Solowheel, longboard, trottinette ou vélo électriques : la mobilité urbaine facilitée ?

Par Aurélien Audy
le 14 mai 2015 à 11h11
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Généralités et autres choses à savoir



Avant de se lancer bille en tête dans l'achat d'un moyen de transport électrique, il y a deux ou trois choses à savoir. D'abord, la transformation d'un vélo, d'une trottinette ou d'un longboard en modèle électrique occasionne un surcoût important. Les fabricants doivent ajouter un moteur, une batterie et une dose d'électronique pour faire l'interface avec l'utilisateur (écran de contrôle, boîtier de commande, télécommande, etc.). Les écarts sont variables mais vous pouvez facilement tabler sur deux à trois fois le prix en électrique, au minimum. Pour les vélos, les prix démarrent autour des 1 000 euros, tout comme pour les rares longboards électriques qu'on peut se procurer en France, tandis que les premières trottinettes adultes se négocient autour des 300 euros. Ces prix sont des tickets d'entrée (sauf pour les longboards qui restent dans ces eaux-là), ils peuvent monter considérablement : plus de 4 000 euros pour des vélos et de 1 000 euros pour des trottinettes. Le Solowheel, sans équivalent mécanique proche (le monocycle ?), est quant à lui commercialisé entre 1 800 et 2 000 euros.

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Voici les trois éléments responsables du surcoût pour un vélo, le moteur, la batterie et la commande électrique


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Photo originale par David Gaya
C'est très cher, en même temps, il faut envisager ces appareils comme des moyens de transport à utiliser au quotidien et pouvant remplacer un scooter ou même une voiture citadine. Mais qu'est-ce qui justifie les écarts de prix, notamment sur les trottinettes et les vélos ? Outre les caractéristiques techniques inhérentes au produit, les gammes électriques se déclinent également sur la performance des moteurs, la capacité des batteries et le poids. Sur ce dernier point, notez qu'en plus du surcoût, la motorisation électrique engendre une surcharge pondérale importante. Un vélo de ville normal d'une petite quinzaine de kilos va aisément dépasser les 20-25 kg en électrique. Même chose pour le longboard (6 à 9 kg) ou la trottinette (7 à 16 kg), tandis que le Solowheel pèse 11 kg. A défaut de trop muscler les cuisses, ces appareils feront les bras quand vous les porterez.

La motorisation électrique compense... jusqu'à épuisement de la batterie, et dans ce cas, le surpoids va se sentir dans l'inertie du vélo comme de la trottinette ou du longboard. Une fois bien lancé, ça devient un avantage mais les démarrages et accélérations sont fastidieuses. Une des différences entre un vélo électrique d'entrée de gamme et un autre, beaucoup plus cher, c'est qu'avec le second, le constructeur va chercher à réduire le poids au maximum, en jouant sur des matériaux plus légers et des conceptions plus élaborées. D'où la montée en flèche du prix.

Quand le simple devient technique



Dans un registre plus technique, il faut parler du moteur et de la batterie. Côté motorisation, la puissance en watts est la donnée la plus fréquemment communiquée. Maintenant, les vélos électriques étant bridés électriquement à 250 W et 25 km/h, c'est surtout l'emplacement (roue avant, pédalier, roue arrière) et la technologie de moteur (assistance proportionnelle ou « tout ou rien ») qui importera sur un vélo. Le couple, c'est-à-dire la capacité de traction, sera parfois mentionné (quand il est bon). Attention, quand on parle de 25 km/h, c'est bien de l'assistance dont il s'agit : il est possible d'aller plus vite en pédalant plus fort.

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Vélos, longboards et trottinettes ont régulièrement des moteurs plus puissants, qui permettront de disposer de davantage de couple à défaut de produire plus de vitesse. Enfin, avec les trottinettes et les longboards, on trouve des modèles qui dépassent les 35 km/h ! Petite parenthèse pour signaler l'existence de speed bike ou vélos rapides, qui dépassent les 40-45 km/h mais sont considérés comme des cyclomoteurs (ils nécessitent assurance, casque, immatriculation, etc.).

L'autre nerf de la guerre, c'est la batterie. Outre le type de batterie, et même si on se dirige aujourd'hui vers une harmonisation autour du Li-Ion et du Li-Po, ce sont la capacité (ampères-heure) et la tension (volts) qu'il vous faudra étudier de près. Une tension élevée va apporter plus de nervosité sous la pédale, une capacité élevée va doper l'autonomie. Les combinaisons volts et ampères-heure sont multiples. Notez que la batterie est un des éléments qui grèvent le plus le poids des moyens de transport électriques : les vieilles batteries au plomb, certes moins chères, sont à proscrire.

Juridique : les engins électriques n'ont pas peur du vide



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Ça y est, vous vous sentez prêt ? Pas si vite, faisons un rapide point sur la réglementation. En dehors des vélos pour lesquels la législation est clairement établie (on roule sur la voie publique ou les pistes cyclables), il demeure un flou pour les autres engins. Depuis une mise à jour du 26 mai 2015, l'administration française via le site Service-Public.fr précise que seules les trottinettes et skateboards (donc à fortiori longboards) SANS MOTEUR sont admis sur les trottoirs. La précédente mention comme quoi ces engins n'étaient pas assimilés à des moyens de transport mais à des jeux, « y compris si les engins à roulettes sont mus par l'énergie électrique » a été supprimée depuis la publication initiale de l'article. Service-public.fr nous a répondu : « Les trottinettes à moteur doivent rouler sur la route, et sur le trottoir si elles ne dépassent pas 6 km/h ». La typologie des véhicules reconnus en France et régis par le code de la route vise les trottinettes électrique à la catégorie L1e et les longboards en L6e. Les véhicules devant bien sûr avoir été homologués au préalable, une tâche qui incombe au Ministère des transports. Le monocycle électrique passe lui à la trappe...

La ville comme terrain de jeu



Pour évaluer l'efficacité et le confort de ces moyens de transport, je les ai évalués sur deux types d'épreuve : un trajet long domicile-travail (environ 8,4 km) et un parcours-type jalonné d'obstacles et de difficultés. Ce dernier comporte du franchissement (petit bateau en montée, trottoir en descente), des manœuvres précises (slalom, passage sur une plateforme inclinée étroite), le passage sur une surface accidentée, un freinage et une vitesse de pointe. J'ai par ailleurs effectué un même trajet domicile - travail avec un vélo presque normal. « Presque » car il s'agit d'un Dahon Mu P8, non motorisé, mais pliant et avec des roues de 20 pouces, plus petites qu'à l'accoutumée. En théorie, on va moins vite qu'avec un vélo de taille standard doté de roues de 26 à 28 pouces. En théorie...

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Voici les statistiques qu'a ressorti l'application Mes Parcours de Google avec le vélo pliant sur le trajet long
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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