous nous sommes tout simplement réglés sur le même volume sonore (et non sur le cran du téléphone) qu'habituellement, et non sur un cran.

Nous sommes arrivés à 3 heures pile avant que le premier écouteur ne lâche, et ce, à plusieurs reprises. Il est possible, à bas volume (en milieu calme), d'atteindre les 3 heures 20 voire 3 heures 30 (avec parcimonie sonore), mais pas vraiment plus dans notre cas. Autre petite contrariété, l'indication (sonore) de faible niveau de batterie se fait entendre seulement une ou deux minutes avant que les écouteurs ne se coupent.

La recharge est heureusement assez rapide, puisque moins de 30 minutes suffisent pour atteindre les 100 %.

La technique et les aigus

Hypure n'est pas timide sur ses prétentions sonores et la marque promet, sur son site, un « son haute-fidélité », le tout propulsé par un transducteur dynamique de 12,4 mm, lequel occupe presque toute la largeur de la chambre, épaulé par un évent à l'arrière de l'écouteur. Nous l'avons
déjà dit, la taille d'un transducteur ne fait pas tout, d'autant plus que les
meilleurs élèves, type Sony ou Sennheiser, restent plutôt sur du 6 mm.

Hypure one
© Hypure

On peut reconnaitre aux écouteurs une certaine mesure dans les basses, ce qui leur permet de ne pas paraitre mous et de ne pas déborder sur les voix, de conserver un minimum d'ouverture. À l'inverse, l'ensemble manque tout de même un peu de patate, d'assise. L'extension est bien là, assez dépendante du placement dans les oreilles, mais Hypure n'exploite pas suffisamment la taille du transducteur. Reste que cet équilibre est agréable, et change de bien des propositions trop « basseuses » et voilées que l'on peut retrouver dans cette gamme de prix.

Pas grand à dire sur les médiums. Rien de brillant ou de mauvais, la reproduction des voix est correcte, mais se heurte pourtant au défaut principal des écouteurs, les aigus.

Hypure one

Ici, Hypure a choisi de placer une accentuation particulièrement marquée, et très typique des 5 – 6 kHz. Il est assez rare qu'une marque opte pour une accentuation dans cette zone des aigus, puisque cela exacerbe certains sons typiques, comme les guitares électriques, ainsi qu'une multitude d'autres sons très clairs. Cette accentuation déborde même sur les dernières harmoniques de la voix, qui peuvent alors rapidement paraitre « grainées », légèrement saturées. 

Jusqu'ici, il y avait une certaine unité, unité qui se fait globalement happer par cette impression d'agressivité, de brillance excessive. La sonorité peut largement passer sur des styles calmes, ou même sur des genres type rap. Mais utilisez les Hypure One sur de l'électro, du rock ou du metal, et ils atteignent leurs limites, à moins d'écouter à bas volume.

Hypure one
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

Le niveau de détails est juste moyen, mais l'ouverture sonore est plutôt bonne. La scène est ainsi assez large, à défaut d'être profonde. Pour le coup, il y a une certaine cohérence. On sent bien que le transducteur n'est pas vraiment technique : son défaut principal reste le réglage et probablement aussi le débit du codec SBC utilisé, qui met en avant des artefacts qu'on ne retrouve habituellement pas sur du SBC à plus haut débit.

Hypure one
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

Inutile de se le cacher, même à 40 ou 50 euros, la sonorité n'a rien d'exceptionnel. Les constructeurs historiques, type JVC ou JBL, proposent déjà des écouteurs dans ces tarifs, pas plus techniques mais faisant montre d'une plus grande qualité musicale. D'autres acteurs, comme Aukey ou Soundcore, proposent eux-aussi des écouteurs plus intéressants d'un point de vue sonore. Les KZ Z1, bien que très peu travaillés ergonomiquement, sont définitivement plus techniques et maîtrisés (et moins chers). En bref, tout en étant… honnêtes, les Hypure One ont beaucoup trop de concurrents pour se différencier sur la partie sonore, à moins de vraiment aimer cette signature très atypique.

L'avis de Clubic

Le pari était beau, la réalité est beaucoup plus cruelle. Ecouteurs certes assez abordables, les Hypure One tentent de se faire une place dans une gamme de prix déjà mature, sans pouvoir y apporter quoi que ce soit de nouveau.

L'absence de commandes ou de certification IP, l'autonomie très faible, la sonorité moyenne, l'absence de fonction qui leur permettrait de se différencier, tout cela ne joue pas en leur faveur. Des concurrents qui font tout, en mieux, et en moins chers, existent déjà. Dès lors, difficile d'être emballés par ces écouteurs.

4

Assez abordables, les Hypure One n'ont pourtant que peu d'arguments à faire valoir. Ergonomie, autonomie, qualité sonore… la plupart des points se retrouvent déjà plus maitrisés sur d'autres références du marché.

Les plus

  • Assez confortables
  • Surface accrocheuse des écouteurs
  • Microphones déjà utilisables

Les moins

  • Aucune commande intégrée
  • Autonomie faible en simple charge
  • Pas de certification IP
  • Aigus agressifs
  • Transducteurs pas très techniques
  • Quelques instabilités de connexion
  • Placement difficile pour les larges conduits auditifs

Fabrication 6

Confort 7

Ergonomie 1

Autonomie 4

Qualité sonore 4

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