Nexus 6 : Google voit-il trop grand ?

le 15 décembre 2014
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Le Nexus 6, nouveau porte-drapeau de Google, n'est autre qu'une version géante du récent Moto X de Motorola. Armé d'un écran de 6 pouces, d'un processeur Qualcomm Snapdragon 805, et d'une batterie de grande capacité, il marque l'entrée de Google sur le créneau des (très) grands smartphones. Il rompt en revanche avec la politique de prix agressive de l'entreprise ces dernières années.

Design et ergonomie : un Moto X. Un gros.



Après HTC, Samsung et LG, c'est au tour de Motorola de se frotter à la fabrication du Nexus. Il aura fallu attendre que Google revende Motorola Mobility à Lenovo pour voir les deux entreprises collaborer : on peut trouver ça ironique. Et la patte Motorola est présente, tellement présente que le Nexus 6 est en fait un gros Moto X.



À quelques détails près, il reprend exactement la forme du dernier haut de gamme de Motorola : dos arrondi en plastique mat, plus épais sur la partie supérieure qu'inférieure, bordure en métal et façade en verre légèrement incurvé sur les bords. La seule différence réside dans le renfoncement du logo Motorola, moins visible pour laisser la place à la marque Nexus (un peu trop voyante)



On ne s'en plaindra pas : les derniers smartphones de Motorola sont des réussites niveau design et finition, à commencer par le Moto X 2014. On perd en revanche le côté personnalisable. Google ne propose que deux coloris pour le dos : un gris clair proche de celui de la Nexus 9, et un bleu/gris foncé pas vilain, mais moins audacieux que les nombreuses options disponibles sur le Moto X.

La présence d'un écran de 6 pouces inquiète quant à la taille du terminal, mais Motorola a suffisamment optimisé l'espace occupé, pour que la différence ne soit pas flagrante face à d'autres smartphones grand format comme l'iPhone 6 Plus ou le Galaxy Note 4. Elle se remarque surtout en largeur : le Nexus 6 dépasse les deux de plus de 5 mm. Il est plus épais que l'iPhone 6 Plus en son centre, mais les bords sont plus fins, une ruse qui rappelle les MacBook Air d'Apple. Dans tous les cas, l'usage à une main est tout simplement impossible, à moins d'avoir de très grands doigts.

Composants : jeu égal avec le Galaxy Note 4



Avec la place nécessaire pour prendre ses aises, le Nexus 6 intègre une fiche technique haut de gamme, très proche de celle du Samsung Galaxy Note 4 : processeur Qualcomm Snapdragon 805 à 2,7 GHz avec GPU Adreno 420, 3 Go de mémoire vive et écran AMOLED d'une définition de 1 440 x 2 560 pixels.

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La dalle est semblable à celle du Moto X 2014 : AMOLED oblige, on bénéficie de noirs infinis, mais aussi de couleurs très saturées ; contrairement à Samsung, Motorola et Google ne proposent aucun réglage alternatif. Les icônes rouges sautent aux yeux. Les angles de vision souffrent de la technologie : la teinte jaune des blancs s'accentue davantage. L'écran reste très lisible et assez confortable malgré tout, mais après la colorimétrie très juste du Nexus 5, cette légère régression fait un peu tache.

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Comme sur tous les Nexus - et comme sur le Moto X d'ailleurs - il ne faudra pas compter sur la présence d'un slot Micro SD pour augmenter la capacité de stockage. Heureusement, Google fait commencer le Nexus 6 à 32 Go, ce qui est la moindre des choses sur un smartphone à plus de 600 euros, et propose une version 64 Go pour seulement 50 euros de plus. On peut regretter l'absence de déclinaison 128 Go pour s'aligner avec Apple, mais les 2 configurations sont déjà pertinentes.

La capacité de la batterie fait jeu égal avec celle du Galaxy Note 4 : 3 220 mAh. C'est visiblement de quoi tenir plus d'une journée sans recharge, et c'est ce qu'on avait, dans la plupart des cas, sur le Note 4.

À l'usage : Lollipop, mais pas d'optimisations « phablette »



Le Nexus 6 est le premier smartphone sorti directement sous Android Lollipop. La nouvelle version du système de Google donne un coup de frais bienvenu à l'interface qui s'enrichit de nombreuses animations et transitions. Ca rompt le côté un peu austère d'Android, et ça fournit un retour visuel pour les actions tactiles. Les apps intégrées en bénéficient, mais alors que le Nexus 6 est le premier terminal grand format sous la marque Google, on s'étonne que rien n'ait été prévu pour profiter pleinement de cette taille d'écran.

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C'est d'autant plus frustrant qu'une des nouveautés de l'interface Material Design est de s'adapter facilement à différentes tailles d'écran. Mais pour Google, ce format intermédiaire n'existe pas : le Nexus 6 n'est qu'un grand smartphone, qui ne permet pas d'afficher plus de contenu, de disposer de vues enrichies en mode paysage et encore moins d'utiliser 2 applications côte à côte comme le propose la gamme Galaxy Note. Samsung et dans une moindre mesure Apple, qui en est pourtant à son coup d'essai en la matière, ont apporté plus de soin à leur approche du format « phablette », et on aimerait bien, 2 ans après la sortie du Galaxy Note 2, que Google intègre enfin officiellement ces fonctionnalités au sein d'Android, pour que toutes les apps puissent en profiter.

