Dans son rapport 2018, l'ANSSI fait état d'une cybermenace plus forte que jamais en France

le 22 avril 2019 à 20h19
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ANSSI

Si le nombre de signalements et d'incidents de cybersécurité a diminué l'an passé, la cybermenace fait peser un risque qui n'a jamais été aussi grand.

L'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) a fait comme la CNIL en publiant son rapport annuel d'activité le lundi 15 avril 2019. Le bilan dévoilé par le service pourrait presque être rassurant sur le plan mathématique, car après tout, il se caractérise par un nombre de signalements d'incidents en baisse, qu'ils soient minimes ou majeurs. En revanche, la professionnalisation de la cybercriminalité est une source d'inquiétude pour le service de sécurité informatique.

Une baisse frappante des interventions


Sur l'actualité opérationnelle et le nombre d'interventions menées en 2018, l'ANSSI annonce avoir enregistré 1 869 signalements, contre 2 435 en 2017, soit une baisse de 30,3 % du nombre d'interventions. La diminution est encore plus frappante s'agissant des incidents hors opérateurs d'importance virale (OIV), qui sont passés de 794 en 2017 à 391 en 2018, tout simplement divisés par deux. Le nombre d'incidents majeurs traités est lui aussi en franche diminution, 16 en 2018 contre 20 en 2017 (-20 %).

L'ANSSI note que les attaques les plus visibles se matérialisent par des opérations de sabotage, l'espionnage étant le risque le plus important pour les organisations.

Cinq grandes tendances en 2018


L'année 2018 fut marquée par plusieurs tendances des menaces. Il y a d'abord l'exfiltration de données stratégiques, pour laquelle l'agence a constaté un intérêt grandissant des cyberattaquants dirigé vers des secteurs d'activité d'importance vitale et des infrastructures critiques. Les attaquants font ainsi preuve d'une grande discrétion et mettent à profit une véritable sophistication technique en procédant à des attaques très ciblées.

On retrouve aussi ce que l'ANSSI appelle les attaques indirectes. Ici, le pirate cible un intermédiaire comme un prestataire ou un fournisseur, de façon à « exploiter la relation de confiance qui l'unit à la cible finale pour toucher cette dernière ». Le souci ici est que plus cible finale renforce sa cybersécurité, plus les attaques indirectes vont être dirigées vers ces intermédiaires.

Une autre tendance consiste à mener des attaques informatiques avec pour but la déstabilisation et l'influence. À la portée de groupes ou d'individus isolés, ces hacks peuvent aller de la simple indisponibilité du service touché au sabotage en bonne et due forme.

Ensuite, l'ANSSI a observé une recrudescence des attaques visant à l'enrichissement personnel des hackers. Organisés en réseaux, les cybercriminels se jouent des failles de sécurité de systèmes d'information pour compromettre des équipements par le biais d'un dépôt discret de mineurs de cryptomonnaie.

Enfin, l'agence nationale n'exclut évidemment pas la fraude en ligne, qui reste une menace perpétuelle sur Internet. Mais la manière de procéder évolue. Les hackers ciblent davantage des collectivités territoriales ou des acteurs de la santé, encore insuffisamment protégés. L'objectif des cybercriminels, ici, est de procéder à un vol de données personnelles ou à une demande de rançon.

Inculquer une « culture de la sécurité numérique »


Pour limiter les attaques informatiques et les conséquences désastreuses qui vont avec, l'ANSSI suggère la diffusion d'une vraie « culture de la sécurité numérique » basée notamment sur l'anticipation, qui permet d'atténuer les risques, aussi bien au sein des collectivités que des PME ou des établissements de santé. Via une méthode d'analyse de risques baptisée EBIOS Risk Manager, l'agence encourage la création et la mise en œuvre de politiques de management des risques numériques complètes, à la fois adaptées et intégrées au plus haut niveau hiérarchique.

L'ANSSI travaille par ailleurs à la création d'un référentiel des prestataires d'administration et de maintenance sécurisées (PAMS), qui devrait voir le jour avant la fin 2020. Celui-ci nécessite une réflexion autant au niveau français qu'au niveau européen, au travers de l'Enisa, l'agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l'information.

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