Photo numérique : au-delà du mode automatique

le mardi 16 août 2005

Les principaux réglages

Voici les principaux réglages qui permettent de s'assurer de la réussite de l'exposition et de la qualité de rendu d'un cliché.

La sensibilité

Monter en sensibilité permet de conserver une vitesse d'obturation suffisante pour pouvoir photographier à main levée. La sensibilité est la valeur numérique, exprimée en ISO (International Standards Organisation), qui indique la sensibilité à la lumière. Un nombre élevé (800 ISO par ex.), est l'indice d'une grande sensibilité. Le film (c'est un concept plus facile à expliquer en reprenant les termes de l'argentique) sera alors dit « rapide » puisqu'il permet d'obtenir une bonne exposition à des vitesses d'obturation élevées. Un film pourvu d'un nombre faible (50 ISO) sera dit « lent » parce qu'il nécessitera une durée d'exposition longue pour permettre une bonne exposition.

On utilise :
  • Une sensibilité élevée dans le cas de scènes sombres.
  • Une petite valeur pour des scènes très lumineuses, la vitesse d'obturation étant de toute façon élevée.

A chaque niveau de sensibilité, la vitesse d'obturation est divisée par deux :


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100 ISO (1 s) - 200 ISO (1/2 s) - 400 ISO (1/4 s) - 800 ISO (1/8 s)


Il y a pourtant une contrepartie à cela : l'apparition de bruit numérique (artefacts colorés capturés par le capteur aux hautes sensibilités ou lors de poses longues).

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Le bruit numérique fait perdre de la netteté à l'image


La sensibilité est l'un des points pour lesquels la différence est la plus perceptible entre une pratique numérique et argentique. En numérique, il est possible de passer, sur deux images consécutives, de 50 à 1 600 ISO (plein soleil puis intérieur d'un bâtiment obscur), tandis qu'en argentique le photographe doit finir sa pellicule avant de pouvoir opter pour un film plus rapide ou plus lent.

Quelques conseils :
  • Identifiez le seuil critique gain en vitesse / perte en qualité (à cause d'un bruit trop présent) et évitez de le dépasser : 200 ISO est souvent déjà une sensibilité limite sur un compact.
  • En mode automatique, la sensiblité varie généralement de sa valeur nominale jusqu'à 200 ISO ; si le bruit est déjà très sensible à 200 ISO, réglez manuellement l'appareil sur sa sensibilité nominale plutôt que de le laisser faire du gain.
  • Plutôt que de monter en sensibilité, stabilisez l'appareil (en utilisant un trépied, en le posant sur un muret, etc.) et effectuez une pose longue.
  • Post-traitez le bruit lorsqu'il est trop présent au moyen de plugins intégrés à votre logiciel de retouche ou de logiciels gratuits (NeatImage, NoiseWare, Hotpixels).
  • Le bruit numérique passe mieux en noir et blanc : c'est une façon économique de « sauver » vos photos les plus bruitées.

La balance des blancs

La balance des blancs est le dispositif qui assure la correction des couleurs en fonction de la lumière qui éclaire la scène. La couleur du blanc (sic) varie effectivement en fonction du type de lumière. Si l'œil corrige automatiquement ces dominantes, il n'en est pas de même pour l'appareil : les photos prises sous éclairage artificiel auront une dominante orangée, celles prises sous un plein soleil une dominante bleue.

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Ce que voit votre œil, ce que l'appareil capture


Réglée sur auto, la balance des blancs est adaptée à la plupart des situations, mais pas aux plus extrêmes (éclairage artificiel, plein soleil, ciel nuageux). Dans ces différents cas, un meilleur rendu sera obtenu :
  • En faisant appel à une balance préprogrammée pour les principaux types d'éclairage : jour, nuageux, tungstène, fluorescent en ajoutant parfois quelques déclinaisons : tungstène 1, tungstène 2, etc.
  • En effectuant manuellement une balance des blancs lorsque l'appareil le permet : placez-vous dans le mode souhaité, et positionniez une feuille blanche à une dizaine de centimètres de l'objectif.
  • En réglant - lorsque l'appareil le permet -, la température de couleur (exprimée en ° Kelvin) en fonction de la source d'éclairage.

