Test LG OLED 55CX : l’OLED au meilleur de sa forme

Alban Amouroux
Spécialiste Audio Vidéo
15 septembre 2020 à 18h10
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LG, toujours leader et seul fabricant de dalles OLED grand public, a mis traditionnellement à jour son best-seller. Après la gamme C9, on passe logiquement à la gamme CX, avec un dix en chiffre romain comme l’avait fait Apple pour son iPhone. Pas de bouleversement dans le design mais l’ajout de fonctions absentes l’an dernier. Vérifions si ce LG est bien toujours un écran OLED incontournable.

Le 55CX est équipé d’une dalle que l’on va retrouver à l’identique sur différents modèles LG, dans cette diagonale et en plus grand, mais également en 48" depuis peu. Les autres écrans OLED diffèrent au niveau du design : la gamme « galerie » GX pour une fixation type tableau, la gamme WX pour le modèle « papier peint » qui se colle au mur via une plaque aimantée. N’oublions pas les ZX « Signature », mais là on passe en résolution 8K. Tous bénéficient des mêmes traitements d’image à partir du processeur α9 Gen3. Il n’y a donc pas de notion de gamme en termes de performance, bien que le modèle inférieur B9 ait été reconduit cette année, sans mise à jour et tournant avec le processeur α7 Gen2. Le B9 permet d’entrer dans l’univers OLED de LG à moindre coût. Mais revenons à notre 55CX qui lui bénéficie de tout ce que l’on peut attendre d’un écran plat de qualité en 2020.

Caractéristiques techniques générales

Téléviseur OLED 

  • Référence : OLED55CX6LA
  • Image : 55" (139 cm), 3840 x 2160 pixels
  • Connectivité : 4x HDMI 2.1 dont 1x eARC, 3x ports USB, 2x tuners RF/sat, 1x sortie optique, Ethernet, WiFi, prise casque
  • Traitement de l’image : processeur α9 Gen3 AI Processor 4K, AI Picture Pro, AI Upscaling, HDR10, HLG, Dolby Vision IQ, Filmmaker Mode
  • Son : Dolby Atmos, haut-parleurs 2.2, 2x10W + 20W, WiSA
  • Smart TV : webOS 5.0, Google Assistant, Amazon Alexa, Apple HomeKit/AirPlay 2

Un pied massif au service du son

LG reconduit à nouveau son pied support à l’esthétique particulière pour le 55CX. Lorsque la concurrence cherche à faire le plus fin possible, comme si l’écran flottait au-dessus du meuble, LG conçoit un pied massif que l’on ne peut pas rater. Avec sa forme de toboggan, il sert justement à rediriger le son. 

La fixation se fait en deux étapes avec pas moins de sept vis. La partie arrondie est en métal et se fixe sur un lourd support en L. Ce dernier vient en applique à l’arrière du 55CX pour une profondeur totale non négligeable de 25 cm. Malgré un pied imposant et lourd, il subsiste une sensation de fragilité, l’écran tangue sur 2-3 centimètres si l’on appuie sur le haut de celui-ci.

Le cadre est minuscule pour laisser la part belle à l’image. L’écran en lui-même mesure seulement 4 mm d’épaisseur, une prouesse toujours aussi étonnante. Un grand bloc à l’arrière de la partie basse renfermant électronique et haut-parleurs amène la profondeur totale du 55CX à 48 mm (sans le pied).  

LG fait partie des rares constructeurs qui persistent à positionner des prises en face arrière, ce qui compromet fortement l’idée d’une fixation murale. Heureusement, trois des prises HDMI et un port USB sont installés sur la tranche pour un accès simple. La face arrière accueille une quatrième prise HDMI, deux ports USB, les entrées antenne et les sorties audio optique et casque.

Le LG 55CX est compatible Dolby Atmos via un système d’enceintes 2.2 : deux haut-parleurs principaux, deux haut-parleurs pour le grave. Ils se partagent au total 40 Watts de puissance. Le Bluetooth est bidirectionnel pour alimenter un casque ou des enceintes surround sans fil. La compatibilité WiSA pour du 7.1 sans fil avec certaines enceintes actives d’autres fabricants (Bang & Olufsen, Klipsch…) nécessite un dongle USB en option.

Hyper connectivité

La première mise en service du LG 55CX passe par une succession d’écrans textuels et graphiques apportant un certain nombre d’informations sur son fonctionnement. On se laisse guider et tout se passe bien. Parmi ces écrans, LG nous invite à activer les fonctions d’intelligence artificielle. Séparées, elles analysent l’image d’un côté, le son de l’autre.

La page d’accueil tournant sous webOS propose toujours les tuiles penchées au bas de l’écran. Un certain nombre d’applications sont déjà actives. Le magasin d’apps permet d’en ajouter d’autres même si le choix est bien plus limité que sous Android TV. Les principales sont là avec Netflix, Amazon Prime, Disney+ et même AppleTV.

