Free Flex : les réponses de Xavier Niel et Thomas Reynaud à vos questions (Interview)

06 juillet 2021 à 14h05
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Xavier Niel © Iliad
Xavier Niel (© Iliad)

Le fondateur du groupe Iliad, Xavier Niel, et son directeur général, Thomas Reynaud, ont fait le point pour Clubic sur le lancement de l'offre de location de mobile avec option d'achat de l'opérateur : Free Flex.

Jour traditionnel des annonces chez Free, le mardi 6 juillet fut l'occasion de dévoiler au public et à la presse le lancement d'une offre teintée de transparence, baptisée Free Flex. Nous avons ici affaire à une offre de location de mobile avec option d'achat. Au bout des 24 mois de location ou avant, le client peut activer une option d'achat pour ainsi devenir le propriétaire du smartphone initialement loué, le tout sans surcoût par rapport à un mobile payé comptant. Mais surtout, Free Flex permet à l'abonné de séparer sa facture de location de celle de son forfait mobile , qui reste sans engagement. Autrement dit, vous pouvez louer votre smartphone, tout en changeant de forfait mobile. Transparence et flexibilité, donc.

Pour en savoir plus sur la naissance, l'ambition et l'intérêt de cette offre Free Flex, nous avons pu discuter, au téléphone, avec « Monsieur Free », peut-être futur acteur oscarisé (il faut lire jusqu'au bout), Xavier Niel, et son fidèle bras droit Thomas Reynaud, qui ont tous deux pris un peu de temps pour répondre à nos questions. Interview.

Free Flex : les précisions de Xavier Niel et de Thomas Reynaud

Thomas-Reynaud © Denis Allard
Thomas Reynaud (© Denis Allard)

Clubic : Que pouvez-vous nous dire de façon préliminaire sur Free Flex ?

Thomas Reynaud : Free Flex, c'est vraiment l'esprit de Free Mobile, le Free 2012. On continue à dissocier le prix du forfait du prix du terminal et on considère que la vente d'un terminal ne doit pas être l'occasion d'avoir des coûts cachés pour augmenter le prix de l'abonnement. Le deuxième point très important en termes de transparence, c'est que le terminal est mis à disposition des abonnés sans surcoût. Vous le payez soit comptant, soit avec un étalement du prix sur 24 mois. Ce sera exactement le même coût pour l'abonné, au centime près. L'autre principe qui nous tient évidemment à cœur, c'est la liberté, avec cette absence d'engagement sur la partie forfait mobile. Sans oublier la possibilité d'activer une option d'achat quand on le souhaite.

Pour nous, cette offre s'inscrit vraiment dans l'ADN de Free Mobile, avec le forfait à 2 euros, la 3G au prix de la 4G, la 5G sans surcoût par rapport à la 4G. On veut vraiment démocratiser la façon d'acquérir son smartphone en toute transparence, après avoir démocratisé les usages mobiles et le forfait. Cela permet à nos abonnés de faire des économies considérables. Nous sommes jusqu'à deux fois moins cher que nos concurrents, pour des offres qui associent un terminal et un forfait mobile. C'est vraiment la philosophie de cette offre : mettre à disposition 50 modèles différents et plus d'une centaine de références.

Pour faire preuve de pédagogie, il est important de préciser que le forfait mobile, avec une location de mobile, reste sans engagement, c'est-à-dire que pendant que notre location de mobile s'écoule, on peut tout à fait librement changer de forfait ?

Xavier Niel : Tout à fait oui, et on peut aussi changer pour un autre forfait ailleurs !

Free était un peu le spécialiste de la location de mobile, et désormais, voilà que vous proposez Flex, une offre de location avec option d'achat flexible qui n'entraîne aucun surcoût supplémentaire. Est-ce que c'est une manière de répondre, pour Free, au bouleversement des usages, avec des consommateurs qui aspirent à plus de changements réguliers, et surtout, comme vous le disiez Thomas Reynaud, à plus de liberté ?

