Test Marshall Emberton : une mini-enceinte rock, étanche et puissante

Guillaume Fourcadier
Spécialiste Audio
01 août 2020 à 12h01
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Comment concilier l'esthétisme rock typique des produits Marshall avec la vision d'habitude lumineuse et colorée des enceintes waterproof ? Marshall tente avec l'Emberton d'amener un modèle Bluetooth IPX7 (immersion totale) dans cette petite jungle dominée par les Sony et autres Ultimate Ears. Un modèle juste prêt à faire briller son esthétisme ? Ou vrai modèle ambitieux ?

Fabrication au top, le vinyle en moins

Sans pouvoir aller titiller les modèles plus volumineux, l'Emberton conserve cette touche Marshall assez caractéristique. Forme parallélépipédique aux angles arrondis, enveloppe noire et touche façon laiton, grille métallique à l'avant et à l'arrière. Une vraie Marshall format mini. Bien sûr, derrière tout cela se cache toujours le fabricant Zound Industries, qui a su parfaitement amener ce souffle presque authentique sur les enceintes Bluetooth et enceintes connectées.

Ici la seule différence avec les enceintes plus puissantes et non-IPX7 est l'utilisation d'un plastique recouvert de silicone texturé, s'éloignant donc légèrement du revêtement vinylique que nous connaissons bien, sans perdre en cachet.

Peu importe le revêtement, puisque le rendu est tout à fait sérieux, largement à la hauteur des meilleurs du genre. Comparé à une référence
bien établie, la Boom 3 de Ultimate Ears, la Marshall Emberton à ce côté plus dense, encore plus solidement assemblé.  La tenue dans une main est également parfaite, la Marshall faisant bien la synthèse entre sa forme légèrement allongée et l'épaisseur demandée pour ne pas glisser trop facilement. Nous le verrons, cette prise à une seule main implique même les contrôles.

Difficile de lui reprocher quoi que ce soit, à part un côté vite salissant, façon attrape-poussière. Heureusement que la certification IPX7 permet de la passer sous l'eau ou de l'immerger pour la rincer efficacement (n'allez pas la savonner non plus !).

Forcément, nous avons testé cette certification en le soumettant à l'immersion (20 min dans 50 cm d'eau). L'appréhension est toujours là, d'autant que de microbulles peuvent toujours se former en surface, notamment vers les haut-parleurs, mais l'enceinte a tenu le coup et fonctionne toujours aussi bien. En revanche, et il est toujours important de le rappeler, le pont Bluetooth décroche après seulement quelques centimètres de profondeur. Ce, protocole, qui plus est basse consommation, n'est pas vraiment compatible avec la densité de l'eau.

 Ergonomie complète et simplissime

Les enceintes connectées, un peu à l'image des casques, cherchent toujours la recette de l'ergonomie parfaite. Et à l'instar de son casque Marshall Monitor II ANC, Marshall opte ici pour un joystick multifonction, particulièrement pratique. 4 directions (volume et navigation) et cliquable
(lecture/pause, allumage/extinction). Il permet de tout faire à l'aveugle,
quand presque tous ses concurrents en sont encore à multiplier les boutons. Une approche simple et intelligente.  

Un deuxième minuscule bouton est là pour l'appairage. Enfin, un indicateur de batterie LED à 10 niveaux permet d'avoir une idée assez précise de la charge. Cet indicateur n'est pas d'une précision incroyable, mais il permet là-aussi d'avoir une idée bien plus précise qu'avec ses adversaires, surtout si le niveau ne s'affiche pas sur Android ou iOS.

Pour ne pas paraitre anachronique, la Marshall Emberton intègre une discrète prise USB-C, bien camouflée sur l'un des côtés.

Pour terminer en beauté, l'enceinte est compatible multipoint, permettant une connexion simultanée à deux appareils, tout en basculant d'un flux à l'autre sans déconnexion.

Une autonomie dans la bonne moyenne

Avec 20 h d'autonomie, la Emberton est annoncée dans la moyenne haute des enceintes de ce type. Certains fabricants annoncent plus de 30 h, d'autres autour des 10 h, tout est souvent une affaire de taille d'enceinte et d'activation de telle ou telle option lumineuse.

 En pratique, les 20 h sont à peu près respectées, puisqu'à volume assez élevé, nous sommes parvenus autour des 18 h 30, tout en pouvant dépasser les 21 h dans un mode d'écoute plus serein (façon écoute de podcast).

La recharge complète prend environ 2 h 30, ce qui est un peu en-dessous de ce qui est annoncé, sachant qu'un mode de recharge rapide permet
d'atteindre 5 h d'autonomie avec 20 minutes de charge (plutôt 4 h selon nos mesures). Quelques modèles de cette gamme de prix étant encore en micro-USB, l'USB-C pourrait presque être vu comme un avantage ici.

