COP25 : des ambitions tuées dans l’œuf et une édition qui laisse un goût d'inachevé

16 décembre 2019 à 12h36
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© Twitter @COP25CL

Dimanche, la conférence s'est terminée dans la déception générale. Après deux semaines de négociations, les États se sont quittés sur un accord a minima qui ne fait même pas illusion.

La Conférence de Madrid sur le climat, organisée comme chaque année par l'ONU, n'aura clairement pas marqué les esprits. À l'issue de deux semaines de négociations que l'on pourrait qualifier de « vaines », un accord a minima a fini par être trouvé en séance publique, le dimanche 15 décembre. Pour autant, il n'a rien de contraignant et semble souffrir de la défiance des plus gros pays.

Pour le secrétaire général de l'ONU, le monde « a raté une occasion importante »

Le 12 décembre 2015 fut adopté l'accord de Paris, entré en vigueur l'année suivante et censé devenir la référence mondiale en matière de réduction de la température. L'un de ses objectifs était justement de contenir cette augmentation de la température en-dessous de 2°C d'ici 2100. Les États avaient aussi accepté de se désengager progressivement des énergies fossiles, pour justement atteindre la neutralité carbone.


Mais la COP25 n'a pas permis de trouver d'entente notamment sur les règles des marchés carbone internationaux. Sans mesure contraignante, la déclaration finale ne contient que la reconnaissance du « besoin urgent » de réduire l'écart entre les engagements et les objectifs de l'accord de Paris pour limiter le réchauffement climatique.

« Les principaux acteurs dont on espérait des avancées n'ont pas répondu aux attentes », a cependant regretté l'une des fondatrices de l'accord de Paris, Laurence Tubiana, emboîtant le pas de la déclaration du secrétaire générale de l'ONU, Antonio Guterres, qui a indiqué que la communauté internationale « a raté une occasion importante » de se montrer à la hauteur de la « crise climatique », qui devrait conduire à une hausse de la température finale de 3°C avant la fin du siècle, même en cas de respect de l'accord. Le mercure pourrait d'ailleurs gagner jusqu'à 4 ou 5°C d'ici 2100, si l'on conserve le rythme actuel d'émissions de CO2.

Le cavalier seul de Donald Trump, la passivité de la France

Donald Trump s'est exprimé dans le Kentucky, ce week-end, lors d'un meeting durant lequel il a annoncé « le retrait des États-Unis de l'horrible, exorbitant et injuste accord de Paris sur le climat. » Le président américain a préféré vanter le « magnifique charbon propre » produit par les États-Unis.

Or même si la séquestration et le stockage du carbone dans les sous-sols permettent effectivement de diminuer les émissions de CO2 dans l'atmosphère, la solution demeure fort coûteuse et seules deux centrales de ce type existe dans le monde : l'une aux USA, à Petra Nova (Texas), l'autre au Canada, du côté de Boundary Dam.


Emmanuel Macron, lui, a réagi en annonçant sa volonté de « rehausser nos engagements en matière de réduction d'émissions. »

En sachant que les États-Unis sont responsables de 14,5 % des émissions de CO2 dans le monde (deuxième pays derrière la Chine, avec 28,2 %, et devant l'Inde, avec 6,6 %), l'accord sur le climat part forcément sur de mauvaises bases. Et la France n'aura pas joué de rôle prépondérant durant la COP25, le chef de l'État et ses ministres ayant brillé par leur absence sur les derniers jours de l'événement.

En attendant la prochaine...

Aujourd'hui, 194 signataires sont toujours engagés dans l'accord de Paris. Ce n'est que le 4 novembre 2020 que les USA sortiront de ce dernier, hasard du calendrier, le lendemain de l'élection présidentielle américaine.

De gros pays émetteurs, outre les USA, sont pointés du doigt comme la Chine, l'Inde, le Brésil ou l'Arabie Saoudite. En somme, aucun grand pays ou presque n'a fait de réelle annonce visant à entrevoir un avenir plus vert.

Les regards des défenseurs de la cause climatique se tournent désormais vers la COP26, qui aura lieu à Glasgow l'an prochain et qui permettra un possible réajustement des plans de réductions d'émissions des pays. Si tant est qu'ils le veuillent.


Source : Le Monde
Modifié le 16/12/2019 à 15h05
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