Depuis son annonce en novembre dernier, la Steam Machine a fait couler beaucoup d’encre. Sur le papier, la promesse est intéressante, mais la crise que traverse le monde informatique avec des prix délirants sur la DRAM et la NAND a compliqué la tâche de Valve… Jusqu’à rendre le concept de la Steam Machine d’ores et déjà caduc ?

- Mini-PC compact et cro-meugnon
- Association Steam/Steam Controller
- Performances honnêtes, en 2026
- Discréation remarquable
- Puck intégré à la machine
- Façade personnalisable
- Trop chère, forcément
- Techniquement trop en retrait
- Évolutivité très limitée
Un petit cube, un gros cube…
En novembre 2025, Valve fait sensation en annonçant trois nouveaux matériels pour compléter son offre, limitée jusque-là au seul Steam Deck. Le Steam Controller est un produit singulier qui se détache des manettes de jeu classiques. Le Steam Frame, nous n’avons pas encore eu l’occasion de lui faire approcher nos paupières… Peut-être bientôt. Reste donc la Steam Machine que nous avons eu un peu de mal à dégotter, mais qui passe maintenant sur le grill.
Notre Steam Machine était livrée avec un Steam Controller. © Nerces pour Clubic
Comme à son habitude, Valve assure un conditionnement et une expédition exemplaires de son produit. Attention, en France, il utilise exclusivement le transporteur GLS… Une information utile si vous savez que cette entreprise pose problème chez vous. Pour notre part, c’est toujours un acheminement parfait avec livraison à domicile sans mauvaise surprise ou en point relais. Le carton nous est donc parvenu sans encombre.
Valve utilise à nouveau un conditionnement « 100 % carton » avec une boîte relativement volumineuse pour rassembler le carton de la Steam Machine et, à côté, celui du Steam Controller que nous avions pris en plus. Le carton de la Steam Machine s’ouvre joliment, avec la partie supérieure qui bascule sur l’arrière pour révéler le mini-PC dans son sachet noir. Une fois l’ensemble des articles déballés, on se retrouve donc avec la Steam Machine et quelques accessoires.
En plus du mini-PC, on dispose donc de la manette Steam Controller puisque nous l’avions prise en plus, de son fameux puck de connexion, d’un câble USB, toujours pour la manette, et de deux autres câbles afin de relier la Steam Machine au secteur : un câble pour les prises européennes et un autre pour les anglaises. Valve ne livre pas de câble réseau. En revanche, première bonne surprise : pas de brique d’alimentation externe comme sur de nombreux mini-PC.
Le « cube » en lui-même est absolument adorable. D’abord, il l’est par sa taille : seulement 16,2 centimètres de profondeur pour 15,8 cm de large et 15,2 cm de haut. Un joli petit cube donc qui n’occupe même pas 3,9 litres de volume. Difficile de faire plus compact. Logiquement, le poids est du même acabit, on parle ici d’un peu plus de 2,5 kg pour une machine qui, nous l’avons dit, intègre son alimentation et se suffit donc à elle-même.
Son côté adorable, la Steam Machine le doit aussi à son élégance. Intégralement noire, la bête peut être livrée avec deux façades supplémentaires… Sur l’édition la plus onéreuse, pas la nôtre. En dehors de deux ports USB-A (10 Gbps), d’un lecteur microSD, d’une LED de contrôle, d’un bouton de mise sous tension et de la fameuse « barre LED », la façade est entièrement nue. L’idée est évidemment de pouvoir la glisser dans n’importe quel intérieur.
L’HDMI CEC est un atout, mais le port 1 GbE fait un peu tâche. © Nerces pour Clubic
Sur les côtés de la Steam Machine, rien à signaler, le reste de la connectique est sur l’arrière. Là, on trouve deux USB-A 2.0 (480 Mbps), un USB-C (10 Gbps), un RJ45 Ethernet 1 GbE, un port HDMI 2.0 (4K@120 Hz) compatible CEC et un DisplayPort 1.4 (4K@240 Hz) en plus de l’inévitable prise secteur. Un équipement qui n’est pas follement moderne, mais qui devrait suffire à la plupart des usagers.
De la personnalisation de la façade
Valve ne s’est pas autorisé beaucoup de fantaisie avec sa Steam Machine. Pour autant, la façade a été conçue de sorte qu’elle puisse être échangée pour des modèles plus originaux ou plus fonctionnels.
Les deux options de faceplate proposées par JSAUX. © JSAUX
Avec la version la plus onéreuse de la Steam Machine (1 359 euros), en plus d’un SSD de grande capacité (2 To), Valve livre deux « faceplates ». Une façade amovible « étoffe rouge » et une autre « noyer massif » et le modèle 3D pour concevoir ses propres solutions est livré.
