Une enquête de la DGCCRF épingle de nombreux vendeurs d'électronique et d'électroménager. Près d'un sur deux masque les garanties légales des consommateurs, tout en poussant des extensions payantes souvent trompeuses.

La garantie légale de conformité protège gratuitement tous les achats d'électronique et d'électroménager pendant deux ans. Pourtant, selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes , qui a communiqué en début de semaine, cette information reste inaccessible dans près d'un magasin sur deux. L'enquête menée par la DGCCRF auprès de 83 enseignes dévoile des pratiques commerciales déloyales massives, à base d'information invisibilisée, de confusion volontaire avec les garanties constructeurs, et de publicités mensongères sur les extensions payantes.
Près d'une enseigne d'électronique sur deux épinglée pour défaut d'information sur les garanties
L'enquête de la DGGCRF, menée depuis 2023, a visé tous les acteurs du secteur. Les grandes surfaces spécialisées, les fabricants, les sites de vente en ligne et même les revendeurs d'occasion, ont tous été épiés par la Répression des fraudes. Parmi les produits contrôlés, on retrouve des téléphones portables, téléviseurs, consoles de jeu, appareils photo, mais aussi tout l'électroménager, du petit mixeur au gros réfrigérateur. Le résultat est franchement sans appel, puisque 38 établissements sur 83 contrôlés étaient en infraction, soit près d'un sur deux 46%.
Quel est le cœur du problème ? En fait, les vendeurs occultent vos droits légaux gratuits. Chaque consommateur bénéficie automatiquement de deux protections : la garantie de conformité (deux ans pour tout défaut du produit) et celle contre les vices cachés (défauts graves non visibles à l'achat). Mais lorsqu'on essaie de trouver cette information en magasin, elle se cache assez souvent dans des brochures épaisses, ou sur un panneau perdu à l'accueil.
Autre problème de taille, les garanties payantes et leur flou artistique. À l'issue de son enquête, la DGCCRF a remarqué que les clients découvrent les vraies conditions seulement après avoir signé, contrat en main. Le cas typique, ce sont peut-être certaines enseignes qui excluent les accessoires de leurs garanties sans en informer clairement les clients au moment de la vente. Ce qui n'est pas normal ici, c'est qu'il devient impossible donc d'évaluer si l'extension vaut vraiment le coup avant de passer à la caisse.
Des techniques de vente qui frisent parfois l'arnaque
L'enquête de la Répression des fraudes révèle aussi des stratégies commerciales particulièrement vicieuses. Le grand classique, c'est de vendre une fameuse « garantie de 3 ans » qui n'ajoute qu'une seule année aux deux ans légaux obligatoires déjà garantis au consommateur. L'astuce des commerçants épinglés était de présenter cet ajout comme un privilège exceptionnel, plutôt que comme ce qu'il est vraiment, c'est-à-dire un simple complément optionnel et payant.
Autre technique répandue : les comparatifs biaisés. Des supports de vente laissent croire que la garantie légale offrirait moins d'avantages que la version payante, sans expliquer précisément les différences. Certains vendeurs renvoient même les clients vers les fabricants pour faire jouer leurs droits légaux, ce qui crée une confusion totale sur qui doit réparer quoi. Une gymnastique qui décourage plus d'un acheteur.
Alors pour mettre fin à ces dérives, les sanctions sont tombées et ont été rendues publiques le 16 février 2026. Au total, 19 enseignes ont reçu l'ordre de se mettre en conformité, 10 ont été averties, et 5 ont écopé de mesures répressives, dont un procès-verbal pénal. La DGCCRF fait savoir qu'elle dénonce maintenant ces manquements directement sur les réseaux sociaux des distributeurs fautifs. Un moyen de dissuader ceux qui voudraient essayer de tromper les consommateurs, et de leur dire que cela leur coûtera cher. Car d'autres contrôles suivront.