Solowheel, longboard, trottinette ou vélo électriques : la mobilité urbaine facilitée ?

Par Aurélien Audy
le 14 mai 2015 à 11h11
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Giant Prime E+



En matière de vélo électrique, nous avions l'embarras du choix. Nous sommes allés voir la boutique Ecox, à la fois parisienne et lyonnaise, pour nous faire prêter un vélo. C'est le Giant Prime E+ que Constantin Tritsch, gérant de la boutique de Lyon, nous a confié. Merci à lui ! Un produit phare à 1 999 euros, soit le même prix que le Solowheel. La marque taïwanaise, qui existe depuis les années 70 et s'est illustrée plusieurs fois dans les grandes compétitions cyclistes mondiales, semble avoir bien négocié son virage vers l'électrique.

Que propose le Prime E+ ? D'abord, c'est un vélo bien construit : cadre aluminium, fourche et selle suspendues, double freins à disques hydrauliques, dérailleurs Shimano Deore 9 vitesses, pneus Schwalbe Energizer 28 pouces, porte-bagage, béquille, garde-boue et éclairages avant et arrière. Le Prime E+ pèse 25,6 kg, un poids peu ou prou dans la moyenne des vélos électriques.

Vidéo de test du vélo électrique Giant Prime E+


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L'assistance proportionnelle est assurée par un moteur Yamaha de pédalier développant 250 W. Cette dernière génération de motorisation est supposée rivaliser avec le moteur Bosch Performance, référence absolue qui équipe la plupart des vélos électriques haut de gamme. Yamaha économise en revanche sur la commande électrique (par rapport à celle de Bosch avec écran rétro-éclairé) : elle se limite au choix du mode (éco, normal ou sport), à l'activation de l'éclairage et au témoin de batterie. Cette dernière, au Lithium-ion, dispose de 36 volts et 8,8 Ah de jus. A l'usage, le Prime E+ s'en sort bien :

  • autonomie de 50 km (c'est beaucoup) ;
  • vitesse de l'assistance limitée à 25 km/h (c'est assez bien) ;
  • recharge en 4 h (c'est correct).

Et pour aller plus vite que 25 km/h, il faut pédaler plus fort...

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Premiers contacts avec le véhicule électrique



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Pour ce qui est du premier contact avec le vélo électrique, c'est simple, il n'y a pas de différence avec un vélo normal. Il suffit d'allumer le boîtier de commande, d'enfourcher le vélo et de mouliner. Sauf que là, à peine j'appuie sur la pédale, j'ai l'impression que quelqu'un me pousse dans le dos. Et copieusement ! C'est vraiment impressionnant... jusqu'à 25 km/h. Car l'assistance électrique est bridée : au-delà de cette vitesse, très rapidement atteinte, le moteur se coupe et c'est aux jambes de prendre le relais si je veux aller plus vite. Et je veux aller plus vite quand je suis sur une ligne droite cyclable de 3 km de long. Mais au-delà de 25 km/h, les 25,6 kg du vélo se font sentir. Je me demande si ça ne serait pas plus facile finalement avec un vélo d'une douzaine de kilos...

Comment se e-déplace-t-on ?



Les rites initiatiques effectués, comment se déplace-t-on au quotidien avec ces quatre moyens de transport électrique ? Le vélo est celui qui ressemble le plus à son homologue mécanique. C'est le plus rapide et efficace sur des longs trajets, et le plus stable et confortable. Certes, j'aimerais bien que l'assistance monte à 30 voire 35 km/h pour pallier le poids conséquent du vélo : quand l'assistance se coupe, le moteur n'aide plus et j'ai même carrément l'impression qu'il me freine, c'est troublant. Toutefois, c'est avec le Prime E+ que j'ai effectué mon trajet domicile / travail le plus rapidement : 24 min 13 pour 8,4 km, soit une vitesse moyenne de 20,8 km/h et une pointe à 42,3 km/h. A titre de comparaison, j'ai mis 26 min 45 avec le vélo normal pour faire 8,1 km, soit 18,2 km/h en moyenne et 36,9 km/h en pointe. Mais surtout je suis arrivé en sueur alors que le trajet en vélo électrique n'exige que peu d'efforts dans la plage 0 à 25 km/h.

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Autre avantage à souligner, notamment dans une ville comme Lyon : l'assistance électrique compense très bien le vent de face. Car oui, à Lyon, le vent est toujours de face, c'est étrange et épuisant... Et c'est également avec le vélo que je suis venu à bout du parcours type le plus sereinement et promptement. Avec des grandes roues et des amortisseurs, on passe partout. Il n'y a que dans un slalom serré qu'un vélo de cette taille peut manquer d'agilité, et encore. En matière d'autonomie, le vélo électrique est le moyen de transport le plus performant : après un trajet de 8,4 km en mode sport, la jauge de batterie n'est descendue que d'une barre sur cinq. Ça nous fait possiblement plus de 40 km en mode sport à un rythme soutenu, et bien davantage en mode normal ou éco. Dernier avantage du vélo : c'est le seul véhicule qui soit encore praticable sur route mouillée sans danger et de nuit.

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Alors, zéro défaut pour le vélo électrique ? Si, il y en a bien un ou deux qui poussent à réfléchir. Le principal étant qu'un vélo doit rester dehors, laissant son propriétaire dans la crainte permanente du vol ou de la dégradation. Et vu le prix du vélo, la vigilance redouble naturellement. Alors si on a un garage à son domicile et un local à vélos sur son lieu de travail, c'est très bien. Mais quand on se sert de son vélo pour faire d'autres trajets urbains, avec des arrêts, le risque resurgit. L'autre hic, c'est que si on se laisse surprendre par une batterie vide, on récolte un vélo très lourd. Facilement deux fois plus lourd et plus cher qu'un vélo non motorisé, c'est finalement cela qui fait le plus hésiter.

Verdict



Le vélo, on connait tous, et sauf à de rares exceptions en France, on sait tous en faire. Passer sur un modèle électrique ne change rien au principe : pour ce qui est d'adapter ses habitudes, la transition est parfaitement indolore. Le concept est aussi génial que frustrant : arrivé en clin d'oeil et quasi sans effort à la vitesse maximum assistée de 25 km/h, on voudrait aller plus vite encore. Les suspensions efficaces et le freinage à double disques mettent en confiance. Mais non, pour aller plus vite, il va falloir pédaler plus fort. Et c'est là où le bât blessera les Fangio du vélo : le vélo électrique est très lourd à traîner. Plus qu'un vélo normal de 12 kg non assisté, qui coûte bien moins cher.

Néanmoins, pour ceux qui habitent dans un endroit vallonné ou très venté, ou ont du poids en plus à tracter (siège enfant, courses sur le porte-bagage, remorque, etc.) ou encore, ceux qui ne veulent pas transpirer avant d'arriver au travail, la version électrique du vélo devient une option incontournable, idéale pour les trajets longs. Et quand on y a goûté, on peut difficilement s'en passer.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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