Test NVIDIA Shield Android TV 2019 : le caméléon à l'assaut de votre salon

Pierre Crochart Contributeur
08 février 2019 à 16h20
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La note de la rédac

Le (re)test 2019 : quelles nouveautés dans votre salon ?

Mise à jour du test :
Depuis la publication de notre test, Nvidia a sorti une nouvelle version de son boîtier Nvidia Shield TV, et l'a accompagnée de plusieurs mises à jour majeures modifiant profondément l'expérience.

Nous avons ainsi jugé que notre appréciation méritait une petite remise à niveau afin de vous faire part des nouveautés et surtout de dresser un état des lieux du service de cloud gaming GeForce Now, en bêta depuis près d'un an maintenant.


Pionnière en matière d'expérience multimédia lors de sa sortie initiale en 2015, la Nvidia Shield TV 4K a subi un lifting de premier ordre en début d'année 2017. Plus petite, elle corrige également un certain nombre d'impairs de son aînée en s'accompagnant notamment de la télécommande qui était auparavant optionnelle. Mais c'est avant tout du côté software que l'essentiel des ajouts a été fait par Nvidia. Tour d'horizon des nouveautés en ce début d'année 2019.

Si le marché des boîtiers multimédia a bien fleuri depuis la sortie du Nvidia Shield TV, peu sont à même de proposer une expérience aussi totale que celle de la marque au caméléon.

Affichée 199€ avec la télécommande ou 229€ avec la télécommande et une manette, le Shield Nvidia se cale pile dans le segment haut de gamme occupé par l'Apple TV 4K, mais propose une expérience autrement plus complète que celle-ci.



Nvidia Shield TV 2019
Le Nvidia Shield TV. © Pierre Crochart pour Clubic

Un design 40% plus compact

Partie émergée de l'iceberg : la dernière itération du Nvidia Shield TV est beaucoup plus compacte que son prédécesseur. 40%, très exactement. La machine de Nvidia ne mesure ainsi plus que 159 mm de large pour 98 mm de haut et 25,93 mm d'épaisseur. La balance affiche quant à elle 250 g seulement.

Le boîtier conserve son aspect rappelant une enveloppe et son liseré vert aux couleurs de la marque lorsqu'il est allumé.

Nvidia Shield TV 2019
Le Shield TV nouvelle version est 40% plus compact que son aîné. © Pierre Crochart pour Clubic

Mais qui dit cure d'amincissement, dit connectique qui se perd en route. Le Shield nouvelle version n'y coupe pas, et abandonne le port microSD, micro-USB et le capteur infrarouge pour l'usage des télécommandes universelles. La boîte ne propose donc plus qu'un duo de ports USB 3.0 Type-A, une sortie HDMI 2.0b (HDCP 2.2, 4K HDR 60 ips et 10 bits BT-2020), un port Ethernet de type Gigabit et le port d'alimentation propriétaire (40 W).

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Le nouveau Shield perd au passage son port microSD et micro-USB. © Pierre Crochart pour Clubic

Le Nvidia Shield TV réduit encore légèrement sa bouche d'aération - ce qui ne m'a nullement gêné durant mes tests, où le boîtier est resté totalement silencieux et n'a pas chauffé outre-mesure.

Nvidia Shield TV 2019
La bouche d'aération est plus contenue que sur le précédent modèle mais remplit bien son office. © Pierre Crochart pour Clubic

Du côté de la télécommande, les changements sont aussi significatifs. Tout d'abord, Nvidia troque la batterie pour un duo de piles, old school mais bien plus robuste à la longue. Aussi, on regrette que celle-ci perde en route sa prise jack - bien utile pour regarder ses contenus sans déranger les autres habitants de la maison.

Comme sur la première version, la télécommande se dote d'une zone tactile assez peu intuitive pour régler le volume. Dotée d'un microphone, on peut désormais interagir avec Google Assistant directement en l'appelant via la commande idoine, ou en appuyant sur le bouton micro.

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La télécommande (incluse) du Shield TV. © Pierre Crochart pour Clubic

Autre nouveauté de taille : la manette Shield. Si la première version empruntait volontiers à l'esthétique de la première manette Xbox ("The Duke"), cette nouvelle proposition s'intercale pile entre une DualShock 4 et un pad Xbox One.

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La nouvelle manette n'a vraiment plus rien à voir avec l'énormité de la première version. © Pierre Crochart pour Clubic

Plutôt jolie, cette nouvelle manette est recouverte d'un revêtement rappelant des origamis, et affiche quelque 257 g sur la balance. Une belle présence, concentrée sur la partie basse et qui permet un confort accru lors de longues sessions de jeu.

Les boutons permettant d'interagir avec les menus sont repositionnés en trio sur le bas de la manette, et on regrette que Nvidia n'ait pas pourvu cette zone d'un éclairage quelconque. Peu habitué à cette disposition, j'ai passé mon temps à confondre l'action des différents boutons. Une question d'habitude, évidemment.

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Le revêtement style "origami" est très agréable au toucher, et la prise en mains est idéale. © Pierre Crochart pour Clubic

La manette est alimentée par une batterie et se recharge simplement via un câble micro-USB fourni. On apprécie présence d'une prise mini jack 3,5 mm sur sa partie basse, et qui permet de faire le deuil de la disparition de celui-ci sur la télécommande du boîtier. La manette est aussi maintenant dotée d'un retour haptique, rendant l'expérience en jeu beaucoup plus actuelle.

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Une Apple TV 4K et une manette DualShock 4 (à gauche) et le Nvidia Shield TV, sa manette et sa télécommande (à droite). © Pierre Crochart pour Clubic

Quoi de neuf sous le capot ?

Pas grand-chose, pour ne pas dire rien. En effet, Nvidia n'a pas tenu à renouveler son hardware avec cette nouvelle version. Le Nvidia Shield TV jouit toujours des performances impeccables du Tegra X1, mais dans sa révision A2 - ce qui ne change pas énormément la formule.
On retrouve donc un SoC ultra puissant, doté d'un GPU 256 coeurs et épaulé par 3 Go de mémoire vive.

