Test Skullcandy Sesh Evo : de la grosse basse localisée

Guillaume Fourcadier
Spécialiste Audio
17 juin 2020 à 17h05
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Marque pionnière de la tendance design des casques à partir de 2007, Skullcandy est également l'une des seules restantes. Un peu plus malin que les autres, le constructeur s'est diversifié tout en montant suffisamment en qualité pour ne pas disparaitre. Son récent Crusher ANC montre qu'avec un peu d'innovation, il reste possible d'exister face aux spécialistes du genre. Lancé sur le marché du True Wireless avec un peu de retard, Skullcandy accélère avec sa seconde génération, dont les Sesh Evo, évolutions des Sesh, sont les représentants les plus abordables.

Un air de déjà vu, pour le meilleur

Le design des Sesh Evo est clairement calqué sur celui des premiers Sesh, à savoir une approche assez simple, légèrement rondouillarde, à cheval entre intra et semi-intra. Sans être très fins, les écouteurs ne dépassent pas énormément des oreilles puisque choisissent de s'étendre légèrement sur les côtés, sur une zone plate permettant de caler un bouton de contrôle.

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Le niveau de finition est tout à fait bon pour un produit flirtant avec les 80 euros. Il n'y a aucune audace formelle, mais un assemblage sans accroc et l'utilisation d'un plastique robuste. La surface des écouteurs est très légèrement rugueuse, ce qui leur permet de bien se manipuler et rester relativement dans les oreilles sans glisser, même avec quelques mouvements de tête ou geste de mâchoire. Le meilleur reste leur surface externe, de type caoutchouc, très agréable au toucher. Disponible dans trois coloris, le modèle semble assez peu salissant à l'usage. Nous avons testé la version noire, il est donc difficile d'étendre ce constat aux deux autres (bleu clair et vert menthe).

La canule (tige plastique) est ici assez courte et légèrement plus large que la moyenne, permettant un confort presque universel. À l'image de la plupart des écouteurs True Wireless, la tenue se fait en calant la canule avec l'un des embouts siliconés (3 tailles), puis en vissant afin de sceller la structure dans l'oreille. Ici la technique marche bien, mais la base de l'écouteur (passée la canule) reste assez large, les petites oreilles pourront donc avoir quelques soucis.

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Les Sesh Evo ne sont pas aussi confortables que les Jabra 75 T ou les Momentum True Wireless 2 pour cette raison, mais la copie reste bonne. Un produit que l'on pourrait pratiquement envisager pour le sport, puisque IP55 (poussière et projection d'eau), même si pas extrêmement respirant de par leur la bonne isolation (pour un modèle non-actif) et l'absence de mode Ambiant/Hearthrough (retour sonore des sons atténués par les embouts).

Étrangement, la boite de charge n'est pas aussi intéressante ou aboutie si l'on veut pinailler. Le plastique est assez proche des écouteurs, mais moins rugueux et surtout un peu moins dense, ne paraissant pas totalement dans se placer dans la même gamme. Rien de de très dérangeant à première vue, mais potentiellement plus ennuyeux sur la durée, les modèles Skullcandy n'ayant pas la réputation d'être très durables. Ici, cela se caractérise par une charnière avec un très léger jeu.

Second petit bémol avec sa taille, déjà très importante pour du True Wireless standard. Aucune des trois dimensions n'est vraiment énorme, mais aucune des trois non plus ne permet de compenser les autres. Ainsi, la boite des Sesh Evo n'est pas compatible avec toutes les poches.

Skullcandy Sesh Evo Clubic (12).jpg

Ce dernier point est en partie lié à sa batterie assez importante (nous le verrons). De plus nous avons droit à une connectique USB-C, ce qui n'est pas encore la norme absolue dans cette gamme de prix. Dommage de ne pas retrouver d'induction, mais cela est tout sauf une surprise pour 80 euros.


Une ergonomie complète, mais un brin complexe

Les contrôles des Sesh Evo se font sur un simple système de boutons de 1 à 4 clics suivant les situations, ainsi que sur des appuis longs.