Des accessoiristes se sont jetés sur l’occasion et la marque JSAUX distribue déjà deux façades amovibles : un modèle E-Ink et un autre, Pixel Matrix. Le but est ici d’afficher des informations utiles au quotidien (horloge, météo, chaleur des CPU/GPU) ou des images.
Nous avons testé la façade E-Ink et si le rendu est sympathique, l’installation simple, nous sommes un peu déçus des fonctions offertes. En effet, l’encre électronique ne permet pas un rafraîchissement fréquent de l’affichage et le côté surveillance CPU/GPU est trop en décalage. À voir sur le Pixel Matrix.
Dans les entrailles de la bête
Si vous avez suivi l’actualité de la Steam Machine, vous ne serez pas surpris par la configuration embarquée par Valve. Il nous faut cependant la décrire ici afin d’insister sur certains points. En premier lieu, la carte mère est un modèle propriétaire conçu en partenariat avec AMD. Un modèle qui n’est donc pas au format mini-ITX, mais mesure 100 x 72 mm. Plus important, cette carte mère intègre les puces essentielles : le CPU et le GPU.
Là, Valve a retenu un processeur 6 cœurs Zen 4 (12 threads) capable de grimper jusqu’à 4,8 GHz et donné pour un TDP de 30 W. On aurait pu le rapprocher d’un Ryzen 5 7500, mais il est tout à la fois plus rapide et doté d’un TDP inférieur. Bon point pour la Steam Machine. Même chose pour le GPU où Valve a pu compter sur un Navi 33 techniquement proche de celui de la Radeon 7600. Il dispose de 28 unités de calcul, peut atteindre 2,45 GHz et affiche un TDP de 110 W.
On arrive très rapidement à retirer le gros « bloc » principal et son impressionnant dissipateur thermique : le reste est plus compliqué. © Nerces pour Clubic
Toujours sur cette carte mère, mais de l’autre côté du PCB, on découvre les deux ports SO-DIMM pour la mémoire vive. Ils sont prévus pour de la DDR5 à 5600 MT/s afin de coller aux spécificités du CPU AMD. En revanche, Valve déçoit : afin de disposer de suffisamment de pièces, il aurait été contraint de se contenter d’une barrette de 16 Go plutôt que de deux barrettes de 8 Go. Au-delà de la quantité de RAM, c’est la disparition du double canal qui chagrine.
Notons au passage qu’il ne sera pas si simple de corriger le tir à ce niveau : les deux ports SO-DIMM sont accessibles, mais pour les atteindre, il faut tout de même démonter la Steam Machine dans les grandes largeurs. Heureusement, il en va autrement pour le SSD qui est très rapidement accessible. Tant mieux d’ailleurs car notre exemplaire n’est doté que de 512 Go (une version 2 To existe), un peu juste pour stocker un nombre confortable de jeux.
Précisons ici que le GPU dispose de sa propre mémoire vidéo. De fait, contrairement à de nombreux mini-PC, il ne sera pas question de puiser dans la RAM système. Les 8 Go de GDDR6 prévus pour le Navi 33 devraient être suffisants et ils rendent l’absence de double canal moins dramatique.
Terminons ce bref descriptif technique en évoquant l’aspect communication de la machine. Nous avons déjà évoqué la relative déception de n’avoir qu’un port RJ45 en 1 GbE, soulignons que le sans-fil n’est pas non plus très moderne : le Wi-Fi n’est qu’en 6E et le Bluetooth en 5.3. Remarquez, cela suffira pour la plupart des usages. Ce n’est un secret pour personne, la Steam Machine n’est pas à la pointe de la technologie. La question est de savoir si elle permet de jouer sereinement.
Toutes les informations techniques essentielles grâce à CPU-X sous SteamOS (en haut) et à CPU-Z sous Windows 11 (en bas). © Nerces pour Clubic
Ça tourne comment cette petite chose ?
Vous vous en doutez, allergique à Windows, Valve a préinstallé son SteamOS sur la Steam Machine. La procédure se termine dès le premier allumage du PC et c’est bien sûr un écran Steam qui nous accueille afin de renseigner les informations de notre compte Steam. Normal.
Nous ne reviendrons pas ici sur les qualités/défauts de SteamOS. Lors des tests du Steam Deck, nous avons déjà détaillé abondamment le système et il n’a plus guère de secret pour personne. En revanche, il est toujours bon de rappeler que l’interface ne se limite pas au mode Big Picture, lequel est évidemment très pratique pour jouer dans le canapé, elle propose aussi un mode desktop qui fonctionne comme n’importe quel bureau Linux/Windows avec tout ce que cela suppose.
