Annoncé fin août, en parallèle du petit Mac mini M6, le nouveau Mac Studio M5 Ultra est arrivé sur le marché avec les moyens d’en découdre. En exploitant 256 Go de mémoire unifiée, la mouture qui nous intéresse aujourd’hui veut s’en prendre aux DGX Spark pour la gestion locale des plus grands modèles de langage actuellement disponibles.

Le Mac Studio reste discret sur un bureau. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Le Mac Studio reste discret sur un bureau. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Nous testions en mars 2025 un Mac Studio M4 Max couplé à 128 Go de mémoire unifiée. Une très belle bête qui passerait presque pour un inoffensif petit chérubin en comparaison du monstre qu’Apple France nous a fait parvenir en prêt cette année.

9  / 10
Les plus
  • Les performances monstrueuses de la puce M5 Ultra et du SSD
  • La gestion locale de très grands LLM sans trembler
  • Appareil discret et silencieux
  • Rapport performances / efficacité énergétique impressionnant
Les moins
  • Léger échauffement à pleine charge
  • Une nouvelle puce mais pas grand-chose d’autre
  • Wi-Fi 7 tronqué
  • Le prix stratosphérique

Avec sa puce M5 Ultra à 36 cœurs CPU et 80 cœurs GPU, le Mac Studio que nous avons cette fois boxe dans une toute autre catégorie, d’autant qu’il est équipé de 256 Go de mémoire unifiée pour engloutir sans broncher des LLM de 100 milliards de paramètres et plus. Ça tombe bien, c’est précisément ce que nous avons décidé de faire avec cette machine de tous les superlatifs.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, voici le détail de la configuration que nous avons reçue en prêt :

Fiche technique Apple Mac Studio (2026)

Résumé
ProcesseurApple Silicon M5 Ultra
Taille de la mémoire256
Carte graphiqueGPU 80 cœurs
BluetoothOui
Wi-FiOui
Processeur
ProcesseurApple Silicon M5 Ultra
Type de processeurCPU 36 cœurs (12 super cœurs et 24 cœurs de performance) et Neural Engine 32 cœurs
Mémoire vive
Taille de la mémoire256
Type de mémoireDDR5
Graphismes
Carte graphiqueGPU 80 cœurs
Stockage
Configuration disque4 To
Connectique
Connecteurs panneau avantDeux ports Thunderbolt 5 (jusqu’à 120 Gbit/s) et un lecteur de carte SDXC (UHS‑II)
Connecteurs panneau arrièreQuatre ports Thunderbolt 5 (jusqu’à 120 Gbit/s), deux ports USB 3 (USB‑A) (jusqu’à 5 Gbit/s), un sortie HDMI 2.1, une prise 10 Gigabit Ethernet, une prise casque Jack 3,5 mm
Réseau sans-fil
BluetoothOui
Version Bluetooth6
Wi-FiOui
Version Wi-Fi7
Caractéristiques physiques
Hauteur9.5cm
Largeur19.7cm
Profondeur19.7cm
Poids3.6kg

Dans cette configuration M5 Ultra CPU 36 cœurs / 256 Go de mémoire unifiée / 4 To de SSD, l’une des plus costaudes proposées au catalogue d’Apple à l’heure actuelle, le Mac Studio est affiché à 14 079 euros en France. L’appareil débute néanmoins à partir de 2 999 euros en version M5 Max CPU 18 cœurs / 36 Go de mémoire unifiée / 512 Go de SSD. Notez enfin qu’une version 512 Go de mémoire unifiée sera proposée en option avec le Mac Studio M5 Ultra, à compter de la fin octobre 2026, à un prix avoisinant cette fois les 25000 euros minimum.

Design : les nouveautés sont ailleurs

9,5 cm de hauteur, 19,7 cm de côtés et 3,6 kg sur la balance : le Mac Studio M5 Ultra reprend à l’identique le design qu’on lui connaît depuis son introduction en mars 2022, et conserve le même poids que son prédécesseur direct, le Mac Studio M3 Ultra, lancé pour sa part l’année dernière. Apple sait qu’elle tient là un bon châssis, qui a fait ses preuves, et ne bouleverse donc rien à l’équilibre déjà trouvé — si vous vouliez de la nouveauté sur le plan esthétique, il faudra attendre encore quelques années.