Au tournant, c'est donc une expérience de navigation ultra fluide qui vous attend, et l'assurance de jeux estampillés Play Store impeccablement stables.

Le stockage est quant à lui assuré par 16 Go seulement, mais Nvidia et surtout Android 8.0 Oreo vous permet d'y adjoindre un disque dur ou une clé USB afin de gonfler l'espace disponible.

Au niveau des fonctionnalités de lecture aussi bien audio que vidéo, nous vous renvoyons vers le test originel : rien n'a changé, et c'est pour le mieux.

Et l'interface dans tout ça ?

À l'heure où sont écrites ces lignes, le Nvidia Shield TV tourne sous Android 8.0 Oreo et laisse très largement le champ libre à Google Assistant en termes de navigation. Notons par ailleurs que la manette permet d'invoquer l'assistant Google sans les mains ; une fonctionnalité inédite sur les boîtiers multimédia à l'heure actuelle. La chose est bien entendu totalement optionnelle, mais quiconque est habitué aux interfaces made in Google trouvera rapidement ses marques. Au passage : on regrette toujours qu'il soit impossible d'éteindre le Shield. Seule la mise en veille est proposée, et continue ainsi d'alimenter les périphériques y étant branchés.

L'interface originale ne semble pas avoir été repensée outre mesure. L'accueil se décompose en plusieurs étagères regroupant là les dernières applications lancées, ici des recommandations personnalisées, ou encore évidemment un accès à la partie Nvidia Games qui va nous intéresser dans un instant.

Il est bien entendu possible de télécharger d'autres applications via le Google Play Store pour étoffer sa bibliothèque avec des fonctionnalités additionnelles.

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L'interface Android TV 8.0 n'a pas beaucoup changé.

Concentrons-nous désormais sur la partie dédiée aux jeux vidéo. Très largement mise en avant par Nvidia (en même temps c'est un petit peu son métier), cette partie de l'interface a subit de gros changements depuis la première version du Shield.

Ironiquement, le changement le plus visible est aussi bien une qualité qu'un défaut. Alors qu'il fallait auparavant jongler entre les jeux GeForce Now, GameStream et Android, l'interface groupe tout cela au même endroit. À vous de vous débrouiller pour faire le tri.

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Désormais, tous les jeux vidéo sont rangés au même endroit.

Il est bien entendu possible d'effectuer un tri grâce au panneau latéral (genre de jeux, compatible GeForce Now, inclus avec Shield, etc.), mais la phase d'adaptation est plus longue que nécessaire pour un espace dédié à du divertissement.

On pestera aussi sur le fait de devoir scroller jusqu'en bas de la page pour trouver les paramètres de cette section du Shield. Les intégrer en tant que menu contextuel dans le panneau latéral eut été une plus judicieuse idée.

Et GeForce Now, c'est bien maintenant ?

Attaquons le vif du sujet. À l'origine, GeForce Now était un abonnement facturé 9,99€ / mois et qui permettait à ses souscripteurs de jouir d'une sélection de jeux accessibles depuis un boîtier ou tablette Nvidia Shield ; le tout, intégralement dans le cloud.

Une proposition ô combien appétissante (et novatrice avec ça), mais qui s'est malheureusement heurtée à l'époque à l'infranchissable mur d'un catalogue de contenus plus triste que celui d'un frigo étudiant.

Dans les faits : rien n'a changé à ce niveau là. Le catalogue "inclus dans l'abonnement GeForce Now" n'est pas mieux pourvu qu'il ne l'était il y a deux ans, et affiche des titres à la fraîcheur toute relative (Bioshock, The Witcher 2, Spec Ops: The Line, etc.).

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Les titres du catalogue Shield ne sont pas de première fraîcheur.

Mais plutôt que de développer son offre de contenus, Nvidia a sans doute souhaité améliorer son infrastructure réseau. Un point qui avait particulièrement fait tiquer Julien dans son test d'alors.

Aussi que tout le monde se rassure : le cloud gaming est une réalité, même avec une fibre modeste. Instant confessions : je dispose d'une fibre Red by SFR premier prix qui m'octroie un débit de 100 Mb/s, et je n'ai rencontré aucun problème pour jouer au moindre jeu aussi bien en journée que le soir.

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Une "petite" connexion fibrée est suffisante pour profiter du cloud gaming. © Speed Test

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Une vraie amélioration depuis 2015, où il était tout bonnement impossible de jouer en heure de pointe à cause de la congestion du réseau.

Dans tous les cas, il vous est possible d'être averti des perturbations sur le réseau par le biais de l'interface en surimpression.

Focus sur les jeux GeForce Now

Comme vous le lisiez plus haut, la liste des jeux inclus dans votre abonnement GeForce Now est des plus réduites. Mais au moins, vous avez la certitude qu'ils tournent impeccablement bien.

Pour rappel, le principe du cloud gaming consiste en un jeu vidéo qui est joué depuis une plate-forme distante (ici d'énormes serveurs équipés de GPU Tesla) et qui vous renvoie le résultat. Dépendant de votre connexion internet, la latence et la qualité du flux vidéo reçu est plus ou moins élevée ; mais comme je l'indiquais plus haut, n'importe quelle connexion fibrée doit pouvoir faire l'affaire.

J'ai ainsi pu tester les différents jeux du catalogue Shield, et aucun n'a fait montre de la moindre résistance. Tous, sans exception tournaient en 1080p 60 ips, mais il est même possible d'aller fouiner dans les options graphiques pour pousser les détails encore plus haut. Bioshock et Spec Ops, par exemple, ont pu être lus en 4K avec tous les réglages au maximum. Un net progrès de la part de Nvidia sur ce point par rapport à notre constat de 2015 !