Forza Horizon 5 n’est pas « Steam Machine approved ». © Nerces pour Clubic
La Steam Machine est pensée pour le jeu vidéo, mais elle fonctionne comme un mini-PC classique. Elle est sensiblement plus chère que le tout-venant du mini-PC, mais elle rendra les mêmes services avec des faiblesses évidentes compte tenu du processeur ou de la quantité de mémoire vive. Les six cœurs de l’AMD Custom CPU 1772 seront par exemple un peu justes pour de gros traitements 3D et les 16 Go de RAM ne permettront pas à un agent IA de s’exprimer pleinement.
Blender benchmark : à gauche, le CPU sous Linux, au centre le CPU sous Windows et, à droite, le GPU sous Windows. © Nerces pour Clubic
Vous pouvez le voir ci-dessus, sur Blender benchmark, le CPU est effectivement un peu juste. Afin d’avoir davantage de points de comparaison, nous faisons d’ailleurs figurer les résultats sous SteamOS et sous Windows 11. Notez au passage que seule la version Windows de Blender benchmark a accepté de mesurer les performances du GPU de la Steam Machine avec, à la clé, des résultats intéressants, même si encore bien éloignés des performances que l’on peut avoir avec un GPU NVIDIA.
Nous avons profité d’avoir la Steam Machine sous Windows pour faire les mesures sur PCMark qui, vous le savez, a l’avantage de simuler de nombreux scénarios de la bureautique simple jusqu’au montage vidéo en passant par de la visioconférence. Les 6 096 points de la Steam Machine en « general » ne sont pas mauvais. C’est le score en essentials (5 903 points) qui plombe la note finale, preuve que la Steam Machine est un PC plutôt performant sur le strict plan graphique.
Performances relevées sur 3DMark. © Nerces pour Clubic
Rien de surprenant pour une machine qui est avant tout destinée au jeu vidéo et c’est la raison pour laquelle nous avons aussi lancé un petit 3DMark, lequel ne fonctionne pas correctement sur SteamOS. Peu importe la scène retenue (Fire Strike, Time Spy Extreme ou Steel Nomad), les résultats sont conformes aux attentes pour une machine dotée d’un GPU proche d’une Radeon RX 7600. De bon augure pour nos tests vidéoludiques.
La Steam Machine en UHD (2 160p) : à gauche sur Cyberpunk 2077 et, à droite, sur Shadow of the Tomb Raider. © Nerces pour Clubic
Là, nous débutons sous SteamOS – logique – avec cinq jeux parmi les plus en vue sur un strict plan technique : Black Myth: Wukong, Cyberpunk 2077, DOOM: The Dark Ages, Forza Horizon 6 et Shadow of the Tomb Raider. Nous avions activé le FSR en mode qualité avec les détails graphiques réglés au plus haut niveau, mais sans activation du ray tracing. Sans surprise, la Steam Machine est à la peine en UHD et encore trop juste pour jouer en QHD. En revanche, le Full HD est largement à sa portée… En dehors du cas Black Myth: Wukong qui, décidément, n’est pas flatteur pour les Radeon.
Notez bien que nous avions poussé les détails graphiques au maximum. En réduisant un peu la voilure, sur les ombres notamment, il est possible d’avoir quelque chose de plus confortable même en QHD.
Dans un second temps, nous avions à cœur de vérifier l’impact des choix de Valve sur le sous-système mémoire. Rappelons que si les 16 Go sont au menu, Valve a opté pour une configuration avec une seule barrette SO-DIMM de 16 Go, faisant une croix sur le double canal. Nous n’avions pas 15 000 options ici, mais même en passant à 32 Go via deux barrettes de 16 Go pour activer le double canal, on voit que l’impact en jeu vidéo (sur Cyberpunk 2077) est limité. Sur d’autres tâches, l’écart est plus sensible, mais pour une machine de jeu qui dispose de sa propre mémoire vidéo (8 Go), Valve a sans doute fait le bon choix compte tenu de la situation actuelle.
Enfin, sachant que Valve a mis les pilotes Windows 11 de sa Steam Machine à disposition, nous avions à cœur de vérifier les écarts entre les deux systèmes. Soyons honnêtes, nous aurions imaginé quelque chose de plus important. Sur Cyberpunk 2077, Windows 11 est de manière générale en retrait, mais il n’est pas non plus largué et se permet même de prendre l’avantage en UHD… Une définition hors de portée de toute façon. Bien sûr, il ne faut pas oublier que SteamOS, ce n’est pas que des performances un peu plus élevées, c’est aussi et surtout un système pensé pour la machine et son utilisation dans le salon. Là, Big Picture n’a toujours pas d’équivalent Windows au niveau.