Il faut dire qu’à l’usage, le gabarit du Mac Studio est suffisamment compact pour tenir sous certains écrans (il passe pile en dessous de notre Studio Display) ou pour se faire oublier sur un coin de bureau. Son châssis en aluminium mastoc n’est pas forcément très élégant, mais il a au moins le mérite de se faire discret et d’offrir plus de place que celui d’un Mac mini pour intégrer un assez gros système de dissipation (inchangé par rapport à celui qui accompagnait le Mac Studio M3 Ultra), mais aussi une connectique complète… Avec un joli bonus depuis peu.

© Nathan Le Gohlisse pour Clubic

On retrouve en effet quatre ports USB-C Thunderbolt 5 (jusqu’à 120 Gbit/s, avec prise en charge de l’affichage DisplayPort 2.1), un port 10 Gigabit Ethernet, deux ports USB-A (jusqu’à 5 Gbit/s), une sortie HDMI 2.1 et une prise Jack 3,5 mm à l’arrière ; assortis de deux ports Thunderbolt 5 (jusqu’à 120 Gbit/s) supplémentaires à l’avant, eux-mêmes accompagnés d’un lecteur de carte SDXC (UHS‑II). Jusqu’ici, rien de neuf, à un détail près : le clustering en Thunderbolt 5 avec RDMA (Remote Direct Memory Access).

Cette nouveauté n’est pas tout à fait spécifique au Mac Studio M5 Ultra. Elle a été introduite avec macOS Tahoe 26.2 fin 2025, et avait donc commencé à bénéficier au Mac Studio M3 Ultra, équipé lui aussi de ports Thunderbolt 5. Elle arrive toutefois sur le Mac Studio M5 Ultra dès le déballage, avec suffisamment d’optimisations au passage pour qu’Apple en fasse désormais un argument de vente.

Le RDMA permet à une machine de lire ou d’écrire directement dans la mémoire d’une autre, sans passer par le processeur ni la pile réseau du système distant. La latence s’en trouve donc fortement réduite… Avec toutes les applications que cela ouvre en termes de gestion locale de très grands modèles de langage.

Le bouton de démarrage reste situé à l'arrière du châssis. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
© Nathan Le Gohlisse pour Clubic
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Après une activation manuelle du RDMA depuis les réglages, jusqu’à 7 Mac Studio M5 Ultra peuvent ainsi être connectés les uns aux autres en maillage complet pour mettre en commun leur mémoire vive et gérer ainsi plusieurs grands modèles de langage avec de solides performances à la clé… Ou en installer un seul, titanesque, comme Kimi K2 Thinking, et ses mille milliards de paramètres, par exemple. En pratique, Apple se contente de mettre en avant le plus souvent des quatuors de Mac Studio M5 Ultra, avec des résultats probants pour les entreprises et les structures disposant de budgets suffisants pour s’offrir les services d’une telle configuration.

Quoi qu’il en soit, le Mac Studio intègre cette année, et pour la première fois, une puce Apple N1 qui lui ouvre enfin les portes de la connectivité Wi-Fi 7 et du Bluetooth 6. Une avancée qu’il faut, comme pour le Mac mini, mettre en perspective. Puce N1 oblige (ses limites sont désormais relativement documentées), on se limite ici à une largeur de canal qui plafonne à 160 MHz (alors que le standard Wi-Fi 7 peut aller jusqu’à 320 MHz), ainsi qu’à une modulation qui reste la même qu’en Wi-Fi 6E.

© Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Ce Wi-Fi 7 tronqué reste, cela dit, bon à prendre (il permet surtout l’utilisation de plusieurs bandes de fréquence en même temps pour une connexion plus stable et une latence plus faible), même si la plupart des utilisateurs exigeants du Mac Studio passeront de toute façon par son port Ethernet bien plus stable et performant.