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Un indicateur (en haut à droite) vous permet d'avoir l'oeil sur l'état de la connexion (désactivable). © WB Games

Pour ce qui est de l'input lag, il dépendra comme nous l'avons dit de la fiabilité de votre débit. Aussi on remarquera que Nvidia n'a inclus aucun jeu online à son catalogue. Un risque que le constructeur n'ose pas franchir, et on le comprend. La chose est peut-être un brin prématurée. Les pro gamers le constateront peut-être même rien qu'en jouant quelques parties de Ultra Street Fighter IV. Les novices, eux, n'y verront que du feu.

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Il est possible de jouer à plusieurs localement sur le Shield TV. © Capcom

Notez par ailleurs qu'il est tout à fait possible de jouer en multijoueurs localement sur le Nvidia Shield TV. En effet le boîtier est totalement compatible avec les manettes PS4 et Xbox One, sans configuration requise.

La grosse nouveauté : jouer à ses jeux Steam, Uplay et Battle.net depuis le Shield

C'est LA nouveauté essentielle des dernières mises à jour du service par Nvidia : vous avez désormais un accès total à votre bibliothèque Steam, Uplay (Ubisoft) et Battle.net (Activision-Blizzard) par le biais de GeForce Now.

Autrement dit, le problème du catalogue daté du service Nvidia n'en est plus un, et vous avez ainsi accès à toutes les dernières nouveautés vidéoludiques.

Mais c'est peut-être là que l'on comprend que le service soit toujours en bêta : l'instabilité est de mise.

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Steam sur GeForce Now : une réalité... mais encore en bêta.

Concrètement, il sera vraiment difficile de savoir quel jeu tournera convenablement ou non. Des différents essais que j'ai pu mener, le service m'a offert des performances tantôt impressionnantes, tantôt décevantes.

Doom (2016) par exemple, a pu être joué en 4K avec tous les réglages à fond à plus de 60 images par seconde. No Man's Sky, lui, peinait à se maintenir à flots à 30 images par seconde en 1080 p avec les réglages sur "moyen".

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Doom (2016) en 4K et tous les réglages à fond ? Plus de 60 fps constants ! © Bethesda

Shadow of The Tomb Raider lui évoluait entre 30 et 45 fps en 1080 p et des réglages high/ultra. Même constat pour PUBG, pour lequel j'ai dû réduire la voilure des réglages pré-établis afin de conserver un 60 fps constant.
Du cas par cas donc.

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Fortnite tournait impeccablement avec des réglages High/Ultra en 1080p. © Epic Games

Sur Battle.net, le service de Cloud Gaming de Nvidia s'en sort un peu mieux, et m'a permis d'enchainer les parties d'Overwatch en 1080p60 sans aucun problème. Notez que dans le cas d'un jeu lancé à partir de Steam ou autre plate-forme, il est bien entendu possible de jouer en branchant un clavier et une souris à son Shield TV.

Quid de l'installation des jeux ?
C'est bien beau de pouvoir accéder à ses jeux Steam, mais comment s'installent-ils sur un boîtier de 16 Go ?

Ils ne le font pas, tout simplement. Depuis l'interface Nvidia Games du Shield, tous les jeux portant un bandeau "GeForce Now" peuvent être lancés sans installation préalable depuis les serveurs Nvidia. Ceux qui ne disposent pas de ce bandeau doivent être téléchargés et installés, mais cela se fait du côté des serveurs du constructeur ! Autrement dit : en deux temps, trois mouvements. J'ai par exemple dû télécharger No Man's Sky pour y jouer. Quelque 23 Go qui ont été engloutis en un peu moins de 10 minutes par GeForce Now.
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Le téléchargement des jeux se fait côté serveur, et donc avec des débits extrêmement rapides.

Un service accessible aussi sur PC et Mac

Autre grosse nouveauté du service de cloud gaming Nvidia : il est utilisable depuis un ordinateur sous Windows ou macOS. Vous avez bien lu : vous pouvez désormais jouer à des jeux vidéo récents sur votre MacBook Pro ou votre Surface.

Le service se présente par le biais d'une interface assez similaire au programme GeForce Experience que les possesseurs de cartes Nvidia connaissent bien, et permet de lancer aussi bien les jeux Shield que ceux hébergés sur Steam, Battle.net et Uplay.

J'ai ainsi été en mesure de progresser tranquillement sur Destiny 2 en résolution 2560 x 1600 avec tous les paramètres à fond sur mon MacBook Pro à plus de 60 images par seconde. Épatant.

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Destiny 2 en 2560x1600 avec tous les réglages au maximum ... sur un MacBook Pro. © Activision


(2019) Nvidia Shield TV : toujours la meilleure, et plus encore

À l'heure du bilan, difficile de pester contre quoi que ce soit.

En termes de multimédia, nous l'avons dit et redit : il n'y a strictement rien à redire sur ce Shield TV nouvelle version. Le boîtier est ultra véloce et vous permet de lancer n'importe quel contenu dans les meilleures conditions possible. On apprécie d'autant plus que c'est désormais une télécommande qui est fournie de série, et plus la manette (en option).
Cette dernière profite d'ailleurs d'une superbe cure d'amincissement qui lui permet d'atteindre sans mal le top 3 des gamepad les plus sexy du moment.

Enfin, nous saluons les efforts de Nvidia en matière de cloud gaming. Même si le service est encore en bêta en ce début 2019, difficile de ne pas s'émerveiller devant un jeu lancé à la volée et s'affichant dans un niveau de détails optimal sans qu'il soit hébergé par une machine à domicile.
La majorité des constructeurs nous rabâchent les oreilles concernant ce cloud gaming qui va révolutionner les usages. Il faut l'essayer pour le croire... et je pense que j'y crois.

NVIDIA Shield Android TV

Les plus
+ Prise en charge 4K native
+ De la puissance sous le capot
+ Fluidité et écosystème Android TV
+ Le meilleur boîtier Android TV 4K
+ GeForce Now bluffant
Les moins
- Pas de sortie audio sur la box
Ergonomie/design
Fonctionnalités
Compatibilité
Performances/prix
4.5

(2015) Introduction & boîtier

NVIDIA confirme ses ambitions pour sa gamme Shield et continue ses développements. Après avoir proposé une console portable de son propre cru, la Shield Portable, une tablette pour joueurs, la Shield Tablet, la marque californienne s'attaque au salon avec la Shield Android TV.