Ce téléviseur est compatible avec tous les univers : Google Assistant, Amazon Alexa et Apple HomeKit/AirPlay. Un tableau de bord de votre maison connectée permet de visualiser et de prendre le contrôle sur d’autres équipements travers l’univers LG ThinQ.

Des produits LG bien sûr, mais aussi des lampes connectées Philips Hue par exemple. La fonction Sport Alert que nous avions découverte il y a quelques mois est présente pour vous indiquer via des notifications en pop-up les résultats de vos équipes sportives préférées. Côté connectivité, il y a de quoi explorer pendant de longues heures, surtout si l’on tombe sur les nombreuses chaînes gratuites thématiques via l’une des apps LG.

La Magic Remote est un mélange entre une télécommande et un pointeur. Il est possible de sélectionner les éléments à l’écran en bougeant la télécommande matérialisée par un petit curseur rouge sautillant. Il suffit d’appuyer sur le pavé directionnel pour revenir à une navigation par touches plus classique.  

Les paramètres rapides s’affichent via une colonne verticale sur la gauche. Elle permet de changer à la volée de mode d’image ou de mode audio. Le dernier choix en bas de la liste fait entrer dans les paramètres complets. Et ils sont nombreux !

Des réglages d’usine parfaits

Le 55CX s’adjoint les services d’un processeur α9 dans sa troisième génération accompagnée d’une intelligence artificielle. Celle-ci utilise une base de données de reconnaissance d’images afin de traiter les différents éléments et de leur appliquer indépendamment les meilleurs réglages. L’AI Picture Pro agit sur la luminosité, la netteté, l’upscaling… Une petite dizaine de modes vidéo s’appliquent à différents cas d’usages. Nous avons retrouvé avec bonheur le fameux Filmmaker Mode qui désactive tout traitement pour délivrer l’image telle que l’a voulue le réalisateur. C’est ce mode que nous avons conservé pour notre série de mesures.

L’espace colorimétrique est parfaitement couvert.

La balance des couleurs est parfaite ! Bravo à LG pour ce réglage d’usine.

Quant au relevé de température de couleur, il tutoie la perfection.

Immédiatement, nous nous sommes rendu compte que tout allait très bien se passer avec un deltaE à 1.0 en sortie de carton. Ce téléviseur en mode Filmmaker n’a besoin d’aucune retouche. Les améliorations possibles seraient marginales. LG est en train de supprimer du travail aux calibreurs professionnels ! La luminosité maximale approche les 900 cd/m2 tandis que son concurrent Sony A8 ne dépassait pas les 700 cd/m2. LG booste clairement son écran, avec en contrepartie moins de détails dans les blancs purs. C'est ici l'une des données qui différencie le plus les gammes.

Côté jeu vidéo, Le 55CX dispose du support des G-Sync et FreeSync, ainsi que des fonctionnalités du HDMI 2.1 avec les modes, VRR, ALLM et HFR (4K à 120 Hz). L’input lag relevé est à 13.1 ms.

Un niveau de réalisme au sommet

Le LG 55CX présente toutes les qualités de l’OLED, avec cette colorimétrie cinéma bienvenue grâce au Filmmaker Mode. Objectivement, nous n’avons noté aucune dérive d’aucune sorte : l’herbe est verte naturellement, les tons chair sont respectés. Vous pouvez aussi passer sur d’autres modes au blanc plus éclatant si vous regardez du sport ou jouez à des jeux vidéo. Nous sommes restés sur ce préréglage convaincant avec une très bonne exploration des détails dans les basses comme dans les hautes lumières. Avec néanmoins un certain écrasement sur les images les plus lumineuses lorsque le blanc remplit majoritairement l’écran. Le Tone Mapping en ajoute encore une couche, il est préférable de ne pas l’activer.

Les différents traitements vidéo agissent sur les détails, la dynamique ou encore la netteté. À vous de personnaliser l’image selon vos goûts même si elle fonctionne déjà très bien avec tous ces réglages désactivés. Le contraste dynamique est intéressant en donnant encore plus de peps sans dénaturer le résultat global. Quant au mode Image AI Pro, son action est subtile. Nous avons noté principalement une meilleure découpe des plans en profondeur, où les personnes et les objets sur un fond flou semblent offrir une restitution 3D, quand la même image sur le Sony 55A8 par exemple semblera plus aplatie. 

Le traitement anti-saccade TruMotion est moins efficace chez LG que chez Sony. Le LG génère des artefacts aléatoires et discrets qui peuvent parfois attirer l’œil. Nous déconseillons les modes naturel et lisse. Le mode Cinema HD est suffisant sans être caricatural : il n’en fait pas trop et calmera les sautillements naturels du 24 images par seconde. Notez que lorsque la source est en Dolby Vision, la plupart des réglages sont bloqués et l’anti-saccade n’est plus accessible.