Thomas Reynaud : C'est exactement ça. C'est un souci de liberté, de transparence. Maintenant, nous sommes sur une offre responsable d'un point de vue environnemental. On n'incite pas, et on ne l'a jamais fait, à un renouvellement accéléré. Il y a des méthodes commerciales comme des offres dites « de subventionnement » où, pour certaines, il y a une logique au bout de la période d'engagement, de réengager l'abonné pour 24 mois. Comme nous sommes sans engagement sur le forfait mobile et que notre cœur de métier, c'est la mise à disposition des services télécoms, on n'est vraiment pas dans cette logique.

Par ailleurs, nous avons apporté un soin particulier à mettre à disposition des abonnés qui le souhaitent des terminaux recyclés . Nous avons quasiment 10 % des modèles qui sont recyclés, notamment des iPhone .

Free Flex, jusqu'à 2 fois moins cher, vraiment ? 🤔

Si l'on compare l'offre Free Flex aux offres des opérateurs concurrents, Free est le seul qui n'oblige pas l'abonné à souscrire un engagement de 24 mois pour la partie forfait mobile. C'est ce qui offre un avantage certain à l'entreprise de Xavier Niel.

Concernant les prix, on se rend effectivement compte que Free Flex peut-être jusqu'à deux fois moins cher pour un même smartphone.

  • Si l'on prend l'exemple du Xiaomi Redmi Note 10 5G , avec un forfait Free 150 Go couplé à une location Free Flex sur 24 mois, le coût final revient à 708,52 euros pour l'utilisateur. À offres équivalentes, ce coût grimpe à 1 380,76 euros chez Orange (Forfait 150 Go), 1 331 euros chez SFR (160 Go) et 1 500,76 euros chez Bouygues Telecom (+112 % !, forfait Sensation 150 Go).
  • Sur l'iPhone 12 Pro 128 Go, les écarts sont plus resserrés, mais Free Flex reste l'offre la moins coûteuse, avec 1 638,52 euros, contre 1 968,76 euros chez Orange, 1 901,00 euros chez SFR et 2 121,66 euros chez Bouygues Telecom.

Vous avez devancé ma question suivante. Et justement, l'aspect de l'économie circulaire, c'est-à-dire la proportion des gens à adopter le recyclage et le reconditionnement des smartphones… Est-ce que ça marche bien chez Free ?

Thomas Reynaud : Oui, nous avons par exemple l'iPhone 8 reconditionné grade A qui est disponible avec une mensualité de 7,99 euros par mois. Il y a ensuite l'option d'achat.

Ne craignez-vous pas que la redevance copie privée sur les smartphones reconditionnés cause plus de tort de que de bien à l'économie circulaire et au marché du reconditionné ?

Thomas Reynaud : C'est un sujet. Maintenant, ce que l'on voit, c'est qu'un certain nombre d'abonnés qui souhaitent s'offrir un smartphone très haut de gamme peuvent le faire grâce au reconditionné, et ils pourront davantage le faire avec Free Flex.

Est-ce que vous vous fixez des objectifs chiffrés pour Free Flex ?

Thomas Reynaud : On souhaite vendre un maximum de forfaits grâce à Free Flex, qui va nous permettre de développer une partie du marché que l'on n'adressait pas véritablement jusque-là.

Plusieurs de nos lecteurs, que l'on salue amicalement, se demandent ce qui se passe dans le cas où l'on n'achète pas le téléphone, s'il y a une caution, etc. ?

Thomas Reynaud : Si jamais vous souhaitez ne pas exercer ou lever l'option d'achat au bout des 24 mois, vous restituez tout simplement le terminal. Nous, nous allons l'envoyer dans une filière de recyclage, comme ce que l'on fait depuis 10 ans avec la Freebox, pour en récupérer les composants électroniques, ou en reconditionnement si le terminal est dans de bonnes conditions, avant de le remettre sur notre site, en affichant le fait qu'il s'agit d'un smartphone reconditionné donc.