Un son qui fait le maximum avec ce qu'il a

La taille, problème principal d'une enceinte Bluetooth. En effet, la problématique de puissance et surtout la faible surface possible des
haut-parleurs ne permettent généralement pas de descendre aussi bas en
fréquence qu'un modèle plus imposant.

Ici, Marshall choisi une approche assez classique, et sans doute la plus efficace : une disposition à deux haut-parleurs de 2" (environ 5 cm de diamètre), alimentés par deux amplificateurs classe D de 10 W chacun,
chaque haut-parleur étant secondé par un radiateur passif. Le radiateur passif peut se décrire comme un haut-parleur dont on aurait retiré le moteur (aimant et bobine), permettant de résonner à une certaine fréquence grâce à la pression interne de l'enceinte (pression issue des haut-parleurs). Le radiateur passif fonctionne comme une sorte de bass-reflex amélioré, et reste un très bon moyen d'étendre la réponse en fréquence dans le bas du spectre.

Ajoutez à cela un son 360° grâce à une disposition des haut-parleurs de part et d'autre des grilles, et la marque est, sur le papier, parée pour envoyer du bon son bien gras.

À l'écoute, l'expérience à quelque chose d'assez satisfaisant. Nous ne sommes pas dans ce qui se fait de mieux techniquement, le Sony SRS-XB33 étant par exemple bien plus maitrisée (à défaut d'être vraiment plus agréable à l'écoute), mais la Marshall Emberton comprend assez bien ses propres limitations, ce qui lui permet d'être à la fois assez percutante, d'aller suffisamment loin dans les basses fréquences, le tout sans déborder. Marshall pousse assez sensiblement les bas-médiums (un classique pour cette marque), histoire de rendre des voix très chaudes, de laisser une signature plus ronde que froide, et de faire suffisamment illusion sur les très basses fréquences.  

Clairement, le produit est plus adapté aux genres un peu percutants, type rock et électro, avant d'être taillé pour les styles très ronronnants. Plus on approche des 60 Hz, ce qui est la limite basse annoncée par la marque,
plus la distorsion commence à se faire ressentir. Misez-donc sur un 80 Hz
encore exploitable, ce qui est suffisant pour donner du corps, de la profondeur aux morceaux.

Les aigus sont… tout à fait classique dans cette gamme de prix. Pas extrêmement étendus ni extrêmement détaillés, ils restent suffisants pour faire illusion, donner du tranchant et de la clarté sans paraitre trop
artificiels. Il est important de rappeler que ce type d'enceinte, loin d'être
audiophile, est avant tout là pour être puissante, le raffinement n'étant pas
la première qualité recherchée (pour cela, il y a les enceintes classiques et
non IPXX).

Plus imposante, la XB33 de Sony est également plus impressionnante techniquement, car descendant plus bas, maîtrisant mieux ses aigus et son niveau de détails, restant un peu plus puissante également, mais au prix d'une musicalité un peu en-deçà, légèrement plus terne suivant les
morceaux.  

La sonorité à 360° se tient plutôt bien. Rien d'incroyablement enveloppant, mais aucun "angle mort", ce qui permet de poser l'ensemble sans trop se soucier de l'emplacement exact.

Terminons par le seul vrai bémol, la puissance finalement assez faible. Sans doute pour ne pas dépasser ses limites et faire exploser la distorsion, l'Emberton reste dans une optique assez modeste, suffisante pour la plupart des configurations, mais destinée à rester dans les petits espaces. Un équivalent Bose ou, encore une fois, l'équivalent Sony SRS-XB33, auront plus de réserve. Cette dernière reste une tête devant, mais pour un volume deux fois supérieur.

L'avis de Clubic sur le Marshall Emberton

Sans être géniale, la nouvelle Emberton de Marshall coche pratiquement toutes les cases faisant d'elle une bonne enceinte waterproof. Une
fabrication sans défaut, une prise en main excellente, une ergonomie bien
étudiée, le multipoint, et un son suffisamment dynamique et rond pour ne pas donner l'impression de manquer de quelque chose. Pas l'enceinte ultime, mais un bon petit produit bien abouti.

Marshall Emberton

8

Bien fini, ergonomique et IPX7, La Marshall délivre en plus un son tout à fait correct pour sa taille et son prix. Une très bonne petite enceinte, à défaut d'être la meilleure du genre

Les plus

  • Fabrication exemplaire
  • Multipoint
  • Ergonomie efficace
  • Son suffisamment musical

Les moins

  • Pas la plus technique du genre
  • Aucune fonction annexe

Fabrication 9

Ergonomie 8

Son 7

Modifié le 03/08/2020 à 10h58
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