Regarder des sources DVD ou HD est une expérience intéressante avec le LG 55CX. Les réglages d’atténuation du bruit sont performants pour lui redonner une seconde jeunesse. À partir d’un DVD, nous n’avons pas réussi à obtenir la même netteté sur les lettrages que le Sony A8, mais ce dernier ne va pas aussi loin dans le nettoyage du grain que le LG.

Cependant, sur certaines sources compressées, nous avons relevé par exemple sur Amazon Prime une très forte mise en avant des bandes de niveaux sur les dégradés de couleur à forte amplitude. Un comportement pas forcément reproductible sur d’autres sources. Ces bandes de niveaux existent à source identique sur le Sony A8 testé juste avant, mais de façon très peu visibles, fortement atténuées. Nous avons vérifié sur un LCD Sony et un LCD Samsung, via différentes sources (Android TV, Tizen, Fire TV, ShieldTV) : elles existent aussi mais se font discrètes, essentiellement dans les zones les plus sombres de l'image. Alors que le LG 55CX les amplifie en quelque sorte malgré la désactivation de tous les traitements vidéo. Vous pouvez le voir sur le bleu du mur de la capture suivante. Ce problème reste heureusement isolé mais néanmoins étrange.

Capture de The Handmaid's Tale sur Amazon Prime - ©MGM/Hulu

La restitution sonore est impressionnante dans son ampleur. Le 55CX n’atteint pas le niveau d’un système en enceintes séparées, mais elle déploie les effets et l’ambiance dans un large faisceau autour de l’écran, sur les côtés et même un peu en verticalité. Il y a quelques sensations de déplacements, et même des objets ponctuels sur les côtés de la pièce. Le résultat est équivalent à celui d’une barre de son autour de 500 euros. Avec le grave en moins.

Dans cette partie du spectre, les percussions et autres explosions sont très timides, même avec le mode de renforcement des graves activé. La signature sonore tend vers le haut-médium/aigu. Le calibrage automatique avec le micro de la télécommande améliore cela en donnant un peu plus de poids et de dynamique dans le haut grave. Ajouter simplement un caisson de basse permettrait d’avoir un système complet performant, via le protocole WiSA par exemple. Le mode Sound Ai précise et recentre la scène sonore, nous avons préféré le mode audio Cinema plus doux et distribuant mieux le son dans la pièce. Ce téléviseur possède la fonction surround via des enceintes Bluetooth LG, une bonne idée si vous avez une très grande pièce.

Prix et disponibilité

A 2000 € prix public indicatif, le LG 55CX est le concurrent direct du Sony KD-55A8 dans le monde de l’OLED. Il y a aussi la Panasonic TX-55HZ1000 et la Philips 55OLED805 aux prestations semblables. En concurrence du côté des LCD haut de gamme, on pourra viser la Samsung QE55Q95T très connectée également, mais qui a choisi le camp du HDR10+ plutôt que le Dolby Vision.

Dans la gamme LG CX, le 48" est proposé à 1800 € et le 65" à 3000 €. Il existe aussi un énorme 77" à 6000 €.

L’avis de Clubic

L’OLED fait-il des progrès ? Difficile de le dire sans avoir les générations précédentes sous les yeux pour comparer en face à face. Cependant, l’image délivrée aujourd’hui par un écran tel que celui du LG 55CX est tout simplement admirable. Le respect de la colorimétrie est parfait grâce à un Filmmaker Mode que tous les cinéphiles adoreront. L’image cinéma est bien au rendez-vous. Comme tout produit, le 55CX présente quelques imperfections, dont on se contente volontiers. La partie sonore aussi bien traitée permet aisément de se passer d’une barre de son, mais pas forcément d’un caisson de basse. Quant à la connectivité, vous n’avez pas fini d’en faire le tour : il ne lui manque pour ainsi dire rien du tout. Le LG 55CX reste bien un incontournable de l’écran OLED haut de gamme. Avec une image et un traitement différents de son concurrent le Sony 55A8, il faudra vérifier de visu celui qui vous correspond le mieux. 

LG OLED55CX

9

Le LG 55CX est un incontournable de l’écran OLED haut de gamme grâce à des réglages d'usine parfaits et à de multiples possibilités de personnalisation de l'image manuelles et automatiques via l'intelligence artificielle.



Les plus

  • Réglages d’usine parfaits
  • Détails dans les basses lumières
  • Rendu sonore digne d’une barre de son
  • Connectivité complète

Les moins

  • Prises placées à l’arrière
  • Manque de détail dans les blancs purs
  • Anti-saccade pas encore parfait

Vidéo 9

Audio 8

Design 7

Ergonomie 9

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