L’appareil n’offre que ces modestes nouveautés en termes d’équipements et de design. Les principaux changements sont à chercher sous le capot, avec une puce M5 Ultra novatrice et diablement performante, comme nous allons le voir.

Performances : un Mac taillé pour l’IA… « et pour tout le reste »

Venons-en au cœur du sujet, à la formidable (inutile de jouer le suspense) puissance de calcul proposée par Apple avec ce nouveau Mac Studio M5 Ultra… Et à ses capacités en termes de gestion locale de grands modèles de langage.

Avec 256 Go de mémoire unifiée — accessible tant à la partie CPU qu’à la partie GPU —, la mouture qu’Apple France nous a fait parvenir en prêt ne s’adresse ni aux particuliers ni aux créateurs, photographes, monteurs et autres graphistes. D’ailleurs, même les plus exigeants d’entre eux se satisferont fort bien d’un Mac Studio M5 Max un peu configuré (ce modèle vient déjà avec 36 Go de RAM minimum).

Le Mac Studio M5 Ultra est évidemment redoutable en utilisation créative, mais son dada, c'est l'IA. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Non, la version 256 Go testée ici est faite pour les PME et les professionnels souhaitant s’acheter les services d’un appareil capable de faire tourner localement les plus gros agents IA du moment, en circuit fermé sur le Mac, sans accès au cloud pour éviter tout problème de fuite de données.

Nous viennent en tête les secteurs médicaux ou même l’industrie, où la confidentialité doit être le maître-mot pour des raisons évidentes de secret médical et industriel, pour ne citer que ces deux exemples. En cela, Apple concurrence les DGX Spark de NVIDIA avec ses meilleures configurations de Mac Studio M5 Ultra, livrées par défaut avec un minimum de 96 Go de mémoire unifiée.

Avant de vous parler des performances de notre machine de prêt, commençons toutefois par un rapide récapitulatif de la configuration testée :

  • Processeur Apple M5 Ultra avec CPU 36 cœurs (12 super cœurs et 24 cœurs de performance), GPU 80 cœurs (dotés d’accélérateurs neuraux) et Neural Engine 32 cœurs
  • 256 Go de mémoire unifiée
  • 4 To de SSD

Pour sa nouvelle puce M5 Ultra, Apple mise, et c’est une première, sur une architecture quad-die. Cette architecture combine en l’occurrence deux puces M5 Max à double die grâce à la technologie d’interconnexion « UltraFusion ». Au-delà de la taille dantesque de la puce M5 Ultra ainsi obtenue, et de ce qu’elle permet (nous allons y venir), Apple annonce avoir fait d’importants progrès en termes de bande passante inter-dies… Cette dernière dépassant désormais les 4,4 To/s. Cette information est importante, car ce débit permet une très faible latence entre les différentes composantes de l’Apple M5 Ultra, faisant de cet assemblage de quatre dies une puce unifiée, capable de fonctionner comme si elle avait été conçue « d’un seul bloc ».

© Nathan Le Gohlisse pour Clubic
© Nathan Le Gohlisse pour Clubic
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Pour le reste, Apple n’intègre que des « gros cœurs » CPU à sa puce M5 Ultra, qui combine 12 super cœurs et 24 cœurs de performance, gravés en 3 nm (a priori sur le procédé N3P de TSMC). Aucun cœur basse consommation n’est intégré : notre configuration du Mac Studio M5 Ultra est bien plus taillée pour les tâches lourdes et intensives que pour l’efficacité énergétique. Nous verrons plus loin ce qu’il en est en termes de prestation thermique.

Côté GPU, notre puce M5 Ultra regroupe 80 cœurs ayant la particularité d’embarquer chacun un Neural Accelerator. En complément du NPU à 32 cœurs, cette mesure appliquée à la partie graphique de la puce permet à Apple de démultiplier les performances en IA face à l’ancienne solution M3 Ultra. Sur le plan graphique à proprement parler, Apple mise par ailleurs, cette année, sur des améliorations en matière de gestion des shaders, sur un Dynamic Caching de seconde génération couplé à une prise en charge du ray tracing dopée. La mémoire unifiée profite enfin d’une bande passante de 1,2 To/s… soit presque 50 % de plus que le M3 Ultra.

