Quand l'Ina fait ses premiers pas sur le Web

19 mai 2006 à 13h33
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La sauvegarde des bandes 2 et 1 pouces

Ce n'est qu'en 1976, avec l'arrivée des premières cassettes ¾ pouces, que l'enregistrement s'est fait sur cassettes. Auparavant, il avait lieu sur bandes, de 2 puis 1 pouce de largeur. L'enregistrement sur bandes 2 pouces s'est fait dès 1958 aux États-unis, et quelques années plus tard en France. Les bandes 1 pouce leur ont succédé et ont principalement été utilisées de 1991 à 1994. Contrairement aux choix faits pour la restauration (on restaure à la demande), ici on assure la sauvegarde systématique des fonds antérieurs à 1990.

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Les fonds antérieurs à 1990 font l'objet d'une sauvegarde systématique


Le cas des bandes 2 pouces

De tous les supports que l'Ina aura vu défiler, celui qui se sera fait le plus remarquer par sa longévité est la bande 2 pouces : elle aura en effet été en usage de 1962 à 1986, soit 24 années, un record pour un tel support. Et malgré son grand âge, il ne s'agit pas de celui qui a le plus mal vieilli, ou encore du plus difficile à numériser. En effet, la bande est large et contient peu d'informations. Ces dernières sont redondantes donc aisément récupérables lorsque le support est endommagé.

La machine devant laquelle nous nous arrêtons est presque unique en son genre et l'on peut quasiment la qualifier de survivante. On aborde ici l'une des nombreuses difficultés rencontrées par l'Ina dans la poursuite de sa mission : la disparition et la vétusté du matériel nécessaire à la lecture des différents types d'archives. La société qui l'a construite et qui fabrique les têtes s'apprête à cesser son activité et les personnes capables d'assurer la maintenance se font rares et âgées : se posent le problème de la transmission de leur savoir-faire, de la disponibilité des pièces de rechange... L'Ina réagit en stockant des têtes (il faut les changer toutes les 500 heures) et en bichonnant cette machine jugée « intransportable ». Le traitement des bandes restantes est encore estimé à deux années, au terme desquelles cette machine qui aura alors quelques 45 ans au compteur pourra prétendre à une retraite bien méritée dans un musée !

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Cette machine de plus de 45 ans ne pourrait supporter un déménagement ; on lui dispense le maximum d'attentions


La partie restauration des bandes 1 pouce a été pour nous l'occasion de voir plus particulièrement le traitement réservé aux bandes « à problème », ce que l'on vous invite à découvrir un peu plus bas.

Le nettoyage

Avant de copier les bandes, on procède à leur nettoyage. Une lame gratte les saletés tandis qu'une bande récupère les poussières. Au moyen de ce procédé, on fait tomber les particules qui de toute façon ne demandaient qu'à se détacher, et qui auraient pu empêcher le lecteur d'afficher le signal. La copie peut ensuite se faire dans de bonnes conditions.

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Le nettoyage consiste à retirer les poussières susceptible d'empêcher la lecture et la copie

Lorsqu'il faut recourir aux grands moyens

Pour la lecture de ses bandes 1 pouce et ¾ pouce, l'Ina possède un parc de huit machines. Pour ces machines, la question de la pérennité se pose à nouveau mais dans une moindre mesure : sept machines sur les huit que possède ce service de l'Ina sont consacrées au traitement des bandes et sont maintenues dans un état de fonctionnement « normal ». Une huitième se voit réservée la délicate tâche de traiter les bandes à problème. C'est une machine que l'on accepte de dérégler pour s'adapter aux spécificités de chaque bande.
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Cette machine peut être librement déréglée en fonction des besoins spécifiques des bandes

On pousse la porte de la « clinique »

Les bandes traitées ici sont susceptibles de plusieurs allers-retours vers une machine que l'on pourrait qualifier de « machine de la dernière chance ». C'est sur ses rayonnages qu'arrivent les bandes dans un état critique, le plus souvent celles qui se sont agglomérées. Pour décoller les parties qui le nécessitent, le principe consiste à soumettre les bandes à une montée en température progressive tout en augmentant le degré d'hygrométrie. Le traitement peut durer toute une nuit, au terme de laquelle on cherchera à nouveau à exploiter les bandes et à assurer leur copie. Toutefois, certaines peuvent se montrer retorses au traitement et nécessiter jusqu'à cinq passages « en clinique ».

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Les bandes récalcitrantes sont chauffées pour pouvoir être lues et copiées


On ignore encore si ce traitement n'a pas des effets néfastes à long terme, mais le choix est fait de faire primer la sauvegarde du contenu sur celle du support d'origine. Sur 1 000 bandes traitées, seules cinq resteront illisibles. Toutefois, on les conserve en se disant que peut-être un jour viendra où l'on saura les lire.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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