Voici quelques valeurs repères :
- Lampe à incandescence : 2 500 °K
- Lampe halogène: 3 400 °K
- Lampe fluorescente : 4 000 °K
- Lumière du jour : 5 600 °K
- Ciel couvert : 6 000 °K
- Ombre : 7 000 °K


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De 2 900 à 9 900 ° Kelvin
Voici une variation de balance effectuée sur une scène située à l'ombre découverte


Deux cas à part :
  • Il est parfois difficile de savoir quel type de balance utiliser lorsque l'on est face à un éclairage mixte (lumière du jour, halogène et tungstène mélangées). Les deux solutions les plus satisfaisantes seront alors d'effectuer une balance manuelle ou bien d'unifier la température de couleur en utilisant un flash.

  • Quelle balance utiliser lorsque l'on photographie au flash ? La température de couleur du flash est proche de celle de la lumière du jour : régler la balance sur cette valeur donne donc des résultats satisfaisants. Lorsque l'appareil dispose d'une balance « flash », c'est alors celle qu'il faut privilégier. En cas de doute, reportez-vous au manuel de votre appareil.

Quelques conseils :
  • Pensez à revenir en mode automatique après utilisation d'une balance pré-programmée sous peine de désagréments lorsque vous reprendrez votre appareil.
  • N'hésitez pas à « jouer » avec la balance des blancs pour obtenir des effets intéressants : vous pouvez simuler des vues de nuit en optant pour un réglage de type incandescent ou obtenir simplement les mêmes effets qu'avec des filtres colorés (effectuez une balance manuelle sur un papier de couleur au lieu d'un papier blanc).

La mesure d'exposition

Lorsque l'on photographie, on utilise nécessairement un type de mesure d'exposition, réglé pour rendre la scène sous la forme d'un gris moyen à 18%. Le type de mesure proposé par défaut est le mode multizones, qui effectue des mesures sur toute la surface de l'image pour calculer la meilleure exposition. Avant de tâcher de corriger l'exposition au moyen de la touche dédiée (Voir "La correction d'exposition"), il faut choisir le type de mesure le plus adapté à la scène que l'on photographie.

Spot
La mesure spot (ou sélective) mesure la lumière réfléchie sur une zone restreinte, souvent matérialisée à l'écran ou au viseur par un cercle. Cette mesure n'utilise qu'un seul collimateur (que l'on peut parfois déplacer en-dehors de la position centrale) pour effectuer le calcul d'exposition. Elle est très pertinente dans le cas de scènes avec de forts écarts de luminosité (là où la mesure multizones montre ses limites). Voici comment tirer au mieux parti de sa grande précision :
  • Faire une mesure spot sur une partie blanche de l'image (robe de mariée par ex.) et sur-exposer de 2 IL.
  • Faire une mesure spot sur une charte gris neutre (réfléchissant 18 % de la lumière) ou à défaut dans le creux de la main (dos orienté vers le sujet) en surexposant d'1 IL.

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Mesure effectuée sur une zone d'ombre, puis sur une zone claire. Pour éviter ce résultat, il faut faire suivre la mesure spot d'une correction d'exposition.


A retenir : : la mesure spot est une mesure locale et précise, et c'est ce qui fait sa valeur.

Quelques conseils :
  • Si votre appareil ne permet pas de décaler la zone de mesure de sa position centrale, effectuez la mesure sur la zone qui vous convient (celle que vous souhaitez voir correctement exposée), verrouillez l'exposition (déclencheur maintenu à demi-enfoncé ou utilisation du bouton dédié) et recadrez.

Pondérée
La mesure de type pondérée tient compte de la lumière réfléchie par la majeure partie de l'image présente dans le viseur, tout en favorisant les sujets situés près du centre. Elle "ignorera" ainsi un ciel très clair situé dans la partie supérieure de l'image. La mesure pondérée donnera de bons résultats dans la plupart des scènes d'extérieur.

Multizones
En mesure multizones (ou matricielle), plusieurs cellules évaluent différentes zones lumineuses de la scène, et non uniquement une zone (mesure spot) ou la partie centrale (dans le cas d'une mesure pondérée). Dans ce mode, l'appareil détecte les parties les plus lumineuses et les plus sombres et les compense automatiquement, en comparant les mesures pour chaque segment aux milliers de scènes de référence enregistrées dans une mémoire.

La mesure multizones est fiable dans 95 % des cas, mais elle n'est pas précise (A la différence de la mesure spot, il est ici impossible de savoir comment l'appareil réagira). Elle convient pour les photos généralistes sans contraste difficile, quand le sujet photographié ne se démarque pas énormément en terme de luminosité du reste de la scène, ou quand tous les éléments sont importants (photo de groupe, paysages, etc.)


