Guide crypto : l’intérêt de Bitcoin pour se constituer un portefeuille diversifié de long terme

28 novembre 2020 à 12h12
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Diversifier un portefeuille de valeurs permet de diluer le risque en cas de chute brutale du cours d’un actif. Retrouvez ici quelques conseils pour mieux gérer les risques si vous vous lancez dans le trading de cryptos.

Cet article est rédigé à partir d'informations que nous estimons crédibles à la date de sa publication. Nous ne garantissons pas pour autant leur exactitude, exhaustivité et validité, notamment lorsqu'elles nous ont été communiquées par des tiers. En conséquence, ces informations ne peuvent servir de seule base pour un investissement. La souscription dans des OPC ou tout autre produits financiers peut présenter des risques de pertes en capital : la valeur des investissements peut varier et l'investisseur peut ne pas récupérer les sommes investies.

Diversifier un portefeuille de valeurs boursières (actions, obligations, produits de taux, produits de change, matières premières comme l’or, immobilier) consiste à combiner plusieurs investissements simultanément. Si vous ne détenez que des actions (ou obligations) d'une seule entreprise dans votre portefeuille, vous concentrez tout le risque sur une seule signature. En cas de coup dur sur la société et de chute du cours de son action, et à moins de détenir en parallèle un montant substantiel de liquidités, votre portefeuille va subir la totalité de la baisse du titre.

En revanche, si vous détenez des actions de deux ou plusieurs sociétés différentes, vous apportez un effet de diversification à votre portefeuille : si l’un de vos titres chute, l’autre ou les autres pourront compenser ou même rattraper l’effet négatif de la valeur en baisse. Ainsi, en ne mettant pas tous vos œufs dans le même panier, vous lissez la performance de votre portefeuille dans la durée.

Diversifier pour diluer les risques en cas de baisse d’un cours

L’augmentation du nombre de positions différentes, et de surcroît de classes d’actifs différentes (actions, obligations, liquidités, métaux précieux, immobilier, autres biens réels, etc.) permet d'accroître cet effet de diversification. Point trop n’en faut non plus : au-delà d’un certain nombre de positions différentes (20 à 25 titres dans un portefeuille d’actions), la diversification n'apporte plus grand chose en termes de réduction du risque. Elle peut même s’avérer néfaste : un trop grand nombre de lignes amène à multiplier les opérations et la hausse des frais de transaction, sans accroître l’effet de diversification et de réduction du risque.

Actions et obligations sont les deux classes d’actifs de base d’un portefeuille diversifié.

Les actions

Constituées par l’investissement dans le capital des sociétés cotées, les actions constituent les placements les plus rentables à long terme, et ce en dépit de la volatilité à court terme. Des statistiques remontant à 1950 et publiées par la banque d’investissement JP Morgan (2015) montrent que le rendement sur un an d’un portefeuille constitué exclusivement d’actions oscille entre +51% et -37% ; sur une période de 5 ans, la perte maximale tombe à 2% et le gain maximal annualisé à 28% ; sur une période de 20 ans, il n’y a plus de pertes alors que la valorisation des actions se situe entre 6% et 18 %. Bref, l’effet de volatilité de court terme est effacé par la durée de l’investissement.

Minute définition : Volatilité

La volatilité représente la variation des prix d'un actif financier et traduit le risque que ce dernier perde de la valeur (en cas de baisse des cours). La volatilité est considérée comme « forte » lorsque le cours de l'actif financier fluctue fortement. Inversement, la volatilité est considérée comme « faible » lorsque le cours de l'actif financier est relativement stable.

Les obligations

Si leur rendement est généralement modéré, leur évolution à court ou moyen terme connaît une volatilité faible par rapport à celle des actions. Toutefois, durant des périodes où le taux d’inflation est supérieur au rendement des obligations, l’investissement ne sera pas rentable en argent constant. On parle alors de taux d’intérêts réels négatifs. Et comme à long terme les périodes d’inflation se manifestent forcément, cela rend le placement obligataire finalement plus risqué que le placement en actions, en dépit des apparences. Si les obligations d’État ou de grandes entreprises publiques sont des gages de sécurité, il est important de noter que les obligations sur les créances de sociétés privées sont plus risquées. En effet, si ces dernières déposent le bilan, le créancier ne récupère souvent qu’une partie de son investissement. A nuancer toutefois : certaines obligations de grandes entreprises mondialement connues sont réputées être plus sûres que des obligations émises par certains Etats, notamment des pays émergents.

