Test Razer Huntsman V2 Tenkeyless : la fiabilité et la réactivité ont-elles un prix ?

Nerces
Spécialiste Hardware et Gaming
24 septembre 2021 à 07h55
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© Nerces
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Particulièrement actif en cette rentrée de septembre 2021, Razer ajoute de nouvelles références à pratiquement toutes ses gammes de produits gaming. Les claviers gamer ne sont évidemment pas oubliés avec une remise à niveau des fameux Huntsman avec la V2 « normale » et « tenkeyless ».

Razer Huntsman V2 Tenkeyless
  • Fiabilité exemplaire
  • Contacteurs d'excellente facture
  • Réactivité remarquable
  • Repose-poignets livré et réussi
  • Câble détachable
  • Touches en PBT
  • Tarif bien trop élevé
  • Rétroéclairage manqué sur les touches "doubles"
  • Repose-poignets sans fixations
  • Bruit des contacteurs clicky

Année après année, la gamme Huntsman reste ce qui se fait de mieux, de plus ambitieux, mais aussi de plus onéreux en matière de claviers Razer. Il y a quelques mois de cela, nous avions eu l’occasion de tester une variation plus originale de ce modèle haut de gamme, dotée de contacteurs « analogiques optiques ». Cette fois, Razer fait dans le classique avec des switchs moins novateurs, mais très performants et dotés de petits accessoires susceptibles de faire la différence.

Le packaging reste fidèle aux habitudes de Razer © Nerces
Le packaging reste fidèle aux habitudes de Razer © Nerces

Fiche technique du Razer Huntsman V2 Tenkeyless

Nous l’avons dit, Razer commercialise, comme souvent, deux versions de son nouveau clavier. Nous avons reçu le modèle dit tenkeyless qui prive ses usagers de pavé numérique, mais le fabricant propose également une mouture « complète » de son Huntsman V2 pour qui ne peut se passer de ce bloc numérique. Hélas, mille fois hélas, il n’est pas question de version « mini » (au format « 60% »), encore moins encombrante, pour compléter la gamme comme sur les BlackWidow.

Le Razer Huntsman V2 Tenkeyless, c’est :

  • Type de clavier : AZERTY, 88 touches
  • Contacteurs : switchs optiques Razer (rouges linéaires ou violets clicky)
  • Anti-ghosting : oui, intégral
  • Rétro-éclairage : RGB, touche par touche
  • Prise en charge des macros : oui, programmation logicielle
  • Touches « bonus » : non, multiples raccourcis multimédias et macros
  • Poids : 750 grammes environ
  • Dimensions : 362 x 140 x 37 millimètres
  • Interface de connexion : filaire (câble USB tressé 1,8 m)
  • USB pass-through : non
  • Logiciel : oui, Razer Synapse
  • Garantie : 2 ans constructeur
  • Prix et disponibilité : déjà disponible, à partir de 159,99 € (version TKL) ou 199,99 € (version pleine largeur)

Certes haut de gamme, le Huntsman V2 surprend d’emblée par le ticket d’entrée exigé. Razer en demande effectivement 159,99 € / 169,99 € pour la version tenkeyless à contacteurs violets / rouges et pas moins de 199,99 € / 209,99 € pour la version standard à contacteurs violets / rouges. Ces dernières années, tous les grands noms du clavier gaming ont favorisé une inflation notable sur leurs claviers et il serait temps que les choses se calment. Il n’est question que d’un « bête » clavier après tout !

Sur les touches multi-caractères, seule la partie supérieure est rétroéclairée : pas pratique du tout © Nerces
Sur les touches multi-caractères, seule la partie supérieure est rétroéclairée : pas pratique du tout © Nerces

Razer Huntsman : la classe à Dallas… ou ailleurs

Au premier coup d’œil posé sur ce « nouveau » Huntsman, on se dit forcément qu’il y a des designers qui n’ont pas beaucoup travaillé chez Razer. Non que le produit soit esthétiquement un ratage – au contraire même – mais plutôt que la ressemblance avec les précédents modèles de la gamme est plus que frappante. Le châssis est pour ainsi dire identique à celui des précédentes versions et, en particulier, du modèle que nous testions en mars dernier. Cela dit, ce n’est pas forcément pour nous déplaire, tant nous apprécions l’esthétique tout à la fois sobre et raffinée de cette gamme depuis les premiers modèles présentés par Razer.

