Comptes en ligne et réseaux sociaux : les démarches en cas de décès

le 05 mai 2014 à 17h52
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Si la perspective de prendre des dispositions de son vivant peut sembler glauque et rebuter de nombreuses personnes, c'est cependant une possibilité dans certains cas. Néanmoins, il faut bien admettre que les services qui proposent de tels services sont limités. On peut tout de même ruser.

Google : un gestionnaire de compte inactif



En ligne depuis avril 2013, le Gestionnaire de compte inactif de Google est cependant très méconnu sur la Toile. Pourtant, c'est un service efficace, qui permet de programmer la suppression d'un compte Google après un laps de temps prédéfini pendant lequel il n'est pas utilisé.

Sa configuration est assez simple : l'internaute commence par définir un laps de temps durant lequel rien ne se passe lorsqu'il n'utilise pas son compte Google, entre 3 et 18 mois. A l'approche de la date fatidique, il est prévenu que le compte sera prochainement désactivé. Lorsque ce sera le cas, les contacts de confiance qu'il aura nommé - jusqu'à 10 personnes - seront prévenus et pourront, si l'autorisation a été donnée, accéder aux fichiers de l'utilisateur. Enfin, le compte sera définitivement supprimé si cette fonction a été activée.

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Etant donnée la complexité pour accéder au compte Gmail d'un internaute décédé et la quasi impossibilité de supprimer un compte Google, ce gestionnaire de compte inactif semble être une solution idéale pour répondre à cette problématique. Il a le mérite d'être gratuit - ce qui n'est pas le cas des services de stockage de données à « libérer » en cas de décès - et d'être désactivable à tout moment, si l'on change d'avis.

Le testament numérique, ou l'héritage des mots de passe



L'initiative de Google se faisant encore (trop) rare à l'échelle des entreprises de cette trempe, il faut chercher ailleurs pour trouver une alternative efficace. Il faut principalement se tourner vers le Web américain pour trouver des services de type testament numérique. Cette désignation n'a, en France, pas de valeur légale, le testament numérique n'étant pas reconnu par la loi. Il désigne ici les services qui permettent de programmer, en quelques sortes, le legs de données virtuelles comme des identifiants et mots de passe.

Plusieurs plateformes existent pour ça : PasswordBox est un gestionnaire de vie numérique qui a récemment acquis la start-up Legacy Locker. Le service propose un coffre-fort d'héritage numérique, qui permet de transférer certaines données de connexion à des proches après la mort. Les proches du défunt doivent se signaler à la plateforme qui, une fois le décès confirmé, se soumet aux dernières volontés de l'utilisateur. Le service est gratuit.

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Dans un autre registre, le site Deathswitch permet de paramétrer des emails qui seront envoyés de façon automatique à leurs destinataires lorsque leur auteur sera décédé. Le service repose sur une fonction de rappel : l'utilisateur reçoit ponctuellement des emails auxquels il doit répondre pour confirmer qu'il est bien vivant. L'inconvénient de ce type de service, totalement automatisé, est de se retrouver dans une position, notamment technique, où il peut s'avérer impossible de répondre au message. Une perspective à ne pas oublier au moment d'écrire un message potentiellement embarrassant de son vivant... à noter que le service est payant, à hauteur de 20 dollars par an.

Opter pour un espace de stockage de souvenirs



Outre la question des accès à différents services, il y a celle de l'accès aux souvenirs. Photos, messages et autres documents peuvent être mis à disposition de certains proches par le biais de services dédiés. Parmi eux, on trouve le Français E-mylife, qui propose d'acquérir 3 Go d'espace de stockage en ligne pour y entreposer du contenu de son vivant. L'utilisateur doit désigner un ange gardien, qui sera chargé d'informer le service en cas de décès. Dans une telle situation, les bénéficiaires, c'est-à-dire les personnes auxquelles l'utilisateur destine le contenu de son espace de stockage, reçoivent des accès par mail.

Les services de ce type ne sont pas si nombreux sur Internet, mais ils peuvent néanmoins être utiles. Cependant, il faut s'assurer que les coordonnées des bénéficiaires soient à jour en permanence pour assurer la bonne réception des informations au moment voulu. Le service souligne par ailleurs que « Tout élément déposé sur votre compte n'a aucune valeur testamentaire. » Enfin, le prix d'un tel service peut également être un inconvénient, puisqu'il faut s'acquitter d'un abonnement annuel de 28 euros pour assurer la pérennité de son espace de stockage. Il est possible d'opter pour un accès à vie pour 229 euros, mais il serait dommage que le service en question tire sa révérence avant l'utilisateur ayant déboursé une telle somme.

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Edeneo propose également un service similaire, mais, à l'inverse de e-Mylife, il met en avant la possibilité de stocker des documents administratifs et même les mots de passe de certains services en ligne. Les données sont totalement chiffrées sur les deux plateformes, mais le côté « important » est davantage présent chez Edeneo, là où e-MyLife mise sur le côté sentimental. Par contre, cette seconde plateforme est plus chère : 30 euros par an pour 2 Go, et 300 euros à vie.

Dans un autre registre, et sans parler de stockage de documents proprement dit, le site My Wonderfull Life permet de planifier l'envoi de courriers à ses proches après la mort, mais également de partager souvenirs, dernières volontés et photos dans un livre numérique. Il est même possible de choisir la musique à passer durant ses funérailles, et d'écrire son épitaphe. Un service gratuit qui est donc très poussé.

Les services listés dans ce dossier sont loin d'être les seuls qui existent pour gérer sa vie et sa mort numérique. Toutefois, ils offrent un tour d'horizon assez concret de ce que l'on peut trouver sur la Toile en la matière, que l'on accepte de payer ou pas pour utiliser ce type de plateforme. On peut néanmoins retenir que seul Google propose une méthode permettant de gérer le maintien ou pas d'un compte après la mort : en somme, pour éviter des démarches fastidieuses aux proches, la meilleure solution semble donc de s'organiser de son vivant.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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