Après ProtonMail, la Russie interdit l'usage des emails chiffrés Tutanota

19 février 2020 à 09h26
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Tutanota mail
© Tutanota

Une forme de censure. C'est en ces termes que Tutanota, fournisseur de la messagerie Web chiffrée éponyme, condamne le blocage de ses services en Russie.

Depuis vendredi dernier, les utilisateurs russes de Tutanota sont dans l'incapacité d'accéder à leur boîte mail. Le même sort qu'a subi ProtonMail — un autre service d'emailing chiffré — le mois dernier dans le pays.


Les services de chiffrement censurés

Alors que le blocage de Tutanota n'a pas encore été motivé par Moscou, OONI Explorer, un outil agrégeant les domaines censurés par les gouvernements dans le monde, confirme l'inaccessibilité du service.

Tutanota est monté au créneau et dénonce une « énième privation d'un canal de communication sécurisé ». « Nous condamnons le blocage de Tutanota » peut-on lire sur le blog de la messagerie, qui rappelle à toutes fins utiles que ses services restent accessibles en Russie en utilisant un VPN ou le navigateur Tor.

Mais Tutanota n'est pas le seul service à tomber sous l'autorité du gouvernement de Vladimir Poutine. Le mois dernier, ProtonMail, le principal concurrent de Tutanota sur la messagerie Web chiffrée, a lui aussi été bloqué au prétexte que des hackers auraient utilisé le service pour envoyer de fausses alertes à la bombe.

Malgré les efforts de ProtonMail depuis, ses services n'ont pas été restaurés dans le pays. « Nous avons immédiatement fermé les comptes malveillants et avons contacté les autorités russes, aussi bien directement que via l'ambassade suisse de Moscou pour essayer de lever le blocage, écrit ProtonMail à PCMag. Malgré cela, nous n'avons jamais obtenu de réponse ».




La Russie et l'Internet : une grande histoire de contrôle

Derrière ces arguments sécuritaires éculés, la Russie cherche surtout à reprendre le contrôle d'un espace où certains de ses citoyens échappent encore à sa surveillance. En ligne de mire : les outils permettant de chiffrer les échanges, et par conséquent d'éviter que quiconque en dehors de l'émetteur et de son destinataire ne puisse lire son contenu.

Avant Tutanota et ProtonMail, ce sont pas moins de neuf fournisseurs de VPN qui ont été chassés de Russie par le Kremlin. En 2018, c'est la messagerie instantanée chiffrée Telegram qui est tombée sous le coup d'une tentative de blocage en Russie. Ici encore, au prétexte que le service a été utilisé par des terroristes, et que Telegram ne faisait aucune exception à son principe de confidentialité. Rappelons aussi que Pavel Dourov, co-fondateur de la messagerie, est un fervent opposant au régime de Vladimir Poutine.

L'objectif du Kremlin est limpide : faire en sorte que toutes les données des internautes russes soient stockées (et donc accessibles) en Russie. Une requête à laquelle Google et Apple ont déjà accédé, et dont les plus récentes déclarations en faveur d'un Internet russe en circuit fermé sonnent comme une profession de foi.

En 2018, en marge d'une manifestation s'opposant au blocage des VPN en Russie, Artiom Kozliouk, fondateur de l'association de défense des libertés RoskomSvoboda prophétisait « d'abord, on interdit le contenu, ensuite les instruments, logiquement, l'étape suivante sera les utilisateurs ». Aujourd'hui, la deuxième étape semble avoir été franchie.

Via : PCMag
Modifié le 19/02/2020 à 09h55
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