Si le lancement de la Shield Android TV intervient aujourd'hui en France, nos amis américains peuvent se la procurer depuis quelques mois déjà. NVIDIA entend ici se faire une place dans votre salon dans un marché qui compte déjà divers acteurs : l'Apple TV bien sûr, dont le nouveau modèle arrive cet automne, mais aussi Roku, qui ne devrait pas tarder à arriver en France alors que le marché hexagonal est marqué d'une spécificité bien française, la présence des box opérateurs. Et bien sûr, difficile d'oublier dans ce panorama le phénomène Chromecast.

Après un été mouvementé - NVIDIA a dû rappeler l'ensemble de ses Shield Tablet pour risque d'incendie, ainsi que les Shield Android TV avec disque dur, du fait d'une panne de certains disques durs -, cette actualité récente ne doit pas nous distraire de la promesse de la Shield Android TV : celle d'un boîtier externe compatible 1080p et 4K capable aussi bien d'exceller comme Media Center que de proposer le meilleur des jeux, le tout sous Android TV, le dernier OS de Google pensé pour le salon. La réalité est-elle à la hauteur de la promesse ?

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Le boîtier

Le boîtier inaugure un look assez original qui évoque, dans ses dessins, celui d'une enveloppe. Assez compact, et tout de noir, il inspire confiance d'autant qu'il pèse dans les 650 grammes. Tout au plus regrettera-t-on le revêtement de plastique noir brillant sur une partie de la surface qui s'avère sensible aux traces et autres rayures.

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Au démarrage, un liseré vert s'illumine sur le pourtour du relief supérieur du châssis : il sera possible d'éteindre complètement (ou de diminuer) cet éclairage. Qui plus est, un bouton tactile permet d'allumer ou d'éteindre la Shield par simple effleurement. Curieusement, celui-ci est frappé du logo NVIDIA ce qui n'est pas des plus instinctifs.

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Réglage de l'intensité du rétroéclairage de façade


La Shield Android TV s'installera à plat, mais un dock pour la positionner à la verticale est commercialisé séparément (contre 34,99 euros). Fait de métal, le dock comporte une surface à sa base qui le maintient fermement en place une fois posé sur le meuble, et un revêtement feutré pour accueillir la box en douceur.

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Niveau connectique, NVIDIA propose un port HDMI, deux ports USB 3.0, un connecteur Ethernet (qui donne du fil à retordre avec certains câbles RJ45), un port micro-USB 2.0, un lecteur microSD (jusque 128 Go) ainsi qu'un connecteur d'alimentation... propriétaire. NVIDIA accompagne sa Shield Android TV d'une alimentation secteur externe, mais rassurez-vous le transformateur est plutôt compact. En façade aucune connectique : c'est dommage car cela aurait facilité le branchement de clés USB par exemple.

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La technique

Au cœur du boîtier, on retrouve une puce à architecture ARM maison, le fameux Tegra X1 avec ses quatre cœurs ARM 64 bits et sa partie graphique de génération Maxwell avec 256 cœurs CUDA. Autant dire qu'elle est plutôt bien armée côté SoC, aidée par 3 Go de mémoire vive. Évidemment, qui dit SoC puissant, dit ventilation et la Shield Android TV est bien dotée d'un système de refroidissement. Celui-ci a toutefois le très bon goût de s'avérer véritablement silencieux avec une fine grille au dos.

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Ceci permet à la box de prendre en charge les formats vidéo VP9, H265 (y compris en profil Main 10) et H264 et ce, avec une définition atteignant l'Ultra HD, autrement (mais à tort) appelée 4K. Attention, le format Blu-ray 3D n'est pas géré, non que le matériel ne le supporte pas, mais ce n'est pas prévu pour l'heure par NVIDIA. Le support du son 5.1/7.1 (jusqu'au 24 bit 192kHz) est de mise et NVIDIA adopte une connectique HDMI 2.0. Le protocole HDCP est à jour en version 2.2 ce qui s'avère un atout pour éviter les limitations en 4K. En revanche, pas de sortie audio old school de type optique par exemple.

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Jen-Hsun Huang, PDG de NVIDIA, présentant le Tegra X1


Avec un circuit Wi-Fi i802.11ac embarqué avec configuration MIMO 2x2 2.4 GHz et 5 GHz, la Shield Android TV intègre également un circuit Bluetooth 4.1. Le réseau filaire est de type Gigabit Ethernet. En façade, elle est équipée d'un récepteur infrarouge qui permet l'utilisation de télécommandes universelles dont les fameuses Harmony de Logitech (c'est bien vu !).

Concernant le stockage, la box offre de base 16 Go d'espace. Vous l'avez déjà lu, il est possible d'étendre cette capacité via le lecteur de cartes microSD embarqué : via un tour dans les réglages système Android, les applications installées à partir de ce moment-là le seront sur la carte SD, mais les téléchargements depuis les apps se feront toujours dans les 16 Go de la console, limitation Android oblige.

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Installer les applications Android sur carte microSD


NVIDIA propose tout de même une version Pro de la Shield TV avec un disque dur hybride de 500 Go. Pas sûr que cela soit pertinent, car pour les gros consommateurs de vidéo, 500 Go c'est finalement assez peu pour stocker de la série ou du film.

Premiers contacts

La mise en route de la Shield Android TV est rapide : le boîtier démarre en un clin d'œil et le premier boot est l'occasion de saisir son compte Google et son mot de passe. Les comptes sécurisés par une double authentification semblent quelque peu mal gérés (plusieurs fois nous avons eu une page non disponible), mais avec un peu d'insistance on parvient à se connecter.