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Cette absence d'optimisation n'empêche pas le Nexus 6 d'être un smartphone très agréable. S'il faut faire l'impasse sur l'usage à une main, l'interface est d'une fluidité absolument parfaite, et l'écran est très lisible et immersif malgré ses défauts de colorimétrie : pour les jeux, la saturation importe peu et certains préfèreront même un rendu aussi exagéré.

Les amateurs de jeux ou de vidéos apprécieront également la présence de haut-parleurs stéréo en façade à utiliser dans un cadre privé, bien entendu !). Sans atteindre le rendu des Boomsound du HTC One (M8), ils délivrent un son clair et précis.

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Le Nexus 6 est un bon téléphone, même si la grande taille du smartphone incitera à utiliser un kit mains libres. Le son lors des appels est largement satisfaisant, d'un côté comme de l'autre de la conversation.

Photos



Le Nexus 6 est équipé d'un capteur 13 mégapixels. Après les performances un peu décevantes du Moto X de Motorola sur la photo, on craignait une autre déconvenue, et on l'évite sans pour autant s'enthousiasmer des images produites. Dans de bonnes conditions d'éclairage, les photos sont homogènes. On regrettera peut-être une accentuation un peu trop marquée, et des couleurs qui tirent un peu vers le rouge.

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À gauche, l'image en conditions d'éclairage optimal, et à droite, en faible luminosité


Le smartphone ne tient pas la route, en revanche, en situation de faible luminosité. Le bruit est très présent, et les détails fortement estompés.

Performances



Avec une fiche technique aussi fournie, le Nexus 6 a forcément des performances à revendre. Les jeux 3D tournent généralement bien, mais les développeurs ne semblent pas encore avoir adapté leurs titres pour en profiter pleinement : sur Asphalt 8, par exemple, on ne trouve pas de trace des effets de route mouillée qui agrémentent certains circuits, alors que les smartphones en Snapdragon 801 le gèrent parfaitement.

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D'autres jeux comme Real Racing 3 ou Dead Trigger 2 nous ont également posé des problèmes de compatibilité : ils étaient impossibles à télécharger au début de notre test, et Dead Trigger 2 demeure filtré sur le Play Store à l'heure où nous écrivons ces lignes. Real Racing 3 est désormais compatible, mais on a déjà vu le jeu de course tourner de manière plus fluide et avec moins d'aliasing.

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Pour les amateurs de bench, avec les précautions d'usage quant à leur pertinence, on obtient d'excellentes performances sur 3D Mark et Geekbench, preuve que le Nexus 6 en a sous le pied.

Autonomie



La batterie de 3 220 mAh du smartphone procure une autonomie plus que suffisante : on peut facilement tenir plus de 24h, et lors de notre utilisation (jeu 3D, surf, synchro Facebook/mails, et capture photo/vidéo), on l'a achevée en 32h, dont une dizaine d'heures assez intensives. Atteindre les 48h semble en revanche plus compliqué.

Le smartphone est livré, comme le Galaxy Note 4, avec un chargeur à grande vitesse qui tient ses promesses : on est parvenu à regonfler la batterie intégralement en 2 heures, et on peut donc grappiller rapidement une bonne heure ou deux en déplacement si on se trouve près d'une prise.

Conclusion



Le Nexus 6 marque un tournant pour Google : depuis deux ans, la firme de Mountain View avait associé la gamme Nexus à des smartphone très performants et bien finis, tout en restant abordables. La « phablette » de Google et Motorola remplit son contrat pour ce qui est de la qualité. Le terminal bénéficie d'un Android Lollipop très agréable à utiliser, de bonnes performances, d'une autonomie confortable et du savoir-faire de Motorola en matière de finition et de design.

Pour le côté abordable, on repassera. À partir de 649 euros (configuration 32 Go), le Nexus 6 est moins cher qu'un iPhone 6 Plus, et un tout petit peu plus avantageux que le Galaxy Note 4 de Samsung, mais dans tous les cas, il se place au-dessus de la barre des 600 euros, soit hors de portée de nombreuses bourses, et pour un bénéfice moins évident qu'on pourrait le penser. Alors que les formats intermédiaires se multiplient, on peut être déçu que Google n'en tire pas encore profit avec Lollipop, là où Samsung, LG ou même Apple ont su proposer des adaptations de l'interface qui améliorent la productivité.

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Au final, le Nexus 6 est exactement ce dont il a l'air, c'est-à-dire d'une déclinaison 6 pouces du Moto X, en un peu plus cher. Et c'est donc un bon smartphone pour qui cherche cette taille d'écran. Mais il n'est pas le remplaçant spirituel du Nexus 5, et dans sa catégorie de produits, il se retrouve pris en tenaille entre des « phablettes » mieux pensées comme l'iPhone 6 Plus ou le Galaxy Note 4, et des modèles plus abordables tels que le Nokia Lumia 1520. Reste l'avantage d'un Android « pur » et de mises à jour directes qui demeurent un privilège de la gamme Nexus. À voir si ça pèse lourd dans votre balance.

Google Nexus 6 (Motorola)

Les plus
+ C'est un Nexus (mises à jour...)
+ Très bonne qualité de fabrication
+ Android Lollipop très fluide
+ Recharge rapide
Les moins
- Adieu le rapport qualité/prix des Nexus...
- Ecran trop saturé
- Aucune optimisation pour grand écran
Finition
Ergonomie
Autonomie
Puissance
Interface
3


Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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