Une autre question également issue de nos lecteurs : qui vérifie et évalue le téléphone, en sachant qu'il existe le partenariat avec Les Ateliers du Bocage ?

Thomas Reynaud : Si jamais il y a un peu d'usure, usure habituelle après deux années d'usage, il n'y a pas de souci. Si c'est la caméra du smartphone qui est cassée, vous avez toujours la possibilité d'exercer votre option d'achat et de ne pas le restituer. On a fait en sorte de concevoir une option d'achat abordable, en moyenne autour de 40-50 euros. Vous avez aussi la possibilité de restituer le terminal, et derrière, on refacture le coût de la réparation du mobile, coût qui ne sera pas supérieur au montant de l'option d'achat. Donc c'est très sécurisant pour l'abonné.

Le teasing façon Basic Instinct, racontez-nous d'où est venue l'idée. Est-ce que l'on doit vous appeler Sharon Niel ou Xavier Stone ?

Xavier Niel : Xavier Stone, ça peut prêter à confusion, on va essayer d'éviter. En fait, dans le premier film, on avait soufflé l'idée à Sharon Stone, il y a une trentaine d'années. Elle nous a volé cette scène, et on a enfin décidé de la jouer en vrai. Mais elle avait bien aimé l'idée. Je n'ai pas vieilli, j'espère que vous l'aurez remarqué (rires).

Cette façon de se mettre en scène sur les réseaux sociaux, dernièrement aussi avec la Thérafree, c'est évidemment très important pour soigner sa communication dans un environnement où tout le monde est ultraconnecté ?

Xavier Niel : Avec le confinement, il faut essayer de se réveiller d'une autre manière. On essaie de se réinventer à chaque fois, et de se demander ce qu'on est capable de faire. On avait un petit film parodique avec Hold-up, où on avait eu la gentillesse de me balancer des seaux d'eau sur la tête. Maintenant, j'ai un pantalon blanc qui craque. J'ai un peu peur pour la prochaine fois, parce que nous sommes quand même dans une évolution, et je ne suis pas sûr que ça aille dans le bon sens. J'ai fait une thérapie entre les deux, ça m'a un peu aidé.

Comment s'est passée cette dernière année et demie chez Free, rythmée par divers confinements et actualités majeures, comme la 5G et la Freebox Pop ?

Thomas Reynaud : Nous avons eu plusieurs choix forts à faire pendant cette pandémie. On a d'abord décidé de laisser tous nos locaux ouverts pour nos collaborateurs. C'était hyper important, parce que pendant le confinement, nous avons augmenté les effectifs du groupe de 10 %. Et entre travail et télétravail, ce n'était pas toujours évident. Le second choix fort fut de renoncer au chômage partiel. On s'est retrouvés, à un certain moment, avec plus de 1 500 collaborateurs en situation d'inactivité, notamment ceux issus du réseau de boutiques. Nous avons refusé de faire appel à la solidarité nationale et de ne pas recourir au chômage partiel, ce qui fut apprécié par nos collaborateurs. Le troisième choix fort fut de faire un exercice de démocratie directe, tous les mois ou tous les mois et demi, avec de grandes visioconférences. On avait l'équipe de direction, Xavier Niel, notre DRH Céline Polo-Juglar et moi-même. On invitait les 9 500 collaborateurs du groupe, ce qui nous a fait monter à plus de 4 000 salariés en simultané sur la même visio. Généralement, nous leur expliquions de façon transparente les décisions prises, puis on se lançait dans deux ou trois heures de questions/réponses avec les collaborateurs. Les moments étaient très sympas, avec ce sentiment de se retrouver, même si ce n'était que virtuel.

Sur ces 18 mois, nous sommes restés assez actifs, avec le lancement de la Freebox Pop, Free Pro, la 5G, l'acquisition en Pologne, le doublement de notre nombre d'abonnés fibre optique durant la pandémie. J'ai l'impression qu'on sort renforcés et encore plus soudés au sein du groupe.

Source : Clubic

Modifié le 06/07/2021 à 15h49
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