L’inconvénient principal de la diversification est qu’elle peut ne pas fonctionner durant certaines périodes, c’est-à-dire que chaque classe d’actifs va évoluer simultanément dans le même sens. On parle donc dans ce cas de corrélation positive. Une « corrélation de 1 » signifie une corrélation parfaite, une « corrélation de -1 » signifie une corrélation parfaitement inverse (un actif baisse pendant que l’autre monte) et une « corrélation de 0 » correspond à une totale dé-corrélation. Citons par exemple l’épisode de la crise des dettes publiques en Europe en 2010-2012, période durant laquelle le marché des obligations souveraines a baissé simultanément à la chute des actions.

C'est notamment pour répondre à cette problématique que sont souvent ajoutées à un patrimoine traditionnellement composé d’actions et d’obligations, l’inclusion de classes d’actifs et placements dits « alternatifs », censés pouvoir dé-corréler efficacement. On peut ainsi citer des actifs réels comme l’immobilier (mais celui-ci peut à certains moments se corréler nettement avec les actions et les obligations), les parts de forêts, le « private equity » (actions ou fonds de sociétés non cotées) ou d’autres fonds de stratégies d’investissement sophistiquées destinées à la dé-corrélation (« hedge funds » ou fonds alternatifs).

Historiquement, l’or et les métaux précieux offrent un effet de dé-corrélation efficace. L'or est l'investissement alternatif le plus traditionnel : du fait de sa réputation de valeur-refuge, il a tendance à monter lorsque les autres classes d'actifs chutent. Il représente également un rempart contre l'inflation. Il n'offre cependant aucun rendement (pas de dividendes ou de coupons) et reste soumis aux lois de l'offre et de la demande qui peuvent parfois se traduire par des variations de cours brutales.

Mais plus récemment, avec les crypto-monnaies et le développement de tous les actifs numériques, une nouvelle opportunité de diversification et de dé-corrélation est apparue. En tête de liste, c’est évidemment Bitcoin qui apparaît comme un nouvel actif mis à disposition de l’investisseur ou du gérant de patrimoine.

L’apport de Bitcoin à la diversification de portefeuille

Beaucoup de débats passionnés se déroulent autour de la question de savoir si Bitcoin est vraiment une monnaie. La plupart des économistes en rejettent l’idée, car Bitcoin n’est pas émis par un Etat et n’est pas géré par une banque centrale (la décentralisation de son fonctionnement en est même une de ses caractéristiques). Si on examine Bitcoin sous l’angle des 3 fonctions classiques de la monnaie (unité de compte, moyen de paiement et réserve de valeur) :

  • Bitcoin est une unité de compte car il peut être utilisé pour mesurer la valeur d’un autre bien.
  • Bitcoin est bien utilisé comme moyen de paiement pour échanger de la valeur. Cela se réalise bien entre les membres du réseau bien que le nombre maximum de transactions par seconde reste faible comparé à d’autres réseaux.
  • Bitcoin est une réserve de valeur grâce à sa technologie et sa cryptographie avancées qui permettent de stocker de la valeur sous forme numérique. La limitation de sa masse en fait un actif comparable aux métaux précieux sous forme « digitale ».

Bitcoin a prouvé sa solidité depuis sa création il y a plus de 10 ans : en tant que moyen de paiement, plus de 30 millions d’utilisateurs transfèrent et échangent quotidiennement à travers le monde cette monnaie numérique. En dépit de la volatilité du cours, sa capitalisation se situe à plus de 350 milliards de dollars (au 24 novembre 2020, Bitcoin reste la première crypto monnaie) et sa liquidité lui confère surtout un statut et une légitimité d’actif de réserve.

« La corrélation du Bitcoin avec d’autres actifs financiers, de janvier 2015 à septembre 2020, est en moyenne de 0,11, ce qui indique qu’il n’y a presque pas de relation entre le cours de Bitcoin et celui d’autres actifs » : ce constat figure dans un rapport produit récemment par la société américaine de gestion d’actifs Fidelity. Et en effet, le Bitcoin n’est pas ou peu corrélé aux marchés financiers traditionnels. Il s’agit là toutefois d’une moyenne sur 5 ans (de 2015 à 2020), qu’il faut donc relativiser. A ce titre, notons que la corrélation avec l’or s’est fortement élargie ces derniers temps, Bitcoin ayant d’ailleurs tendance à s’apprécier davantage que l’or. Quoi qu’il en soit, à long terme, Fidelity observe que le Bitcoin peut être perçu comme un outil de diversification de portefeuille pouvant évoluer à contre-courant des marchés traditionnels.