Ces nouveautés permettent au Mac Studio de monter sérieusement en puissance et, disons-le, de régner sans partage sur certains tableaux, notamment celui des performances CPU, où notre Apple M5 Ultra et ses 36 cœurs offrent une puissance de feu assez spectaculaire.

Voyez plutôt sur Cinebench R24, qui nous sert à estimer les performances de tous les processeurs que nous recevons en test. L’Apple M5 Ultra y obtient un sCore de 201 points en calcul single-Core, contre 3912 points en multi-Core. En single-Core, seule la nouvelle puce M6 du Mac mini fait un peu mieux, avec un indice stratosphérique de 219 points sur un seul cœur (merci la nouvelle gravure en 2 nm de TSMC). Pour le reste, l’Apple M5 Ultra fait tout mieux que tout le monde.

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Tableau comparatif des résultats sous Cinebench R24. © Clubic
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La concurrence d’Intel et AMD est d’ailleurs vaincue. L’Intel Core Ultra 9 285K (24 cœurs) se contente en effet de 137 points en single-Core contre 2412 points en multi-Core dans nos tests ; tandis que l’AMD Ryzen 9 9950X3D2 (16 cœurs) monte à 142 points en single-Core et 2480 points en multi-Core sur le même outil. Sur ce terrain, la messe est dite, même si ces deux puces x86 sont pénalisées en nombre de cœurs face à notre M5 Ultra.

Sur le plan graphique, Apple passe un nouveau cap. Cependant, les grosses tours Windows équipées de cartes graphiques RTX 50 haut de gamme conservent (évidemment) une nette longueur d’avance en jeu — l’une de leurs spécialités.

Peu à l’aise sur ce terrain, la partie graphique intégrée de l’Apple M5 Ultra tient tout juste le cap des 50 FPS moyens sur Cyberpunk 2077, en 4K, avec les réglages Ultra, le très gourmand Path Tracing activé, couplé à la génération d’images FSR. La montée en gamme par rapport aux précédentes générations de Mac Studio est nette, mais les PCistes les mieux équipés ne seront pas vraiment impressionnés. Sans ray tracing, mais toujours en 4K / ultra, Shadow of the Tomb Raider est pour sa part animé sans broncher à plus de 100 FPS toutefois.

En rendu 3D, le Mac Studio est bien sûr beaucoup plus à l’aise. Sur Blender benchmark, nous obtenons des résultats suffisants pour propulser cette mouture M5 Ultra dans le haut de notre tableau, devant les meilleures solutions graphiques intégrées du moment et au niveau de certaines RTX 5000 dédiées. Côté laptop, le Blade 16 2025 et sa RTX 5090 175 W sont par exemple très largement battus. Quant aux performances en retouche et développement photo sur Lightroom, elles sont irréprochables. Il faut dire qu’en la matière, Apple peut s’appuyer sur un SSD redoutablement rapide. Suffisamment, même, pour nous offrir une petite claque.

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Le doublement de la bande passante permet en effet à ce dernier de tutoyer (voire, dans certains cas, de passer) le cap des 14 Go/s en lecture comme en écriture. De quoi transférer des monceaux de données sans trembler… Et des centaines de fichiers RAW ou de contenus vidéo 4K ou 8K sans grande difficulté là non plus. Rares sont les appareils « grand public » capables d’en proposer autant à l’heure actuelle.

Mais c’est pourtant sur la gestion locale de LLM aux dimensions, disons… Copieuses, que le Mac Studio M5 Ultra / 256 Go s’illustre le mieux. Suffisamment pour surclasser les meilleures configurations DGX Spark de NVIDIA dans la plupart des cas. Des machines qui ne boxent toutefois pas dans la même catégorie : notre Mac Studio est environ deux fois plus cher et dispose de deux fois plus de mémoire unifiée.