Les commandes se disposent ainsi (accrochez-vous) :
  • 1 clic : Lecture/pause ; répondre à un appel/ raccrocher ; appairage avec l'application Tile
  • 2 clics : Réglage du volume (+ à droite, - à gauche)
  • 3 clics : Activation de l'assistant vocal
  • 4 clics : Changement de l'égaliseur prédéfini
  • Pression de 2 secondes : Changement de piste (piste suivante côté droit, piste précédente côté gauche)
  • Pression de 4 secondes : forcer l'extinction

Un petit coup à prendre donc, qui n'est pas aussi difficile qu'en le disant. Au moins les contrôles sont complets, loin de l'entre-deux de la plupart de ses concurrents. Les Sesh Evo n'intègrent pas de commandes spéciales autres que les égaliseurs, et sont dépourvus de capteurs optiques. Ainsi pas de pause automatique si l'un des écouteurs est retiré. On peut reprocher également aux boutons d'être un peu durs au déclenchement, ce qui va facilement faire bouger les écouteurs.

Skullcandy Sesh Evo Clubic (13).jpg

La boite joue également un rôle dans l'ergonomie, en affichant son propre niveau de batterie via un bouton en façade. Cet indicateur est un simple système de 4 LED, affichant par tranche de 20% environ.

Connectivité efficace et localisée

Contrairement au casque Skullcrusher ANC, les Sesh Evo ne sont pas compatibles avec l'application Skullcandy. L'intérêt aurait été limité, celle-ci ne proposant que quelques fonctions sommaires, mais cela aurait justement été l'occasion d'intégrer des fonctions annexes, un égaliseur paramétrable par exemple.

Cela n'empêche pas les écouteurs de proposer une bonne connectivité. Quelques sauts de son et légères désynchronisations droite-gauche ont bien ponctué notre expérience, mais la portée et la stabilité restent excellentes dans l'ensemble, l'utilisation des seuls codecs SBC et AAC n'y étant pas étrangers (codec AptX rarement aussi stable sur les True Wireless). Il est également bon de constater que les écouteurs peuvent s'utiliser indépendamment.

Skullcandy Sesh Evo Clubic (8).jpg

Petit argument supplémentaire du produit et de la plupart des produits de la marque, l'implémentation d'une balise Tile (pour localiser les objets perdus) dans chacun des écouteurs. Avec l'application homonyme et la reconnaissance des deux écouteurs, il est ainsi possible de les faire siffler, indépendamment, si ceux-ci restent dans le rayon de détection du Bluetooth. Il faut préciser que cette portée n'est pas celle qu'auraient les écouteurs en profil musical (très faible portée), mais celle correspondant à un pont de connexion en Bluetooth. Nous n'avons pas testé la portée exacte, mais celle-ci est normalement autour de celle d'un produit Tile sticker, c'est-à-dire 45 m en terrain dégagé.

Autonomie en très net progrès

Petit point faible des premiers Sesh, l'autonomie fait ici un bond de géant, en particulier sur le nombre de recharges de la boite. Cette dernière passe également du micro-USB à l'USB-C.

Les Sesh premiers du nom annonçaient 10 h d'autonomie au total, ce qui donnait en pratique 3 h 20 - 3 h 40 d'autonomie en simple charge et environ 2 recharges supplémentaires (jusqu'à 11 h donc). Ici les promesses ne sont déjà plus les mêmes, puisque Skullcandy annonce 24 h au total, ce qui est un très net progrès. Seule la recharge est un peu longue, puisqu'il faut plus d'une heure pour recharge totalement les écouteurs dans leur boite.

Skullcandy Sesh Evo Clubic (7).jpg

L'autonomie en simple charge peut légèrement varier suivant les tests, mais il faut préciser une chose : tester à un habituel 50 - 70 % de volume du smartphone/tablette n'a pas de sens ici, puisque le volume est ici beaucoup plus fort que la moyenne des écouteurs True Wireless (sans doute à cause de la fonction Tile, demandant du coffre). Ainsi, un 30 - 40 % de volume est déjà étonnamment important, facilement équivalent au 60 - 70 % des Freebuds 3i testés en même temps.