Sur la période considérée, le tableau ci-dessous montre bien la bonne dé-corrélation de Bitcoin contre toutes les principales classes d’actifs. En revanche, les principales classes d’actifs financières et immobilières (REIT) sont assez corrélées, voire très nettement corrélées entre elles.

Comme Bitcoin, seul l’or obtient des niveaux de corrélation extrêmement faibles avec les autres principales classes d’actifs.

Pour mettre en avant l’effet favorable obtenu par Bitcoin en matière de diversification, l’étude de Fidelity a mesuré l’impact pendant 5 ans d’une petite diversification dans le Bitcoin sur un portefeuille d’investissement typique (60% d’actions et 40% d’obligations souveraines). Sur la période de 5 ans, l’étude compare 4 portefeuilles différents, contenant chacun entre 0% et 3% de bitcoin. Le graphique suivant exprime les résultats des 4 portefeuilles en 2020 (YTD) au bout de 1, 2, 3, 4 et 5 ans et sur la période 2015-2020 :

Le résultat final est assez clair : l’ajout de bitcoins augmente systématiquement la performance des portefeuilles. De fait, la forte volatilité du Bitcoin (plus de 50% en moyenne contre environ 20% pour les actions de grandes capitalisations) est un moindre mal si l’on considère les performances réalisées par le Bitcoin ces dernières années.

En outre, la récente augmentation de la corrélation du Bitcoin avec l’or semble suggérer qu’une certaine concordance est en train de naître. Actif rare et déflationniste, le Bitcoin n’est-il pas qualifié d’ “Or 2.0” ? La corrélation entre Bitcoin et l’or, lissée sur deux mois, a atteint son plus haut historique en septembre — certainement en raison des craintes liées à l’inflation et au fait que les taux d’intérêt réels sont nettement négatifs, ce qui favorise l’or et le Bitcoin, tous deux étant des actifs ne générant pas de coupons ou dividendes.

Corrélations sur 60 jours du Bitcoin avec l’or et le S&P500 (0.7 avec l’or)

Minute définition : Taux d’intérêt réel

Le taux d'intérêt réel correspond à la différence entre le taux d'intérêt nominal et le taux d'inflation constaté pour une période de référence. Si, à titre d'exemple, le taux d'intérêt nominal d'un placement est de 5%, et que le taux d'inflation est de 3% pour la même période, le taux d'intérêt réel est alors de 2 %. Le taux d'intérêt réel est donc le rendement réel pour le prêteur de capitaux et le coût réel pour l'emprunteur.

L’année 2020 a été singulière et a montré une corrélation générale entre les classes d’actifs, actions, obligations… mais aussi avec l’or et le Bitcoin, en particulier durant la phase de stress des marchés en mars, au début de la crise sanitaire. Chacun se rappellera du plongeon du Bitcoin de 50 % au mois de mars en même temps que celui de Wall Street.

Comme toujours en matière de crypto, seul l’avenir nous dira si la corrélation Bitcoin/or tient bon et si la corrélation or/Bitcoin/classes d’actifs traditionnels va perdurer dans les phases futures de tensions des marchés. Car comme pour l’or, qui subit ponctuellement ces phénomènes de flux, la reine des crypto-monnaies nous a déjà habitués à de brèves périodes de corrélations élevées avec les autres actifs… corrélations qui ont fini par se déliter avec le temps.

Sources graphiques : Fidelity Digital Assets

  • Cet article a été rédigé par des membres de la communauté française de Rakoon. Composée de passionnés de la finance de marché et de nouvelles technologies, elle œuvre à la démocratisation de la blockchain et des cryptos dans le monde francophone. Grâce à une modération stricte et à la bienveillance de ses membres, la communauté Rakoon propose un espace d’échanges entre curieux de tous niveaux, et bannit les messages commerciaux qui promettent de « doubler vos bitcoins » ou proposent de « passer en message privé » pour vous faire la proposition de votre vie. La communauté est totalement indépendante vis-à-vis des plateformes de trading testées.
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Modifié le 22/12/2020 à 20h19
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