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Interface Android TV


L'interface d'Android TV est réduite à sa plus simple expression : avec un fond d'écran NVIDIA, quelques tuiles, et un minimum d'applications préinstallées. NVIDIA fournit quatre raccourcis de son cru : GeForce Now, Shield Games (un store applicatif de jeux pensés pour Shield), GameStream et Netflix, l'application vers le célèbre service de streaming vidéo étant préinstallée. Autre app préinstallée pour les connaisseurs : Plex. Il s'agit ici d'une app qui permet la diffusion de contenu média depuis un serveur de stockage de fichiers, tel un NAS, avec au besoin, transcodage à la volée. Et l'on retrouve YouTube sur la box.

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Plex sur Shield Android TV


Les paramètres sont, pour l'heure, très peu nombreux et il n'est pas possible d'éteindre la Shield TV depuis l'interface, seulement de la mettre en veille ou la redémarrer. En veille, tous les périphériques USB connectés continuent de fonctionner puisqu'ils sont encore alimentés.

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Mais pourquoi diable n'est il pas possible d'éteindre sa Shield Android TV ?


Android TV

Android TV oblige, la Shield Android TV offre un accès au PlayStore ainsi que des applications photos, musique et vidéo... évidemment signées Google. On retrouve donc son environnement Google habituel et on peut reprendre la lecture des morceaux de musique hébergés dans le Cloud via Google Music. Dans ce cas de figure, et selon le morceau, des photos de l'artiste s'affichent tandis que Google Now est alors contextualisé : son activation permettra de rechercher uniquement des chansons depuis Google Music.

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Google Music


Les habitués, téléchargeront rapidement Kodi pour lire les films et autres séries stockés sur leurs médias externes (clés USB, disque dur). Si l'app Google embarquée permet de le faire, son ergonomie est, à notre goût, insuffisante, car elle n'est pas capable d'afficher le nom des fichiers, par exemple, ce qui rend difficile le repérage dans les fichiers d'une même saison.

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Le Google PlayStore


Le PlayStore Android TV n'est toutefois pas extensible à l'infini et pour l'heure, les applications médias sont peu nombreuses. On retrouvera MyTF1 (limité à la VOD), France 24 Info, Culture Box et Gulli, mais point de 6play pour M6 ou de MyCanal. Pour MyCanal ou Pluzz de France TV s'il n'y a pas d'app native, la solution réside dans la diffusion depuis son smartphone ou sa tablette.

Android TV met l'accent sur Google Now. Aussi, le contrôleur NVIDIA est-il doté d'un microphone, tout comme la télécommande Shield optionnelle. D'une pression sur le bouton (qui s'illumine de vert sur la télécommande), Google Now vous écoute et répond à votre requête. On peut ainsi interroger le système sur la météo, lui demander qui dirige une société, ou obtenir des résultats de sport. Mais l'interrogation sur le cours d'une action boursière par exemple, n'est pas gérée : et on est redirigé vers une liste de résultats Google plutôt qu'un affichage clair et simple.

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Google Now dans ses oeuvres


À l'usage, Google Now ne nous a pas semblé prépondérant avec la version actuelle d'Android TV. En tout cas, cela fonctionne, et plutôt bien, puisque notre voix est correctement reconnue dans la plupart des cas. Reste qu'au-delà de la découverte on y retourne finalement peu.

À noter au passage qu'Android TV ne dispose d'aucun navigateur Web embarqué. Au-delà des résultats de recherche renvoyés par Google Now à vos requêtes vocales, pas moyen de surfer sur « les Internets » sans installer manuellement le fichier .apk pour un navigateur tierce.

De l'installation

Selon votre téléviseur ou la configuration de votre home-cinema quelques questions se posent lors de l'installation. Dans un environnement Full HD 1080p avec un téléviseur 1080p donc, la Shield Android TV se branche en direct à votre téléviseur ou peut être connectée à un amplificateur home-cinema compatible HDMI 1.xx sans souci (dans ce dernier cas de figure c'est donc l'ampli qui est branché au téléviseur et la Shield à l'amplificateur).

Dans le cas d'une configuration 4K avec un amplificateur home-cinema non compatible (non compatible 4K ou non compatible HDMI 2.0/HDCP 2.2), il est tout à fait possible de brancher la Shield Android TV en HDMI directement au téléviseur 4K et d'utiliser le canal ARC via un second câble HDMI vers l'amplificateur pour bénéficier du retour audio. Selon la marque de votre téléviseur, cela se fait plus ou moins facilement. Le branchement en direct du boîtier au téléviseur 4K passera par la connectique HDMI 2.0 et activera la protection HDCP 2.2 requise par certaines apps, comme Netflix, pour la diffusion de contenus UHD. Bon point, NVIDIA livre un câble HDMI 2.0 compatible 4K. Sur notre téléviseur de test, un petit détour dans les réglages système permettra de sélectionner le port HDMI dédié au canal retour audio.

A propos d'audio, il est à noter que NVIDIA propose une app de synchronisation pour bien caler le son au rythme de la vidéo et éviter le plus possible les désynchronisations. Dans les réglages de la Shield Android TV on trouve également la possibilité de paramétrer la sortie HDMI selon trois fréquences de rafraichissement : 60 Hz (mode par défaut), 50 Hz et 24 Hz. Ce réglage est manuel et se fait sur interaction de l'utilisateur.

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Toutefois, les apps comme Kodi peuvent jouer sur ce réglage en direct si l'option est bien activée dans leur paramétrage avancé, comme montré ci-dessous :

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Mais toutes les apps n'en sont pas encore capables et ainsi Netflix n'est pas à même de switcher automatiquement la fréquence de rafraichissement du HDMI, du moins pour le moment.

Une télécommande optionnelle

Alors que la Shield Android TV est livrée avec une manette de jeu, la télécommande est proposée séparément à l'achat, au prix de 54,99 euros. Celle-ci est faite d'aluminium sur le dos, embarque un micro ainsi qu'un connecteur jack audio, et dispose à sa surface d'une zone tactile pour régler le volume. On retrouve un cercle de direction comme sur l'Apple TV avec bouton central de clic, un bouton précédent et un bouton avec un cercle.

