Intel s'adresse à Samsung pour endiguer la pénurie de processeurs en 14nm

Nathan Le Gohlisse
Spécialiste Hardware
19 juin 2019 à 10h02
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Intel
© JHVEPhoto / Shutterstock.com

Un rapport du média coréen Sedaily, laisse entendre qu'Intel ferait bientôt appel aux services de Samsung pour remédier à ses problèmes endémiques de pénuries en processeurs 14 nm.

Si l'information se confirme, il pourrait s'agir d'une première historique pour Intel. TechPowerUp relaie cette semaine un rapport du média coréen Sedaily laissant entendre que la firme serait entrée en partenariat avec Samsung.

L'objectif ? Endiguer la pénurie de processeurs 14 nm qui touche actuellement (et depuis des mois) le marché PC. Jusqu'à présent, Intel Client Computing Group (CCG) s'était toujours exclusivement tourné vers les fonderies internes à Intel pour fabriquer la totalité de ses composants. Le rapport publié par Sedaily n'a donc rien d'anodin, en cela qu'il pointe vers une nouveauté de tout premier ordre dans le processus de production chez Intel.

Intel pourrait devoir attendre fin 2020 avant que l'accord entre pleinement en vigueur

En pratique, Samsung aurait formellement accepté de prendre en charge la fabrication de processeurs répondant au nom de « Rocket Lake ». Ces derniers sont avant tout destinés à des mini PC et leur lancement est prévu en 2021. Pour le compte d'Intel, le géant coréen entamerait donc la production de masse de ces puces 14 nm sur le quatrième trimestre 2020. Intel devra tenir bon et assurer seul la production de ses processeurs jusqu'à ce créneau fatidique... tout en affirmant sa migration sur la gravure 10 nm.

Ce pacte présumé entre les deux géants du semi-conducteur serait la résultante de négociations au long cours, dont l'issue aurait été précipitée par l'annonce récente d'une pénurie plus sévère que prévue de processeurs 14 nm, précise Sedaily.

Samsung X Intel : un accord sur fond d'intérêts convergents

Si l'accord (potentiellement) signé entre Intel et Samsung est intéressant, il n'est en aucun cas surprenant.

D'un point de vue stratégique, Intel aurait eu du mal à confier la production de son trop plein de processeur à TSMC, qui - bien que disponible - se charge déjà de graver les CPUs et GPUs de son grand rival : AMD.

De la même façon, Intel ne pouvait raisonnablement pas se tourner vers les acteurs chinois du secteur (trop d'inconnus liés à la conjoncture économique actuelle entre les Etats-Unis et la Chine). Reste donc Samsung et l'expertise de ses fonderies (la marque fabrique notamment ses propres processeurs ARM, Exynos, qui équipent ses smartphones).

Cet accord va aussi dans le sens du géant coréen, qui compte beaucoup sur le marché CPU d'Intel pour écouler ses puces mémoire et maintenir ses activités florissantes en la matière. Les intérêts de Samsung et d'Intel sont donc, au moins indirectement, liés sur cette question.

Notons toutefois qu'Intel CCG s'est aussi tourné vers TSMC, mais seulement pour la fabrication des chipsets intégrés à ses cartes mères ; et que le groupe prévoit toujours de créer une toute nouvelle usine pour répondre à la demande croissante en processeurs. Un projet à long terme (et un investissement massif) qui ne pourra pas soulager Intel avant plusieurs années.

Source : TechPowerUp
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