Les quelques comparaisons auxquelles nous allons quand même nous risquer méritent donc d’être observées avec tout le recul nécessaire. Prenez-les surtout comme des ordres de grandeur, pour mieux jauger ce qu’un Mac Studio M5 Ultra / 256 Go réussit à faire.

Pour nos tests, nous avons installé localement Qwen3.8-Flash-Next, un modèle MoE de 125 milliards de paramètres au total (6 milliards de paramètres actifs par token). Une fois chargé, ce LLM open source chinois occupe 128,4 Go en mémoire (soit environ la moitié de la mémoire vive disponible sur notre appareil de test).

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Les grands modèles de langage sont le terrain du jeu de cette configuration M5 Ultra / 256 Go. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
125 milliards de paramètres ? Pas de problèmes. © Clubic
Les 256 Go occupés seulement à moitié lorsqu'un (gros) LLM est chargé. © Clubic

En quantification 8 bits (oQ8e), contre 4 bits NVFP4 sur les DGX Spark 128 Go, notre Mac Studio a l’avantage sur les longs documents une fois chaud, tout en restant plus précis sur le long terme. Les DGX Spark sont en revanche nettement plus réactifs au premier mot — avec une réponse environ 4 fois plus rapide sur un prompt court, en moyenne.

En parallèle, nous avons aussi essayé Qwen3-235B-A22B, qui tient le cap des 29 tok/s sur notre configuration de prêt, tandis que Qwen3.5-122B-A10B passe facilement les 30 tok/s en moyenne, et que Nemotron 3.5 Super 120B monte à 75 tok/s. Les grands modèles de langage n’effraient donc pas notre Mac Studio, qui réussit à les gérer localement avec une souplesse assez désarmante.

Une souplesse que l’on doit aussi à l’important volume de mémoire unifiée disponible. Elle permet à deux ou trois grands modèles de langage d’être chargés en mémoire en même temps… Ou à l’utilisateur de continuer de travailler sur des tâches lourdes tout en ayant un LLM de 120 milliards de paramètres (voire plus) actif en arrière-plan. Ces 256 Go de RAM sont hors de prix et complètement « overkill » pour quiconque n’aurait pas un usage intensif de l’appareil, mais il faut bien admettre qu’ils offrent une expérience d’utilisation royale lorsqu’on pousse, effectivement, le Mac Studio dans ses derniers retranchements.

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Reste la question — à laquelle il est difficile de répondre — de l’équivalence entre ces modèles locaux et les modèles commerciaux. On peut raisonnablement dire que nos modèles locaux sont exécutés un peu plus lentement en moyenne que les modèles commerciaux en ligne… Et qu’ils correspondent, en termes de puissance et de capacités, à des modèles milieu ou haut de gamme lancés l’année dernière ou en début d’année.

Nous avons par exemple trouvé des équivalences entre Qwen3.8‑Flash‑Next (installé localement) et Claude Opus 4.6 (lancé en février 2026), ou entre Qwen3.5‑122B‑A10B (8 bits) et ChatGPT‑5 mini (lancé en août 2025).

Les performances sont donc bonnes, bien que nettement inférieures à ce que proposent en cet automne 2026 les meilleurs modèles d’Anthropic ou d’OpenAI, pour ne citer qu’eux. L’avantage de ce que permet le Mac Studio et ses modèles locaux est évidemment à chercher du côté de la confidentialité, comme évoqué plus haut. Ici, les données sont sur le Mac, sont brassées et traitées sur le Mac… Et ne sortent jamais du Mac. Il s’agit d’un atout énorme pour les professionnels cherchant avant tout à conserver leurs données localement, avec un fonctionnement hors ligne possible et aucun coût par token (en dehors de la consommation électrique) une fois l’appareil acheté.

© Nathan Le Gohlisse pour Clubic
© Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Les performances des 4 To de SSD sont... copieuses. © Clubic

Le principal problème, d’après nous, touche au temps d’amortissement d’une telle configuration. À plus de 14 000 euros en France, il est difficile d’amortir un tel investissement. L’appareil ne devient rentable que dans le cas d’un usage intensif (24h/24) et automatisé (agents, traitement de documents en lot). Un contexte d’utilisation très spécifique pouvant coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros par an suivant le type d’abonnement choisi.