Une fois encore, le châssis se repose donc sur une structure métallique composée d’une plaque en seul morceau destinée à rigidifier et alourdir l’ensemble. Razer opte ensuite pour des éléments en plastique dur pour offrir les différentes fonctionnalités de son produit et reste toutefois fidèle au châssis dit frameless. Très à la mode sur les claviers haut de gamme, le principe est ici de ne pas avoir de cadre sur le pourtour du clavier pour ceindre l’ensemble des touches. Ces dernières donnent ainsi l’impression de flotter au-dessus de la structure du clavier : la première fois, l’effet est saisissant et donne un côté résolument futuriste au produit.

Quelques raccourcis supplémentaires auraient pu être proposés © Nerces
Quelques raccourcis supplémentaires auraient pu être proposés © Nerces

Sans surprise, notre modèle tenkeyless est moins volumineux qu’un produit standard. Ainsi, sans atteindre la compacité du BlackWidow V3 Mini et ses moins de 32 centimètres de long, notre Huntsman V2 Tenkeyless se limite à 36,2 cm de long pour 14 cm de large. La hauteur est un peu plus importante, à 3,7 cm et le poids reste contenu, avec 750 grammes environ. Il est à noter que Razer a le bon goût de livrer un repose-poignets avec son modèle. Compte tenu du tarif, c’est presque « normal », mais sur un modèle tenkeyless, ce n’est pas si fréquent. Bien sûr, le repose-poignets vient augmenter les dimensions du produit.

Le câble USB-C est détachable, mais sort forcément sur la gauche du clavier © Nerces
Le câble USB-C est détachable, mais sort forcément sur la gauche du clavier © Nerces

La largeur du clavier passe ainsi à 23 cm et le poids à 930 grammes. Un reproche toutefois, Razer n’a pas jugé bon de fixer de quelque manière que ce soit ce repose-poignets. Ce que l’on gagne en liberté, on le perd évidemment en stabilité : le repose-poignets ne suit pas lorsque l’on bouge même très légèrement le clavier. En revanche, nous apprécions le molleton de cet accessoire d’autant que ce n’est pas la seule attention portée par Razer à l’ergonomie de son bébé. En effet, sous le clavier, on remarque la présence de deux « doubles pieds » : il s’agit de proposer trois niveaux d’inclinaison (0°, 6° et 9°) pour convenir à un maximum d’utilisateurs.

On aurait toutefois aimé que Razer en profite pour ajouter un « guide » pour orienter le câblage du clavier : le fil sort forcément du côté gauche de la bête ce qui ne plaira pas forcément à tout le monde. Autre regret, il n’est pas question de trouver le moindre port USB pass-through sur le produit, et ce, que l’on parle du modèle tenkeyless ou du modèle « standard ». Dommage. En revanche, nous apprécions que le câble – tressé et long de 1,8 mètre – soit détachable et que ses prises soient standards : pratique pour le transport et une éventuelle « réparation ». Notez bien qu’il n’existe aucune version sans-fil de ce modèle.

Trois niveaux d'inclination offerts par les pieds du clavier © Nerces
Trois niveaux d'inclination offerts par les pieds du clavier © Nerces

Précis, réactif, mais pas aussi discret qu’escompté

Les deux versions du Huntsman V2 diffèrent logiquement par leurs dimensions, mais aussi par certaines de leurs fonctionnalités. Ainsi, notre modèle tenkeyless doit logiquement faire avec moins de touches, moins de raccourcis et la disparition de quelques commandes supplémentaires de la version « standard » : celle-ci dispose effectivement de trois touches dédiées et, surtout, d’une molette multifonctions que l’on regrette vivement sur la mouture la plus compacte. En revanche, pour le reste, les deux modèles sont strictement identiques. Ils intègrent donc, au choix, les deux mêmes ensembles de contacteurs.

