Strike Back : un plaisir coupable aussi explosif qu'ambitieux

19 septembre 2020 à 15h15
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ATTENTION : ZONE DANGEREUSE. FORTS RISQUES D'EXPLOSIONS, DE TIRS D'ARMES À FEU ET DE RÉPLIQUES DE PERSONNAGES BADASS.

Le veilleur d'écran[s] S04E03 📺 : Strike Back

Dans un contexte où l'offre en matière de séries n'a jamais été aussi pléthorique, le Veilleur d'écran[s] se propose d'être votre guide à travers les saisons. Qu'il s'agisse d'une ancienne série aujourd'hui culte, d'un carton récent ou d'un show plus anonyme, cette chronique vous aidera à ne perdre votre temps qu'en bonne compagnie.

Accompagnez la lecture de cet article avec la musique de la série (ou en tout cas son formidable générique d'ouverture assuré par The Heavy) :

Strike Back : Short Change Heroes

Tout le monde a ses séries « plaisir coupable », des shows que la majorité des autres spectateurs jugent généralement d'un œil moqueur (parfois sans l'avoir vraiment vue, d'ailleurs). Pourtant, vous les appréciez tout particulièrement et, même si vous avez bien conscience qu'elles ne font pas partie des œuvres les plus subtiles, vous les regardez avec réel plaisir.

Dans mon cas, au moins deux shows correspondent à cette définition : Spartacus - dont il sera question un jour peut-être dans ces colonnes - et Strike Back. Aujourd'hui, laissez moi vous expliquer pourquoi, avec son apparence première de série militaro-débile (ce qu'elle est partiellement, certes), cette dernière vaut plus qu'un détour.

Les personnages de la première saison de Strike Back

Désormais terminée et forte de huit saisons, Strike Back a un parcours assez particulier que je me dois de vous raconter succinctement avant de rentrer dans le vif du sujet.

Strike Back a d'abord fait l'objet d'une première courte saison, diffusée par la chaîne anglaise Sky 1. Portée par l'acteur Richard Armitage, cette saison est un peu à part, et d'ailleurs à peine prise en compte dans la suite de la série (mais vaut tout de même le coup d’œil). En effet, les saisons suivantes ont été chapeautées par la chaîne américaine Cinemax (à qui l'on doit l'incroyable Banshee ou la plus récente Gangs of London, il n'y a pas de hasard…), qui avait alors décidé de muscler le jeu.

Point américain

La base littéraire du show, signée Chris Ryan, qui mêle espionnage et péripéties militaires, est toujours utilisée ; pourtant ces nouvelles saisons changent de héros, de rythme et de ton, pour adopter une couleur plus… américaine (j'entends par là quelque chose de plus cru, plus violent et avec des scènes de sexe servant plus d'alibi qu'autre chose). De fait, le budget « bagarre et explosion » grossit, et régulièrement l'action prend place à différents coins du globe pour assurer un dépaysement fort agréable.

Or, après quatre saisons portées par un nouveau duo de héros (les meilleures à mon sens), Strike Back est annulée par Cinemax. Le show reviendra tout de même pour trois nouvelles saisons, avec un nouveau groupe de protagonistes. Cette ultime flopée d'épisodes met alors un peu de temps à démarrer, bien qu'à terme, le plaisir reste presque le même, notamment grâce à des personnages qui gagnent en intérêt, une alchimie de groupe qui fonctionne, et des scènes d'action toujours plus épiques.

La dernière équipe de Strike Back

Voilà, vous en connaissez maitenant l'historique, mais finalement, Strike Back, c'est quoi exactement ?

Toujours centrée sur les membres de la Section 20, une branche des services secrets britanniques, la série suit ses personnages dans diverses affaires de complots, d'attentats et autres joyeusetés à déjouer, que l'on pourrait trouver dans des histoires que n'aurait certainement pas reniées Tom Clancy.