Comme le résumait d’ailleurs l’un des modèles locaux installés sur notre machine de prêt, il faut générer environ 400 000 tokens par jour en sortie, pour un amortissement en 3 ans de ce Mac Studio M5 Ultra / 256 Go… Au prix d’un abonnement haut de gamme aux meilleurs modèles d’Anthropic. Dans ce cas, l’achat devient intéressant, surtout si votre entreprise prévoit aussi d’utiliser ce Mac pour d’autres tâches lourdes et demandeuses en puissance de calcul.

Consommation & dissipation : (un peu) de chauffe, mais faut-il s’en offusquer ?

Nous l’avons dit plus haut, le Mac Studio M5 Ultra n’intègre pas de cœurs à haute efficacité énergétique, seulement des gros cœurs performants et gourmands en énergie. Il s’en tient par ailleurs au même système de dissipation que celui du Mac Studio M3 Ultra l’année dernière. Ces arbitrages conduisent à un échauffement perceptible, principalement à l’arrière du châssis, en usage intensif, lorsque CPU et GPU sont sollicités à plus de 80 % de leurs capacités.

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La consommation du Mac Studio M5 Ultra est maîtrisée. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

On relève alors entre 48 et 53 degrés au niveau de la grille arrière de l’appareil. Des températures qui demeurent tout à fait maîtrisées, d’autant que le bruit du ventilateur reste sous la barre des 36 dB à 40 cm du boîtier : l’équivalent d’un chuchotement ou du léger souffle d’un PC portable. Compte tenu des performances développées et du format compact de ce modèle Studio, difficile de trouver à redire ou de s’offusquer.

Voici enfin un bilan des consommations mesurées dans différents cas d’usage :

  • 1 à 2 W au repos
  • 4 à 5 W en streaming vidéo
  • 55 W en moyenne (175 W au maximum) en traitement local d’IA (Qwen3-235B-A22B-4bit)
  • 10 à 30 W en utilisation bureautique avec plusieurs applications ouvertes (Slack, Notion, Safari, Chrome, Pages, Claude…)
  • Jusqu’à 75 W en gaming sur Shadow of the Tomb Raider (définition 4K / réglages ultra)
  • Jusqu’à 146 W en charge CPU à 100 % sous Cinebench R24

Apple Mac Studio M5 Ultra : l’avis de Clubic

Conclusion
Note générale
9 / 10

Modèle de tous les superlatifs, le Mac Studio M5 Ultra / 256 Go n’est pas (du tout) un Mac comme les autres. Dans un châssis qu’on connaît maintenant par cœur, Apple a glissé une puce quad-die proprement monstrueuse, qui règne sans partage sur le plan CPU ou en matière de rapport performances / consommation.

Ce n’est pourtant pas pour cela que l’on dépense les 14 079 euros réclamés par Apple pour ce modèle. Sa vraie raison d’être à lui, c’est l’IA locale : faire tourner des LLM de 120 milliards de paramètres, et plus, sans que les données ne quittent jamais l’appareil.

Pour un établissement médical ou une PME industrielle, l’argument peut s’avérer suffisant pour pousser à l’achat… même si l’amortissement d’une telle configuration n’a rien d’une évidence sans un usage réellement intensif.

Outil de niche d’excellence, et par excellence, le Mac Studio M5 Ultra / 256 Go n’est cohérent que pour ceux qui savent, exactement, pourquoi ils l’achètent. À un tel prix, il ne peut toutefois pas en être autrement.

Les plus
  • Les performances monstrueuses de la puce M5 Ultra et du SSD
  • La gestion locale de très grands LLM sans trembler
  • Appareil discret et silencieux
  • Rapport performances / efficacité énergétique impressionnant
Les moins
  • Léger échauffement à pleine charge
  • Une nouvelle puce mais pas grand-chose d’autre
  • Wi-Fi 7 tronqué
  • Le prix stratosphérique
Sous-notes
Design
8
Performances
10
Consommation & Dissipation
9
Meilleurs prix