La correction d'exposition

La correction (ou compensation) d'exposition est un réglage parfois délicat à comprendre et réaliser. C'est un moyen d'interagir sur l'automatisme de mesure de lumière de l'appareil : il est donc actif en modes semi-automatiques (priorité) et automatique, mais non en mode manuel où l'exposition est gérée manuellement au moyen du couple ouverture / diaphragme.

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Sans et avec une correction de -0,7 IL ; la sous-exposition renforce les textures


On agit sur la compensation lorsque l'on pense que l'automatisme va se tromper, ce qui est particulièrement probable dans les cas suivants :
1 - Lorsque la plus grande partie ou la totalité de l'image est occupée par un élément très lumineux ou très sombre (Neige, robe de mariée, plage sous le soleil).
2 - Lorsqu'un petit sujet clair est placé sur un fond sombre ou inversement.

L'appareil est réglé pour rendre des tons moyens (correspondant à un gris 18 %). Dans le cas (1), il attribuera cette valeur moyenne à l'étendue de neige, qui sera rendue par un ton gris. Je dois donc surexposer pour lui faire retrouver sa blancheur. Dans le cas (2), sa réaction sera fonction de la part des zones sombres et claires. Ainsi :
  • Dans le cas d'un petit objet clair placé sur un fond sombre : l'appareil va être tenté de rendre les zones sombres (les plus présentes dans l'image) dans un ton moyen en augmentant la luminosité de l'ensemble de l'image et donc celle de notre objet clair. On doit donc sous-exposer.
  • Dans le cas d'un petit objet foncé placé sur un fond clair : l'appareil va assombrir le fond clair, et rendre ainsi totalement noir mon petit objet. On doit donc surexposer pour lui redonner du détail.

La correction d'exposition se fait sur des valeurs comprises généralement sur une échelle de +/- 2 IL (Indice de Lumination). Pour déterminer la bonne correction d'exposition, il faut bien souvent tâtonner : + 1/3, + 2/3 d'IL, etc.

Quelques conseils :
  • Dans le cas d'écarts de luminosité très importants, il est préférable d'abandonner la mesure multizones pour passer en mesure spot.
  • Une sous-exposition peut être utilement utilisée pour augmenter le contraste (matière d'un ciel) et renforcer les textures d'un objet.
  • Promener le viseur sur la scène (objet clair ou foncé dans l'ombre ou dans la lumière, etc.) pour avoir une idée de la façon dont va réagir l'appareil ; on peut être surpris en constatant que les paramètres ne changent pas ou peu alors que l'on a une impression visuelle de gros changement.
  • Il est impossible, lorsque la scène est très contrastée, d'exposer correctement à la fois pour les ombres et les hautes lumières. Il faut donc privilégier les unes ou les autres. Néanmoins, une façon d'obtenir une exposition satisfaisante consiste à prendre deux photos (l'une pour les ombres, l'autre pour les hautes lumières) et à les superposer dans un logiciel de retouche.

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Dans le cas de scènes à fort contraste, on expose soit pour les ombres, soit pour les hautes lumières



Le bracketing

Le bracketing est le procédé qui consiste à prendre plusieurs vues consécutives d'un même sujet en décalant légèrement l'exposition : une photo nominale correspondant à la valeur indiquée par la cellule, une surexposée et une sous-exposée. L'intervalle le plus courant entre les vues est d'1/3 d'IL ; on peut également le modifier pour le régler sur des écarts plus importants (2/3 d'IL, etc.).

La valeur proposée par la cellule est généralement fiable. Le bracketing peut être une démarche systématique (mais il faut alors prévoir la carte en conséquence), mais il est surtout justifié dans le cas de scènes présentant un fort contraste de luminosité susceptible de tromper la cellule : une rue avec des maisons en plein soleil et d'autres dans l'ombre par exemple. L'intérêt du bracketing est de pouvoir augmenter les chances de réussir l'exposition lors de la prise de vue : la sélection du meilleur cliché se fait ensuite sur le PC.

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Exposition nominale, - 1/3 d'IL, + 1/3 d'IL


A noter :
  • Il existe d'autres types de bracketing que le bracketing d'exposition, jouant tous sur un léger décalage en plus ou en moins : bracketing de diaphragme, de contraste ou de couleurs par exemple.
  • Le bracketing peut également être mis à profit pour associer trois images en une selon le principe du HDRI qui permet de disposer d'une image parfaitement exposée et comprenant des détails tant dans les ombres que dans les hautes lumières (voir cette page pour des exemples de réalisations).
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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