Sect(x)ion d'assaut

Au fil des saisons se succèdent ainsi moult retournements de situation, trahisons et autres surprises scénaristiques qui fonctionnent, ressorts d'ailleurs caractéristiques de ce genre. Mais ne nous mentons pas, le véritable point fort et l'élément central de Strike Back est ailleurs : l'action.

Le scénario souvent dramatique - et finalement assez secondaire - est donc surtout là pour justifier l'action, et non l'inverse.

C'est bien simple, le show propose les meilleurs gunfights que j'aie pu voir (pensez notamment à l'excellent film The Raid), tant en termes de réalisme (équipement et comportement des soldats, balistique…) que d'esthétique. Les explosions sont légions, les courses-poursuites sont percutantes, les morts se comptent par dizaines et chaque scène d'infiltration ou d'action me donne envie de relancer des jeux comme Ghost Recon : Wildlands.

Plus les saisons avancent et plus les équipes créatives tentent des choses impressionnantes. Cascades, réalisation et chorégraphie gagnent en ambition et en intensité (en témoigne par exemple ce plan séquence dans la saison 7, ci-dessous), et un véritable effort est également fait du côté des décors et des lieux utilisés. Ainsi Strike Back ne brille peut-être pas par sa finesse, mais égale voire dépasse de nombreux shows en termes de générosité et d'ardeur.

La série est également parvenue a varier suffisamment son propos et ses formes durant huit saisons pour que, chaque semaine, je lance un nouvel épisode avec un réel appétit, jamais rassasié.

Si vous aimez l'action et les séries qui ne se prennent pas trop au sérieux, vous trouverez très difficilement mieux que Strike Back.

Dans le même genre, là où la récente Jack Ryan est trop bavarde et se prend un peu trop au sérieux - pour son bien -, Strike Back parvient à installer de solides enjeux, sans jamais perdre de vue sa volonté première : divertir. En insérant intelligemment des éléments d'action percutant, des dialogues francs et quelques traits d'humour qui dopent le rythme, la série de Cinemax est bien plus plaisante à suivre que d'autres de ses consœurs et s'assume pourtant pleinement - quitte à en faire trop au passage.

Aussi, une bonne série sans bons personnages, ça n'existe pas. Inutile de tous les présenter, mais je vais tout de même m'attarder sur le duo dont je parlais précédemment : l'anglais Michael Stonebridge (Philip Winchester) et l'américain Damien Scott (Sullivan Stapleton). Les deux hommes sont au centre des saisons 2 à 5 et leur relation est formidable à suivre. Rivaux et taquins, ils multiplient les dialogues cinglants et moments badass comme seules quelques séries américaines savent le faire.

 « That's where you're wrong. I'm not British and he's certainly not intelligent. » - Sgt. Damien Scott

Suivre ces « sales gosses » (et leurs coéquipiers) dans leurs missions a été de mon point de vue un véritable plaisir. L'action est prenante et on en arrive à véritablement retenir sa respiration quand ils sont en danger. Quelques guests sont également de la partie sur certaines missions, mais je ne vous dirai bien évidemment pas qui.

Pour conclure, je prendrai exemple sur la série pour aller à l'essentiel : si vous aimez l'action et les séries qui ne se prennent pas trop au sérieux, vous trouverez très difficilement mieux que Strike Back.

Ah et par pitié, regardez la en VO ! La VF, comme souvent malheureusement, donne un air cheap catastrophique à l'ensemble…

Cette série est pour vous si :
- Vous voulez de l'action et des gunfights efficaces
- Vous aimez les personnages avec de l'alchimie et de la répartie
- Vous aimez voyager (au milieu des balles et des explosions, certes)
Cette série n'est pas pour vous si :
- Les séries d'action avec scénario militaire ce n'est pas votre came
- 8 saisons c'est un peu long, quand même
- Vous êtes sensible à la violence

Hormis la première saison qu'il faudra trouver ailleurs, Strike Back est disponible en France sur OCS et Canal+ au moment de la rédaction de ces lignes.

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