Razer nous propose ici ses contacteurs optiques mécaniques dont il existe deux versions : des rouges dits « linéaires » et des violets dits « clicky ». Hélas, aucune version dite « tactile » n’est présente pour compléter. Nous avons reçu les violets qui offrent une activation un tout petit peu plus rapide que les rouges. En revanche, il faut faire avec le fameux « clic » dont ils héritent le nom dès lors que l’on actionne le switch. Razer souligne qu’il a doté son clavier « d’une série de dispositifs d’amortissement du son » afin « d’améliorer l’acoustique du clavier et absorber les bruits de fond des touches pendant l’utilisation ».

Confortable, le repose-poignets ne peut, hélas, pas être fixé © Nerces
Confortable, le repose-poignets ne peut, hélas, pas être fixé © Nerces

Dans l’absolu, on note effectivement de réelles améliorations par rapport à d’autres modèles de claviers frameless. Nous n’avons par exemple aucun « écho » au moment de la frappe et il n’est pas non plus question de résonnances au niveau du châssis. Reste que notre modèle et ses contacteurs « clicky » était tout sauf silencieux. On voit d’ailleurs assez mal l’intérêt de proposer de telles améliorations sur le plan du bruit alors que la principale source de nuisances vient des contacteurs en eux-mêmes. Bien sûr, avec les contacteurs rouges, le ressenti et bien différent.

Les contacteurs ici en version violette « clicky », plutôt bruyants © Nerces
Les contacteurs ici en version violette « clicky », plutôt bruyants © Nerces

En revanche, dans un cas comme dans l’autre, il n’y a rien à redire sur la réactivité du clavier. C’est impeccable, même si, là encore, nous avons une préférence pour les contacteurs rouges, peut-être un chouia moins sensibles et, donc, moins sujets aux erreurs de frappe. Une chose est en tout cas certaine, Razer n’a pas manqué son intégration et le résultat fait plaisir à voir. D’autant que le fabricant ne s’est pas contenté d’un châssis de qualité. Il a soigné les détails. En effet, pour les touches, il a adopté des keycaps en PBT à double injection : la durabilité est bien supérieure aux autres solutions… même si elles engendrent un problème sur lequel nous reviendrons vite.

Avant cela, il nous faut parler de la dernière « innovation » de Razer sur ce clavier. Comme certains de ses concurrents, le fabricant a dopé le taux d’interrogation de son produit. La technique est ici baptisée HyperPolling et atteint 8 000 Hz quand le standard est plutôt à 1 000 Hz. Dans les faits, pas sûr que cela soit bien utile au commun des mortels, mais la latence est effectivement nettement réduite et la réactivité d’ensemble n’en est que plus remarquable. Razer parle « du clavier gaming le plus rapide et le plus réactif du monde ». Certes, mais pas sûr que les joueurs voient réellement une différence.

Razer Synapse est complété par la suite Chroma qui alourdit pas mal les choses © Nerces
Razer Synapse est complété par la suite Chroma qui alourdit pas mal les choses © Nerces

Razer Synapse : un logiciel de plus en plus imposant

En revanche, ils remarqueront forcément le rétroéclairage « partiel » de ce clavier. Il s’agit d’un problème induit par l’utilisation de plastiques PBT encore que certains constructeurs ont réussi à le contourner : la double injection rend plus délicat de faire passer la lumière à travers les keycaps. Problème, dans le cas du Huntsman V2 cela se traduit par l’absence de rétroéclairage sur la partie inférieure de toutes les touches. Dans le cas des touches à caractères multiples, on ne voit donc dans le noir qu’une partie du marquage, pas les chiffres notamment. Fort regrettable.

La fonction Hypershift et sa double commande par touche reste évidemment de mise © Nerces
La fonction Hypershift et sa double commande par touche reste évidemment de mise © Nerces

Là, le logiciel Razer Synapse ne peut rien et malgré les nombreuses options pour ajuster le rétroéclairage à nos habitudes, le problème demeure. Razer Synapse est le nom de l’application compagnon bien connue des habitués de la marque. Après un premier écran de « présentation » qui recense les différents périphériques compatibles actuellement connectés, on repère les pages dédiées à notre Huntsman V2 Tenkeyless : la première se focalise sur la gestion des touches, les commandes avec, bien sûr, la fonction Hypershift qui permet toujours de dédoubler chaque touche afin de lui ajouter une seconde fonction.