Avant de conclure, il nous faut faire un point sur les nuisances. En effet, si la Steam Machine n’est pas un monstre de puissance, elle a l’avantage de faire tourner nos jeux dans un calme remarquable. Le système de refroidissement mis en place par Valve fait remarquablement son travail et à aucun moment nous n’avons été gênés par la ventilation du mini-PC. Jamais un seul jeu n’a été à l’origine d’une montée dans les tours du ventilateur. Il faut dire que le CPU plafonne à 70°C même sur les charges les plus lourdes quand le GPU ne dépasse pour ainsi dire jamais les 80°C. Du beau travail.
Cohabitation du puck intégré et puck du gamepad
Pour accompagner son Steam Controller, Valve a imaginé un petit accessoire très pratique qui permet autant de recharger la manette que de la connecter, sans fil, à un PC. Avec la Steam Machine, Valve va encore un peu plus loin en intégrant directement un de ces pucks au mini-PC.
De fait, sans avoir de puck branché en USB-C à la machine, il est possible de faire fonctionner un Steam Controller. Pratique. Seulement, se pose la question d’un second, voire d’un troisième puck. Eh bien, sachez que cela fonctionne sans problème. SteamOS détecte les autres pucks et associe les manettes dans l’ordre : premier pad sur le premier canal du puck intégré, puis second pad sur le premier canal du puck connecté.
Plusieurs pucks peuvent cohabiter avec le puck intégré. © Nerces pour Clubic
La seule question qui se pose encore concerne la limite du nombre de pads que SteamOS peut prendre en charge. Avec le puck intégré et deux autres pucks, nous avions l’impression de pouvoir brancher jusqu’à 12 manettes, mais nous n’avions pas assez de Steam Controller pour vérifier cela.
Steam Machine : l’avis de Clubic
Inutile de tourner autour du pot, la situation actuelle empêche Valve de rééditer avec la Steam Machine le joli coup réalisé au lancement du Steam Deck. Le mini-PC arrive sur un secteur plus concurrentiel, c’est vrai, mais il paie surtout un surcoût critique sur la RAM et la NAND. On peut imaginer que Valve avait plutôt dans l’idée de vendre son cube autour de 800 euros.
À un tel tarif, tous les atouts de la Steam Machine auraient eu davantage d’impact. La jolie silhouette, la compacité exceptionnelle et le remarquable travail sur le système de refroidissement sont des qualités que l’on ne retrouve sur pratiquement aucun PC. L’intégration à l’écosystème Steam est évidemment parfaite et l’association au Steam Controller ouvre la voie à un fonctionnement « type console » que l’on n’a jamais connu sur PC.
Hélas, cela se fait aujourd’hui à un peu plus de 1 030 euros pour la plus petite version de la Steam Machine. À ce tarif, les performances semblent un peu faibles alors qu’il n’est pas possible de jouer dans de bonnes conditions en QHD. De plus, même si l’avenir est plus incertain que jamais, la Steam Machine ne semble pas la mieux armée et, c’est le comble pour une machine qui se veut être un PC, elle paie son absence presque totale d’évolutivité. Une machine adorablement décevante.
- Mini-PC compact et cro-meugnon
- Association Steam/Steam Controller
- Performances honnêtes, en 2026
- Discréation remarquable
- Puck intégré à la machine
- Façade personnalisable
- Trop chère, forcément
- Techniquement trop en retrait
- Évolutivité très limitée
Fiche technique Steam Machine
Résumé
| Processeur | AMD Zen 4 |
| Taille de la mémoire | 16 Go |
| Carte graphique | AMD RDNA3 28CU |
| Bluetooth | Oui |
| Wi-Fi | Oui |
Informations générales
| Système d'exploitation | Steam OS |
Processeur
| Processeur | AMD Zen 4 |
| Type de processeur | 6 cœurs, 12 threads |
Mémoire vive
| Taille de la mémoire | 16 Go |
| Type de mémoire | DDR5 |
Graphismes
| Carte graphique | AMD RDNA3 28CU |
Stockage
| Configuration disque | SSD NVMe 512 Go ou 2 To |
| Lecteur de carte mémoire | Micro SD |
Connectique
| Connecteurs panneau avant | 2x USB-A 3.2 |
| Connecteurs panneau arrière | 1x Gigabit Ethernet 1x DisplayPort 1.4 1x HDMI 2.0 2x USB-A 2.0 1x USB-C 3.2 |
Réseau sans-fil
| Bluetooth | Oui |
| Version Bluetooth | 5.3 |
| Wi-Fi | Oui |
| Version Wi-Fi | 6 |
Caractéristiques physiques
| Hauteur | 152mm |
| Largeur | 156mm |
| Profondeur | 162.4mm |
| Poids | 2.6kg |
Les alternatives à la Valve Steam Machine :
- Conception élégante, bonnes finitions
- Ryzen 7 H 255 très performant
- iGPU Radeon 780M capable de jouer
- Puissance globale du Ryzen 9
- Riche connectique (2x USB4...)
- Châssis en métal, design réussi