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On a, en prime, le bouton Google Now qui s'illumine en vert dès qu'on l'active pour lancer la reconnaissance vocale. La télécommande Shield est évidemment pourvue d'une batterie qui se rechargera via son connecteur USB.

À noter que la Shield Android TV est compatible HDMI CEC : du coup, la télécommande de votre téléviseur peut devenir télécommande de la Shield ce que nous avons pu vérifier tant chez Sony que Panasonic. Les télécommandes des deux marques permettent de naviguer dans l'interface d'Android TV et une pression sur le bouton de marche/arrêt met en veille téléviseur, Shield Android TV et amplificateur home-cinema. Bien sûr, dans ce scénario la fonction Google Now de reconnaissance de la voix n'est pas exploitable si la télécommande du téléviseur n'a pas de micro.

La Shield Android TV à l'usage

Ce qui frappe, c'est sa réactivité. La box de NVIDIA est véloce, vraiment véloce, et répond instantanément. Le lancement des apps est un pur bonheur, comparativement aux souffrances que certains téléviseurs connectés nous infligent, et il est bien plus rapide de lancer Netflix et d'accéder à son catalogue sur la Shield Android TV que sur sa Xbox One par exemple. Une comparaison qui tourne également à l'avantage de la Shield face à la génération actuelle d'Apple TV, qui est pourtant l'une des interfaces Netflix les plus rapides du moment. Et regarder ses séries en 4K est non seulement pleinement fonctionnel, mais également plaisant. Dommage toutefois que le catalogue 4K de Netflix soit si restreint, mais c'est un autre débat. Dans tous les cas on trouvera quelques séries comme Blacklist ou Narcos et l'on est surpris de constater que même en utilisant des CPL (tout de même des modèles puissants) entre la box et la Shield Android TV le flux Netflix est sans accroc aucun en 4K.

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Netflix en Ultra HD


Android TV étant finalement assez simple, la navigation se fait de manière intuitive dans l'interface même si le passage de la manette NVIDIA, livrée par défaut, à la télécommande peut parfois dérouter. Clairement, la manette Shield livrée avec la Shield Android TV a été pensée pour les Shield Tablet, non la console. Du coup, on perd par exemple la zone tactile dédiée au contrôle de la souris qui devient ici inutile. Le bouton microphone, dédié à Google Now et clairement matérialisé comme tel sur la télécommande est remplacé par le bouton au logo NVIDIA vert de la manette. Précisons au passage que l'on peut associer plusieurs manettes pour jouer à plusieurs notamment.

Lors de nos tests, nous avons tenté d'appairer, avec succès, un clavier Bluetooth avec souris intégrée, à l'appareil. C'était un DiNovo Mini de Logitech : dès son association un curseur apparaît à l'écran. On se passera volontiers du curseur de souris dans son salon, en revanche, le véritable clavier peut remplacer avantageusement le clavier virtuel Android TV.

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Connexion d'un clavier Logitech DiNovo Mini à la Shield Android TV


Et puisque nous parlons clavier, sachez que la Shield Android TV reconnaît nativement les claviers filaires USB mais également les claviers sans fil avec un dongle comme l'Unifying du Logitech K830 : dans ce cas de figure on a non seulement le clavier sur l'interface Android TV mais également la souris (le K830 regroupe un clavier et un touchpad). Le fabricant suisse, Logitech, dont nous parlons décidément beaucoup dans ce test propose qui plus est dans sa base de données Harmony une configuration prédéfinie pour la Shield Android TV : en quelques clics depuis l'app Harmony, on ajoute la commande de la Shield Harmony TV à son Harmony.

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Piloter sa Shield Android TV depuis Harmony : c'est possible !


La lecture des médias stockés sur NAS ou clé USB (exFAT et NTFS notamment) ne nous a posé aucun souci. Kodi fonctionne comme attendu et avale à peu près tout et propose bien un mode passthrough. Nous avons pu lire avec succès des fichiers MKV 1080p encodés en H.264 High Profile avec un débit de 4 à 9 Mo/s notamment. Plex est aussi opérationnel et nous avons eu ici quelques coupures en lecture, mais difficile de savoir quel élément de la chaîne en était responsable : le serveur, le fichier, ou la transmission par CPL à la Shield Android TV.

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Kodi à l'oeuvre


Dans tous les cas, la box nous a littéralement bluffé par ses capacités média : excellente avec Netflix, elle excelle en Media Center et rend notre PC de salon inutile... lent, gros et encombrant.

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La prise en charge du Cast est au menu et l'on peut diffuser sur la Shield Android TV ses contenus médias depuis son smartphone, tablette ou PC, mais aussi la page web en cours d'affichage sur Chrome via le complément Cast disponible sur le Chrome web store. Mais attention le casting d'une page web aura pour effet d'interrompre votre lecture musicale depuis Google Music par exemple alors que la navigation dans la page se fera toujours depuis le PC/Mac qui la diffuse : les contrôles ne sont pas transmis à la Shield Android TV. Petite précision au passage, Google propose bien avec son extension Cast pour Chrome le partage d'écran : vous pouvez alors diffuser l'entièreté de votre bureau sur la Shield Android TV.

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Il y a bien quelques bugs, mais aucun d'eux n'est véritablement bloquant : du bruit aigu que Kodi nous a soudainement sorti en lecture d'un MKV en mode passthrough alors que toute la chaîne HDMI était fonctionnelle (un redémarrage a corrigé le souci) à l'affichage d'écrans flashy où le blanc était remplacé par du rose et le noir par du vert (éteindre/rallumer l'amplificateur fut la solution, non les multiples redémarrages de la Shield), NVIDIA et Google ont encore du travail dans la correction de bugs. À noter également quelques très rares claquements dans l'audio sur le canal ARC lors des visionnages Netflix en UHD. La traduction en français de l'interface est correcte mais pas totalement complète dès lors que l'on s'aventure un peu trop dans les menus. Et l'on ne goûte guère à cette Shield Android TV qui, en veille, continue de chauffer. Et avant de parler de veille précisons qu'à l'instar des clés Chromecast, sans interaction de votre part, la Shield Android TV se met à diffuser diverses photographies de paysages.