À ce volume, les écouteurs tiennent entre 4 h 50 et 5 h 20 (codec AAC) suivant nos tests, l'amélioration est donc sensible. La boite permet quant à elle près de 4 recharges supplémentaires, ce qui porte le chiffre total à près de 25 h. Si cela ne constitue pas un record, la performance est excellente et justifie déjà un peu le volume de la boite.

Micro : la moyenne minimum

Sans être bons, les micros intégrés aux Sesh Evo sont assez corrects. Leur dynamique est restreinte, et ils ont également tendance à appuyer un peu trop sur les aigus et les bas-médiums (son un peu plus tranchants que naturel), mais dans l'ensemble le rendu est acceptable. En milieu bruyant il ne faut vraiment pas s'attendre à des miracles puisqu'aucune isolation de la voix ne semble implémentée. La voix n'est alors pas une bouillie indigeste, mais peine clairement à surnager. Du micro correct, fonctionnel, pas trop sensible au vent, mais pas plus.

Un son bien rond

Vous connaissez les signatures descendantes ? Comme le nom l'indique, il faut prendre une valeur témoin à partir des basses, puis s'imaginer descendre en pente plus ou moins douce, de manière plus ou moins régulière, pour s'achever dans les aigus ou remonter histoire de ne pas devenir trop boueux.

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Les Skullcandy Sesh Evo sont clairement dans cette tendance, sans être trop caricaturaux. L'écoute est puissante, très ronde, et beaucoup plus enveloppante que vraiment aérée ou détaillée.

Pourtant, cette écoute très typée peut rester agréable. Contrairement à presque tous les modèles de ce prix, les Skullcandy n'essayent pas de trop faire chanter des aigus qu'ils ne maîtriseraient pas. Il y a bien une petite pointe d'aigus (sonnant un peu faux par ailleurs) dans l'écoute pour redonner un peu clarté, mais le son reste sombre d'une manière globale.

Les Sesh Evo restent d'un niveau technique suffisamment bon dans le registre des graves, le tout sans trop déborder dans les médiums. La seule faiblesse objective du produit reste sa lenteur et son manque d'aération. D'une certaine façon, les Sesh Evo sont d'excellents écouteurs Bass-Boost pour cette gamme de prix. Rien d'audiophile ou de très polyvalent (plutôt là pour les musiques modernes), mais efficace.

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Terminons sur la présence de 3 modes d'égalisation, que l'on peut basculer en appuyant quatre fois sur l'un ou l'autre des écouteurs. Le premier, Musique, est celui décrit plus haut. Le second, Film, est extrêmement proche, car ne propose que 2-3 dB supplémentaires dans une petite portion des aigus. Une différence parfois notable pour amener un peu de tranchant, mais pas de quoi donner un avis vraiment différent sur le caractère du produit. Enfin, l'égalisation Podcast remet largement plus en avant la neutralité des médiums et des aigus tout en sabrant totalement les basses. L'écoute se concentre totalement sur les voix, ce qui est assez logique vu le nom, en la rendant beaucoup plus reposante. Par contre, elle devient totalement inadaptée aux autres usages.

L'avis de Clubic sur les Skullcandy Sesh Evo

Complets et bien construits, les Skullcandy Sesh Evo améliorent l'expérience de la première génération pour proposer des écouteurs au son très typé et à l'autonomie enfin satisfaisante. Un modèle qui n'échappe clairement pas à des défauts pourtant évitables, mais pourra tout à fait combler l'amateur de signature basseuse.

Skullcandy Sesh Evo

7

Les plus

  • Bonne fabrication
  • Commandes complètes
  • Balise Tile intégrée
  • Autonomie totale
  • IP55

Les moins

  • Boite volumineuse
  • Boutons un peu durs
  • Son manquant de détails

Ergonomie7

Confort7

Isolation 8

Autonomie7

Son6


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