Test Marshall Major IV : longévité absolue pour ce mini casque encore perfectible

Guillaume Fourcadier
Spécialiste Audio
04 novembre 2020 à 18h06
4
8

Cinquième version (en comptant la version III Voice) de son casque Major, celui par qui tout a commencé. Le Marshall Major IV est totalement dans la continuité des précédents modèles : un design
compact à la touche rock, des coussinets supra-auriculaires, et une autonomie plus titanesque que jamais (annoncée à 80 heures). De quoi combler un manque pour les amoureux de casques compacts pas trop chers.

 Où est passé mon vinyle ?

Premier constat de vieux qui se plaint du changement : où est passé le dos en vinyle des coques ? Ce détail n’a l’air de rien, mais donne un aspect un peu plus toc au produit. Heureusement que ce plastique
vinylique, au grain si particulier, est conservé sur la doublure de l’arceau (similicuir).

 Le design général est dans la pure lignée des Marshall Major, seulement un peu moins poussé que le Mid A.N.C et le Monitor II ANC, mais suffisamment marqué et atypique pour conserver cette patte Marshall, si caractéristique.  Le Major IV s’appuie sur une structure très compacte, pliable, presque entièrement en plastique (à l’exception des branches et de l’arceau). Ces coques carrées, aux coins arrondis, sont secondées par des coussinets en similicuir. Le bandeau est légèrement rembourré, suffisamment pour la grande légèreté du modèle : 165 g sur la balance, une paille. Nous pouvons noter un point assez unique pour un Marshall, l’inscription de son numéro IV sur les branches.

Un peu radin, Marshall Headphones ne livre pas le casque avec une pochette de transport. Seuls le câble de recharge ainsi que le câble Jack sont bien là.

Pas de quoi sauter au plafond donc, mais la finition est vraiment correcte, supérieure à ce que propose Jabra et son 45H par exemple, même si les deux produits partent dans des directions un peu différentes.

Un supra-auriculaire confortable, cela existe !

Nous sommes bien loin des premiers Major, leurs coussinets étroits et leur serrage beaucoup trop prononcé. Ici, à l’image du Major III et du Major III Voice, les coussinets sont étonnamment doux et épais, et le serrage est clairement plus mesuré, l’arceau épousant un peu mieux la forme du crâne.

Sans être aussi bon que les meilleurs circum-auriculaires, le Marshall Major IV est une vraie réussite qui, même pour le crâne délicat du testeur, s’est révélé tout à fait agréable, même sur d’assez longues sessions. Ce résultat est en partie dû à la grande légèreté du modèle, 165 g, contre au moins 250 gr pour les circum-auriculaires classiques. Seules limites, les
grandes têtes, qui se sentiront assez vite à l'étroit.

La science du stick

Spécialité de la marque Marshall, la navigation au joystick est une belle alternative aux boutons et au tactile. Ce simple petit élément, facile à intégrer, permet à la fois de naviguer dans les pistes, régler le volume, et allumer/éteindre le casque. Pas d’autre bouton, ce qui limite les erreurs.

Seul bémol, existant déjà sur le Voice et toujours présent sur cette version, l’orientation un peu étrange du joystick. Son placement dans
l’arrondi de la coque fait qu’il est parfois difficile d’identifier la direction liée au volume, et la direction liée à la navigation, même après
plusieurs semaines.

 Pas d’appli, et un unique codec

On ne peut pas forcément en vouloir à Marshall, mais ses derniers casques ont une particularité, celle de n’intégrer que le codec SBC, le
seul obligatoire dans le standard A2DP (profil audio stéréo). Difficile de
considérer cela comme un défaut manifeste, l'apport d’un meilleur codec sur ce type de casque n’étant pas franchement probant.

Au moins, cette limitation fait que le signal est parfaitement stable, sans saut de son, cela en toutes circonstances. Il faut alors vraiment le pousser dans ses derniers retranchements pour avoir un problème de stabilité. La portée, en particulier, est dans ce qui se fait de mieux en matière de casque Bluetooth.

Cerise sur le gâteau, le Marshall Major IV est multipoint, il est donc possible de le connecter sur deux smartphones à la fois, et basculer
rapidement d'un flux audio à l'autre.

Seul reproche évident, le casque ne fonctionne pas avec l’application Marshall Voice, ce qui aurait pourtant permis d’apporter un
égaliseur graphique.

Une autonomie record

En annonçant 80 h d’autonomie, Marshall se place clairement dans le très très haut du panier, même si pas forcément un record absolu pour un casque. Autant dire que nous avons un peu perdu le fil lors de nos mesures.

Clairement, les 70 – 75 h d'utilisation sont facilement atteintes, et les 100 h peuvent être espérées à volume plus modéré. Dans le cas de notre test, cela implique déjà plus de 8 jours d’utilisation intensive (sachant que 8 – 10 h par jour est déjà trop avec un casque). Pour un utilisateur classique, nous pouvons tabler sur 2 ou 3 semaines d’utilisation pour un cycle, la durée de vie théorique du casque est donc gargantuesque. Même en tablant sur seulement 500 cycles de batterie, nous parlons de plus de 10 ans de durée de vie. Il y a peu de chances d’arriver jusque-là, mais nous parlons donc d’un produit qui est infiniment plus durable que les True Wireless.