De l'intérêt du gaming

NVIDIA a dans son ADN le gaming. La marque promeut cette valeur depuis le début avec ses développements Shield. C'est le cas de cette box qui permet de jouer aux jeux Android comme Pac-man 256, mais aussi aux jeux stockés sur son PC via GameStream.

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Ici big up à NVIDIA, car GameStream fonctionne sans broncher. Il suffit que votre PC de jeu, tout de même pourvu d'une GeForce, soit allumé (au besoin la console peut le réveiller) pour que l'on démarre à distance une partie de n'importe quel jeu. Ça marche, et ça marche même très bien. On ne regrettera que l'absence d'outils de remapping des raccourcis clavier/souris à la manette Shield. Et évidemment, certains jeux comme les RTS plus pensés pour la souris, ne brillent guère, au contraire des FPS comme Far Cry 4.

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Navigation dans la bibliothèque GameStream


Et de pester sur le fait que GameStream n'est pas transparent sur le PC de gaming : si quelqu'un veut l'utiliser pour des tâches annexes, ce n'est pas possible.

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Comme sur Shield Tablet, NVIDIA a intégré à son Android TV un accès à ses fonctions de partage : d'une pression longue sur le bouton « Home » de la manette, on active les raccourcis en surimpression pour Twitch, l'enregistrement automatique ou manuel d'une partie, ou la fonction de capture d'écran. On retrouvera dans l'interface la possibilité d'activer ou non le chat et le micro.

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Deux jeux en GameStream : Bioshock Infinite, Alien Isolation et Cities Skyline


GeForce Now

Depuis plusieurs années, NVIDIA parle de son initiative de Cloud Gaming. Anciennement baptisée NVIDIA GRID, celle-ci devient GeForce Now (les joueurs Playstation n'y verront pas une possible similitude avec un service du nippon). Précédemment ouvert à tous et plus ou moins gratuit, GeForce GRID démarre sa carrière commerciale.

À la manière de Netflix ou d'Apple Music, GeForce Now se veut être un service de streaming de jeux vidéo. Les jeux s'exécutent dans un serveur NVIDIA et sont diffusés chez vous comme un flux vidéo. NVIDIA dispose pour l'instant d'une infrastructure modeste en Europe avec deux serveurs : l'un en Irlande l'autre en Allemagne, c'est d'ailleurs sur ce dernier que nous nous sommes systématiquement connecté.

Le service est bien sûr payant et après la période d'essai gratuite généreuse de trois mois, il vous en coûtera 9,99 euros TTC chaque mois. Le catalogue de base contient une cinquantaine de jeux plus ou moins emblématiques, mais pas toujours de première fraîcheur comme : Witcher 2, Lego Marvel Super Heroes, GRID Autosport, MotoGP 14, Batman : Arkham City, Batman : Arkham Asylum, Batman : Arkham Origins ou encore Saints Row : The Third et Dirt 3. Le service peut également accueillir des sorties récentes comme The Witcher 3 ou Resident Evil : Revelations 2. Sauf que pour ces titres, il faudra bourse délier et les acheter sur le magasin NVIDIA au même prix que sur Steam avec pour certains titres, une clé d'activation qui permet d'ajouter le jeu à son PC, pour d'autres non.

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Le catalogue GeForce Now


Évidemment qui dit Cloud Gaming, dit connexion Internet. Car ici, il faut minimiser les temps de latence pour que les jeux soient réactifs et avoir assez de bande passante pour acheminer un flux vidéo fluide en 720p ou 1080p. GeForce Now s'adresse donc plutôt à des utilisateurs avec une connexion Internet musclée.

Nous pensions que sur notre configuration de test avec une liaison Fibre Orange 100 Mbps, nous étions dans les conditions idéales. Ce ne fut pas le cas, mais nous conviendrons volontiers que notre connexion ne peut être représentative de l'ensemble des connexions de France et de Navarre. Nous avons d'abord cru que c'était dû à l'usage de CPL entre la box et la TV du salon. Nous avons donc basculé sur le Wi-Fi i802.11ac embarqué de la box en sachant que nous utilisions un point d'accès sans fil Netgear i802.11AC en lieu et place du Wi-Fi natif de la Livebox. Sans noter de progrès, nous avons donc rapproché la Shield Android TV de la Livebox pour la connecter en direct avec un bon vieux câble RJ45. Peine perdue : lors de nos tests en soirée le ping avec les serveurs de NVIDIA s'avère toujours horriblement élevé : de plus de 100 ms à parfois 500 ms, des frames se perdent et la gigue est anormalement élevée elle aussi.

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GeForce Now : inutilisable sur Orange... le soir


Et alors que tous les indicateurs sont au rouge sur GeForce Now, Speedtest nous indique au même moment et très tranquillement un ping de 2 ms, un débit descendant de 94 Mbps et un débit montant de 70 Mbps.

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Quand le Speedtest fait mal à GeForce Now


Le plus intéressant dans l'histoire, c'est qu'au petit matin, sur le coup des 7 heures, GeForce Now devient parfaitement utilisable, et le test réseau intégré nous remonte les valeurs suivantes (ici en filaire donc) :

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Au petit matin, GeForce Now passe au vert


Bref. Visiblement, quelque chose ne va pas dans le service GeForce Now et ce n'est peut-être pas tant NVIDIA qu'il faut blâmer, que l'opérateur, qui pourrait limiter le service en heure de pointe. Mais il est vrai que si NVIDIA n'a, semble-t-il, pas négocié d'accord de peering... Orange voit peut-être d'un mauvais œil cette bande passante consommée. Et comme si cela ne suffisait pas, il faut aussi faire, comme pour tout service de cloud, avec les éventuels downtimes du service côté NVIDIA, c'est à dire les périodes où les serveurs ne répondent simplement pas : sur cinq jours de test nous avons rencontré le problème à deux reprises. Le premier étant lié à une migration planifiée chez NVIDIA, le second peut être une conséquence de notre ping alors trop élevé en heure de pointe...

