L'ARCEP publie son baromètre de la transition vers l'IPv6 (et ce n'est pas fameux)

18 novembre 2019 à 12h34
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arcep ipv6
© ARCEP

Les opérateurs français sont invités à accélérer leur transition vers l'IPv6 face à la pénurie d'adresses IPv4.

Comme chaque année, l'ARCEP a publié son baromètre de la transition vers le protocole réseau IPv6. L'institution est déçue des avancées en la matière et exhorte les acteurs à développer l'utilisation de cette technologie.

SFR et Bouygues Telecom : mauvais élèves

L'Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes (ARCEP) dresse un état des lieux du déploiement de l'IPv6 chez les opérateurs. Pour SFR, 100 % des clients internet fixe sont compatibles IPv6 sur le xDSL, 60 % en FttH et 0 % sur le câble, note-t-on. Mais compatibilité ne signifie pas activation. L'organisme regrette que le FAI n'active pas l'IPv6 automatiquement pour ses utilisateurs, qui sont très peu nombreux à le faire d'eux-mêmes. De fait, au final, seulement 7 % des abonnés fixe SFR profitent de l'IPv6. Et sur le mobile, « le déploiement planifié reste [ ... ] insuffisant en termes d'objectif et de rythme ».

Pour Bouygues Telecom, la situation est différente. Contrairement à SFR, la compatibilité en IPv6 est jugée « très faible ». Par contre, elle est activée par défaut chez les clients compatibles, ce qui donne un taux d'utilisation de 20 % à mi-2019, en forte hausse par rapport à mi-2018 (2,5 %). Les prévisions d'augmentation des activations (entre 50 % et 60 % à mi-2022) est insuffisante pour l'ARCEP. C'est mieux sur le mobile avec 79 % de clients Android activés.

ipv6 arcep


Orange et Free doivent faire encore mieux

Les deux autres opérateurs majeurs en France présentent de meilleurs résultats en la matière. Sur le fixe, Free affiche un taux d'activation de l'IPv6 de 80 %, avec une projection à 100 % pour mi-2022. L'ARCEP félicite Free, qui a déployé cette année une nouvelle version du firmware de ses box, empêchant la désactivation de l'IPv6.

Chez Orange, on note 65 % d'activation sur le fixe avec l'ambition de passer à 85 % voire 95 % d'ici trois ans. Sur le mobile, l'opérateur présente des résultats entre 15 % et 25 % sur Android avec une prévision de 45 %-55 % pour mi-2022. Fin octobre 2019, le déploiement a dépassé les 30 % sur le parc d'iPhone. Malgré ces chiffres plutôt bon, l'urgence de la situation pousse l'ARCEP à demander encore plus d'efforts à Free et Orange.

Et pour cause, d'ici fin 2019, le stock d'adresses IPv4 disponibles sera épuisé, rappelle l'Autorité. « Enjeu de compétitivité et d'innovation, la migration de tous les acteurs de l'internet vers le protocole IPv6 est désormais urgente », prévient-elle. Elle recommande aux quatre opérateurs de proposer de l'IPv6 sur leurs offres internet fixe entreprises et d'entamer au plus vite la transition sur la 4G fixe, ainsi que d'entamer le déploiement de l'IPv6 sur l'intégralité de leurs offres mobiles, notamment les offres « data uniquement » et entreprises.

Il n'y a pas que chez les opérateurs et FAI que la situation est mauvaise. Côté hébergeurs, seulement 15,5 % des sites web aux noms de domaine .fr, .re, .pm, .yt, .tf et .wf sont disponibles en IPv6, alerte à nouveau l'ARCEP. Et c'est encore pire pour les serveurs mail (5,8 %)...

ipv6 sites


Source : Arcep
Modifié le 18/11/2019 à 18h55
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