Pour arriver à un tel chiffre d’autonomie, nous supputons que, en plus de se limiter à du codec SBC, celui-ci est limité en bitrate, très probablement en dessous des 345 kb/s sous Android.

Petit bonus ici, le casque introduit le principe de recharge sans-fil. Il suffit alors de poser la coque droite sur une base de charge pour enclencher le cycle. Le casque n'est pas le premier du marché à proposer cela, Parrot l'ayant déjà développé pour ses modèles Zik, mais cela reste ultra minoritaire.

 Isolation et microphones corrects

Pas d’isolation active sur les Marshall Major, il faut pour cela se tourner vers le Mid ANC, ou, en plus grand format, sur le très bon Monitor II ANC.

Relativement respirants, et ne serrant pas trop, les coussinets du Major IV ne peuvent bien évidemment pas faire de miracle. Néanmoins, l’isolation passive est déjà très correcte, à défaut d’isoler efficacement les basses et même les médiums.

Dans un lieu un peu bruyant, il sera toujours nécessaire de pousser un peu le volume. L’isolation est donc correcte, très poussée dans les
aigus, mais ne nous place clairement pas dans une bulle.

Les microphones utilisés en main-libres, à défaut d’être fabuleux, sont tout à fait valables, en particulier dans cette gamme de prix. Les voix ne sont pas particulièrement claires, ou riches, en milieu calme, mais toujours
intelligibles. En milieu bruyant, il est nécessaire de hausser la voix, mais le produit ne s’effondre pas sur les difficultés. Il reste utilisable.

 Du rock, plus rond que gras

La sonorité habituelle Marshall se concentre sur les médiums, en proposant des signatures en V assez resserrées, mettant en avant les bas-médiums et les haut-médiums. Cela donne un son assez puissant et
tranchant mais également un peu artificiel. C'est l'un des reproches que l'on pouvait faire au Major III, au rendu un peu criard, et laissant les médiums (voix) un peu trop en retrait.

Ici, Marshall semble avoir largement adouci l'expérience, en revenant à quelque chose de plus mesuré, un peu plus proche du Major II. Les
basses sont en avant, les médiums très légèrement en retrait, et les aigus
marqués par quelques pics. Cela donne un son assez homogène au final, plutôt passe-partout, même si n'étant pas spécialement plus technique que d'habitude. Les médiums, par exemple, conservent cette espèce de petite imprécision assez caractéristique des Major. Le casque ne brille ainsi pas sur les genres vocaux, même s'il n'a pas de défaut majeur.

A l'inverse, son côté assez puissant, et plutôt réactif, fait qu'il est à l'aise sur les styles modernes, mais également sur du bon vieux rock. Les basses sont plutôt propres, en tous cas pour ce format de casque.

Par contre, il n'y a jamais cet effet waouh, cet enveloppement dans la musique, probablement du fait de son niveau de détail dans la moyenne, et de sa scène sonore assez étriquée, point malheureusement typique d'un casque supra-auriculaire.

Clairement, le Marshall Major IV est plus agréable à l'écoute que le Jabra
45H
, à défaut d'être techniquement supérieur. Son assise et son extension dans les basses est bien là, et les aigus, même si pas trop étendus, ne donnent pas l'impression de manquer de quelque chose, ou d'avoir affaire à un réglage défaillant. Le seul défaut reste le transducteur en lui-même, techniquement perfectible.

Reste que le Major IV est l'un des rares casques supra-auriculaire tenant vraiment la route sur la partie sonore, notamment sur la quantité de
basses. Pas irréprochable, loin de là, il propose un son tout ce qu'il y a de
plus simple et de plus polyvalent. Une signature qui, sans être équilibrée, n'a pas de défaut majeur. Propre, carré, juste un peu classique, tout à fait
honnête dans cette gamme de prix.

L'avis de Clubic sur le Mashall Major IV

Toujours atypique, le Marshall Major IV ne change pas une méthode qui gagne et se permet, en argument principal, d'assurer une autonomie de 80 h. Un casque increvable, très confortable pour un supra-auriculaire, et doté d'une sonorité agréable, bien qu'un peu limitée. Dommage de perdre un peu de l'identité Marshall, en troquant ses coques en vinyle pour un plastique mat, plus impersonnel.

Marshall Major IV

8

Compact, confortable, ultra-autonome et techniquement très correct, le Marshall Major IV est excellent casque à utiliser au quotidien, même si encore perfectible et légèrement moins Marshall que les précédentes versions.

Les plus

  • Autonomie hors du commun
  • Confort
  • Multipoint
  • Recharge sans-fil

Les moins

  • Fabrication en léger retrait
  • Fonctions un peu limitées

Fabrication 7

Ergonomie 7

Autonomie 10

Son 7

4
5
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