LegalFlings : le consentement à une relation sexuelle garanti par la blockchain ?

le 11 janvier 2018 à 14h58
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Après l'ouragan #MeToo la question du consentement est sur toutes les lèvres. Le débat fait même rage quant à sa définition et son étendue, comme le montre entre autres la dernière tribune publiée dans Le Monde sur la « liberté d'importuner » et co-signée par une centaine de femmes dont Catherine Deneuve et qui a créé un mini-scandale. LegalFlings veut résoudre une partie du problème.

LegalFlings est une application en développement par la start-up néerlandaise LegalThings spécialisée dans les contrats dématérialisés. Mais déjà des critiques ont été soulevées.

LegalFlings : une appli pour dire « oui » à une relation sexuelle



En soi l'idée n'est pas mauvaise : avec l'application, il est possible de dire que l'on consent à une relation sexuelle avec une personne (et même plusieurs puisque l'option existe). Quelques détails dans le contrat permettent en outre de définir des limites comme des pratiques BDSM ou l'utilisation ou non d'un préservatif. Et le fait de passer par une application permet, selon LegalFlings, d'éviter de demander de signer un contrat en bonne et due forme avant de passer à l'acte, ce qui serait un tue-l'amour.

Une fois que les deux personnes ont validé l'accord, Legalflings émet un contrat qui est sécurisé par la blockchain et pourrait être utilisé en cas de plainte de l'une ou l'autre partie. De quoi rassurer certaines personnes qui craignent de voir leur consentement ne pas être respecté. Mais il y a de nombreux problèmes qui ont déjà été soulevés un peu partout sur Internet.

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Le consentement vu comme un fait ponctuel



Comme le signale la journaliste Melanie Ehrenkranz de Gizmodo, LegalFlings se base sur une vision complètement faussée du consentement : celle de le considérer comme fixé à un moment donné. Si dans sa FAQ LegalFlings dit bien qu'il est possible de changer d'avis sur la relation sexuelle ou sur une pratique donnée, l'utilisation de l'application devient problématique : si on a dit « oui » à une pratique BDSM et qu'au final, sur le moment, on n'en a pas envie, ce qui est le droit de tout le monde, il faut alors aller sur l'appli et changer les paramètres pour modifier le contrat et ce, bien évidemment, avant que la pratique ne commence.

D'une manière générale, la critique qui est faite à LegalFlings est qu'il s'agit d'une application permettant aux hommes de se protéger contre les plaintes pour viol mais qu'elle ne prend pas en compte la dimension continue du consentement. Le site Complex rappelle les propos que l'autrice féministe Jaclyn Friedman a tenus au sujet des applications de consentement dans les colonnes de Lifehacker : « ces applications renforcent l'idée que le consentement est irrévocable une fois donné ». Elle estime en outre que consentir au sexe en tant que concept implique l'idée de consentir à tout acte sexuel quel qu'il soit.

En somme : les applications de ce type, car LegalFlings n'est pas la première, ne risquent pas de résoudre le problème du consentement. Dans le pire des cas elles pourraient même devenir un nouveau problème, alors que la meilleure des solutions reste la discussion entre les participants et, bien évidemment, un changement de mentalité généralisé.

Modifié le 01/06/2018 à 15h36
Mots-clés :
Applications mobiles
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