Le régulateur du numérique, l'ARCOM, et le Parquet de Paris ont réuni lundi les chaînes TV et producteurs pour discuter du harcèlement en ligne subi par les participants d'émissions de divertissement, comme la Star Academy.

L'ARCOM et le Parquet se mobilisent contre le cyberharcèlement des candidats de télé-réalité, comme ici la Star Academy. © Alexandre Boero / Clubic
L'ARCOM et le Parquet se mobilisent contre le cyberharcèlement des candidats de télé-réalité, comme ici la Star Academy. © Alexandre Boero / Clubic

Ce lundi 2 février, l'ARCOM, l'autorité de la communication audiovisuelle et numérique, réunissait les chaînes de télévision et producteurs d'émissions de divertissement pour évoquer le cas des candidats qui subissent un harcèlement en ligne récurrent et violent. Avec des alertes qui s'accumulent, le régulateur de l'audiovisuel et le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNHL) du tribunal judiciaire de Paris doivent réagir. Ce dernier promet d'ailleurs des poursuites pénales contre les auteurs de messages haineux.

Les candidats pris pour cible, un dispositif renforcé

La saison de la Star Academy prendra fin samedi soir, avec une finale qui opposera deux élèves, Ambre et Léa. Comme certains de leurs camarades, elles ont été les cibles de violences numériques sur les réseaux sociaux, avec parfois des commentaires et des publications extrêmement durs, pour ne pas dire intolérables. Les chaînes et producteurs menaient déjà des actions de sensibilisation et d'accompagnement auprès des candidats victimes. Mais face à l'ampleur du phénomène, ils s'engagent à mieux prévenir ces situations. Car il ne faut pas oublier, comme le rappelait Baptiste Robert à Clubic il y a quelques jours, que le plein anonymat n'est jamais garanti sur internet.

Concrètement, les diffuseurs prendront désormais en charge les signalements de messages manifestement illicites visant les élèves, stars ou autres candidats. Ces signalements passeront par les signaleurs de confiance, des organisations désignées par l'ARCOM dans le cadre du règlement européen sur les services numériques (DSA). Huit structures françaises détiennent d'ailleurs ce statut, dont Point de contact, spécialisé dans la lutte contre les cyberviolences, ou encore la LICRA et le CRIF.

Ces signaleurs ont le pouvoir d'imposer un traitement prioritaire de leurs alertes par toutes les plateformes en ligne. Mieux encore, si la plateforme partage leur analyse sur le caractère illicite d'un contenu, elle a l'obligation de le retirer ou d'en bloquer l'accès. Un levier puissant pour protéger les victimes.

Les harceleurs de candidats TV dans le viseur du Parquet de Paris

Le PNHL précise tout ce qui relève de l'infraction pénale, et cela peut aller des contenus injurieux aux propos diffamatoires, en passant par les paroles menaçantes, négationnistes ou incitant à la haine, mais aussi la discrimination et la violence envers une personne. Le cyberharcèlement, lui, désigne les messages envoyés par une ou plusieurs personnes pour intimider ou humilier la victime. Plusieurs signalements à caractère discriminatoire ont déjà atterri sur le bureau du parquet parisien.

L'ARCOM et le PNHL cibleront particulièrement les contenus à connotation sexiste, raciste, antisémite, homophobe ou transphobe qui peuvent viser les candidats d'émissions de divertissement. La réactivité des réseaux sociaux face aux signalements sera scrutée de près, tout comme la diligence dans les enquêtes et poursuites pénales contre les auteurs.

Alors que la saison de la Star Academy s'achève et que vient de débuter celle de Danse avec les stars, deux émissions génératrices de nombreux commentaires haineux en raison de leur mécanique de compétition et du direct, le dispositif sacre enfin la protection des participants, qu'ils soient élèves, danseurs ou déjà connus du grand public. Les harceleurs sont prévenus : ce qui serait intolérable dans la rue l'est tout autant derrière un écran. Reste à mesurer l'efficacité concrète de cette mobilisation dans les mois à venir.