Des scientifiques russes et français créent une éponge hydrophobe pour nettoyer les océans

06 mars 2020 à 13h00
0
base pétrole.jpg
© Pixabay

Des chercheurs de l'université polytechnique de Tomsk, en Russie, ont conjointement mis au point avec des scientifiques de l'université de Lille une éponge magnétique superhydrophobe.

Parallèlement à la lutte contre la pollution marine par les plastiques, cette éponge pourrait aider à nettoyer les océans des produits pétroliers.


Une éponge allergique à l'eau

Pavel Postnikov, de l'université polytechnique de Tomsk souligne que « les nouvelles méthodes de production de pétrole, en particulier celles liées à la production dans les fonds marins, augmentent le risque de déversements. Nous connaissons tous l'impact environnemental de l'accident survenu sur une plateforme de forage dans le golfe du Mexique en 2010. » Il ajoute : « Par conséquent, l'un des problèmes scientifiques les plus urgents est d'obtenir des (matériaux) absorbants sélectifs capables d'extraire les produits pétroliers d'un mélange eau-huile, en évitant les interactions avec l'eau ».

Dans les océans, les hydrocarbures sont souvent présents sous forme d'émulsions, c'est-à-dire sous la forme d'un mélange hétérogène avec l'eau. Il arrive que ce mélange soit hautement stabilisé, ce qui signifie qu'il devient difficile de séparer les deux éléments. L'équipe souhaitait donc mettre au point un élément qui soit hydrophobe, car une absorption de l'eau aurait considérablement réduit son efficacité.


Faire face aux émulsions

L'éponge obtenue est pourtant basée, souligne Phys.org, sur un modèle en polyuréthane tout à fait ordinaire. Pavel Postnikov insiste en précisant que l'équipe cherchait, pour son projet, un produit qui soit abordable. Il déclare : « Nous avons penché en faveur d'une éponge de lavage standard ». Mais cette éponge a été rendue superhydrophobe, ce qui signifie qu'elle repoussera l'eau tout en absorbant efficacement les molécules de produits pétroliers. Cette propriété a été obtenue par des sels de diazonium chauffés à 60°C. Pavel Postnikov résume : « Nous avons obtenu un matériau qui n'interagit presque pas avec l'eau malgré le fait qu'il s'agisse d'une éponge ».

Les chercheurs ont également cherché à concevoir un élément qui soit facilement récupérable une fois chargé en hydrocarbures. Outre le diazonium, l'éponge a également été chargée en nanoparticules de fer, la rendant magnétique.

Les résultats sont prometteurs. Pavel Postnikov a déclaré : « Nous avons testé notre matériau avec des émulsions à la fois très stabilisées et peu stabilisées. Les expériences ont démontré que le matériau est excellent. Nous avons également testé son efficacité sur des huiles industrielles qui peuvent polluer les plans d'eau naturels. Le matériau a également montré sa haute efficacité ». Reste à voir dans quelles circonstances cette éponge pourra être utilisée. Selon l'AFP, la gravité de la pollution marine est variable selon les secteurs géographiques.

Source : Phys.org
10
11
Partager l'article :
Voir tous les messages sur le forum

Les actualités récentes les plus commentées

La planète est confinée ! Le ralentissement est visible depuis l'espace.
L'union sacrée des télécoms européens, qui vont partager leurs données pour lutter contre le coronavirus
La dernière mise à jour de Windows 10 provoque une fois de plus pannes et ralentissements
Confinement : la nouvelle attestation de déplacement dérogatoire est disponible en téléchargement
L'empreinte carbone issue de la consommation des Français a chuté de deux-tiers avec le confinement
Coronavirus : le traçage numérique
Comment choisir la bonne diagonale pour son téléviseur ?
Elon Musk fait un don de 50 000 masques et 1200 respirateurs... pour se racheter ?
Confinement : le gouvernement durcit les restrictions
Coup dur chez HPE : des SSD destinés aux entreprises pourraient se briquer après 40 000 heures
scroll top