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Des serveurs aux abonnés absents


Qui plus est, tous les jeux ne sont pas égaux sur GeForce Now. Certains s'exécutent en 1080p 60 images/seconde, d'autres en 1080p 30 images/seconde. On peut le savoir en cliquant le bouton « En Savoir Plus » sur la fiche de chaque jeu. On pourra également forcer l'exécution d'un jeu en 720p pour palier d'éventuels problèmes de connexion.

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Des jeux à plusieurs vitesses sur GeForce Now


Et ce n'est pas la seule déconvenue : ainsi Witcher 3 ajouté à notre compte de test en tant que jeu vidéo acheté, s'exécute en anglais : on peut bien passer l'interface et les menus en français, mais les voix restent en anglais. Ce n'est d'ailleurs pas le seul titre en anglais, la quasi-totalité des jeux proposées s'exécutant dans cette langue (Trine 3, Homefront, etc). Il est possible à tout moment de suspendre une partie pour vaquer à d'autres occupations. Toutefois, le service garde votre session en suspens pendant 5 minutes, pas plus. Un jeu comme Witcher 3 révèle d'autres petits détails : NVIDIA exécute en effet le jeu avec des options graphiques réglées sur le minimum ! Ainsi HairWorks, dont NVIDIA nous parle pourtant souvent, est désactivé. Ces réglages peuvent être manuellement activés, mais à chaque redémarrage du jeu ils sont remis à zéro. La raison ? Les serveurs qui font tourner GeForce Now ne sont pas encore passés aux dernières architectures graphiques de la marque au caméléon et ont donc du mal avec certaines options avancées (pour l'heure il s'agit de puces Kepler).

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Un jeu NVIDIA qui s'exécute avec ses options au minimum sur GeForce Now


Arrêtons ici notre liste de griefs envers GeForce Now. Car évidemment, les jeux que nous avons essayés que ce soit Trine 3 ou Witcher 3 étaient difficilement jouables dans ces conditions avec beaucoup trop de lag pendant les périodes qui semblent correspondre aux horaires de pointe de notre opérateur Internet, à savoir Orange. Peut-être qu'avec un autre opérateur Internet, nos observations auraient été différentes... Notons toutefois que de bon matin, lorsque le ping est acceptable et tourne autour des 17ms, il est possible de jouer sans encombre aux titres du catalogue GeForce Now ce qui contraste donc furieusement avec l'expérience nocturne. On aura ainsi pu progresser dans Trine 3, mettre quelques raclées dans Batman: Arkham City mais également se frotter aux soldats nord-coréens dans Homefront. Et quand la connexion va... tout va ! Un jeu comme Homefront, FPS par nature, met d'ailleurs en lumière quelques phénomènes d'input lag : la visée est lente et si nous avons l'habitude des jeux console, ici viser avec les sticks de la manette Shield est un sacré exercice !

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Tentative de jeu avec Witcher 3


(2015) Conclusion

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A l'heure du bilan, la Shield Android TV a tout pour plaire ! Le design est plutôt surprenant, les performances du Tegra X1 sont clairement au service d'Android TV, les possibilités de l'écosystème semblent larges et la box fait un superbe lecteur de médias. Bien meilleur que la plupart des set-top box Internet du marché français, la réception TV en moins évidemment. Et forcément la comparaison face à la Freebox Mini 4K tournera à l'avantage de NVIDIA.

Excellent lecteur média, elle se veut aussi une console de jeux Android. C'est contrat rempli lorsqu'on considère les jeux Android ou la fonction GameStream, bien que nous soyons plus sceptiques sur l'achat d'un terminal de salon pour jouer sur le canapé aux jeux sur son PC. En revanche, le service de Cloud Gaming, GeForce Now, dépend fortement de votre connexion Internet. Ainsi, il a été, avec notre ligne de test pourtant fibrée, inutilisable en soirée mais fonctionnel en journée.

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Mais en tout état de cause, la vraie valeur de la Shield Android TV est dans ses capacités média. C'est probablement aujourd'hui le meilleur boîtier multimédia que l'on peut connecter à une TV, et un boîtier qui est prêt pour la 4K et supporte les technologies qui en découlent comme le HDMI 2.0 et le HDCP 2.2. Et quand Apple s'apprête à lancer une nouvelle génération d'Apple TV toujours limitée au 1080p, la Shield Android TV s'impose comme une vraie alternative avec un catalogue d'apps qui permet déjà de se faire plaisir (merci Kodi et Plex !).

Oui, mais voilà. NVIDIA a décidé de livrer sa box avec une manette de jeu. La même que celle qui était optionnelle du temps de la Shield Tablet. Et si elle est bienvenue pour ceux d'entre vous qui opteront pour la console de NVIDIA dans le but de jouer, pour ceux qui seraient tentés de l'acheter pour voir des films et autres séries, la manette est inutile et on lui aurait préféré la télécommande optionnelle. Un bundle avec la télécommande aurait beaucoup plus de sens et aurait positionné la Shield Android TV à un tarif plus agressif. Car à 199 euros TTC le modèle 16 Go, sans la télécommande, le ticket d'entrée est élevé, peut-être même, aussi cher, voire plus cher, que la future Apple TV, c'est dire !

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En définitive, NVIDIA a un superbe produit qui constitue la bonne surprise de cette rentrée. Le potentiel du boîtier est évident et on peut faire confiance à la marque pour le faire évoluer régulièrement de manière logicielle. On regrettera juste la politique commerciale (une manette dans la boîte plutôt qu'une télécommande) et les aléas de GeForce Now que nous avons pu subir sur notre connexion de test : la bonne nouvelle c'est que comme nous ne pouvons tester l'ensemble des connexions Internet de France avec GeForce Now, vous pourrez toujours profiter des trois mois d'essai gratuits pour vous faire une idée.

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Modifié le 17/06/2019 à 14h50
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