C'est ici que l'on peut choisir entre différentes valeurs de taux d'interrogation © Nerces
C'est ici que l'on peut choisir entre différentes valeurs de taux d'interrogation © Nerces

Bien sûr, il reste tout à fait possible d’enregistrer diverses macros et on peut toujours compter sur la présence d’une petite mémoire interne pour stocker jusqu’à 4 profils et conserver ses réglages d’une machine à l’autre, sans avoir besoin de Synapse. Les deux autres pages sont dédiées aux réglages du rétroéclairage ainsi qu’aux diverses options « techniques » du Huntsman V2 Tenkeyless. C’est sur la dernière page que l’on découvre le mode « jeu » : il bloque certaines combinaisons de touches. C’est aussi là que l’on modifie le taux d’interrogation pour atteindre ce fameux 8 000 Hz. Hélas, si Synapse est clair et plutôt bien présenté, il est aussi de plus en plus imposant d’autant que Razer lui associe souvent la suite Chroma qui alourdit encore un peu la chose.

Huntsman V2 Tenkeyless, un clavier renversant ? © Razer
Huntsman V2 Tenkeyless, un clavier renversant ? © Razer

Razer Huntsman V2 Tenkeyless : l'avis de Clubic

Le Huntsman V2 Tenkeyless est à l’image des précédents modèles de la gamme : onéreux, mais d’excellente facture. Sans surprise, on se retrouve avec un compagnon de jeu idéal pour quiconque accepte, bien sûr, la perte du pavé numérique. Il existe une version « pleine largeur » et, dans un cas comme dans l’autre, la finition est exemplaire. Le Huntsman V2 est un produit élégant, solide et stable.

Il est associé à deux types de contacteurs (« linéaire » ou « clicky ») qui permettront de trouver chaussure à son pied alors que des petits détails bien pratiques comme l’inclinaison sur trois niveaux ou la présence d’un repose-poignets achèvent d’en faire un clavier digne de confiance. Hélas, tout ceci a un coût et dans le cas de la gamme Huntsman, il n’est pas loin d’être exorbitant.

À plus de 150 euros, la moindre petite erreur devient impardonnable et qu’il s’agisse des problèmes de rétroéclairage sur certaines touches ou des absences de port USB pass-through, de guide pour le câble et d’aimant pour le repose-poignets, il est difficile de passer outre. Difficile aussi d’accepter des contacteurs aussi sonores que ces « clicky » violets. À ce niveau de prix, Razer devrait traquer la moindre imperfection.

8

Le Huntsman V2 Tenkeyless est un clavier d'excellente facture. Il est réactif, confortable et fiable. Hélas, il s'accompagne d'importantes nuisances sonores et se rate du côté du rétroéclairage, la faute à du PBT mal maîtrisé. Plus gênant, il est aussi très onéreux, et c'est bien ce qui risque de nuire à son attractivité.

Les plus

  • Fiabilité exemplaire
  • Contacteurs d'excellente facture
  • Réactivité remarquable
  • Repose-poignets livré et réussi
  • Câble détachable
  • Touches en PBT

Les moins

  • Tarif bien trop élevé
  • Rétroéclairage manqué sur les touches "doubles"
  • Repose-poignets sans fixations
  • Bruit des contacteurs clicky
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Tombé dans le jeu vidéo à une époque où il fallait une belle imagination pour voir ici un match de foot, là un combat de tanks dans ces quelques barres représentées à l'écran, j'ai suivi toutes les évolutions depuis quarante ans. Fidèle du PC, mais adepte de tous les genres, je n'ai du mal qu'avec les JRPG. Sinon, de la stratégie tour par tour la plus aride au FPS le plus spectaculaire en passant par les simulations sportives ou les jeux musicaux, je me fais à tout... avec une préférence pour la gestion et les jeux combinant plusieurs styles. Mon panthéon du jeu vidéo se composerait de trois séries : Elite, Civilization et Max Payne.

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