456 lancements par an : c’est ce que SpaceX veut atteindre avec Starship depuis sa seule base du Texas, alors que la fusée n’a jamais volé plus de cinq fois en une année. Un projet vertigineux, que les autorités américaines passent désormais à la loupe.

Starship lors de son vol test en septembre 2026. ©SpaceX
Starship lors de son vol test en septembre 2026. ©SpaceX

Ce 14 octobre, l’Agence fédérale de l’aviation américaine (FAA), qui encadre aussi les lancements spatiaux commerciaux, a officialisé une vaste étude d’impact environnemental. Celle-ci porte sur la demande de SpaceX d’augmenter fortement la cadence de ses vols à Starbase, son site de Boca Chica dans le sud du Texas. Et les chiffres donnent littéralement le tournis. 

De 25 à 456 lancements

Car aujourd’hui, SpaceX est simplement autorisée à effectuer 25 lancements et 50 atterrissages annuels depuis son complexe industriel. Un chiffre qui s’explique par les spécificités de la mégafusée : après le décollage, les deux étages se séparent et doivent venir se poser séparément une fois leur mission respective accomplie. Mais aujourd’hui, l’entreprise n’a pas fait voler Starship plus de cinq fois par an. 

Désormais, elle voudrait passer à 456 lancements et 912 atterrissages, ce qui représente plus d’un décollage par jour et deux à trois atterrissages quotidiens. À noter, tout de même, que ce chiffre est un plafond fixé pour l’analyse en profondeur de la FAA.

SpaceX veut avancer en deux temps.  La première phase prévoit jusqu’à 100 lancements et 200 atterrissages par an, puis la seconde, prévue pour dans quelques années, atteindrait ce cap des 456 vols. Les étages, eux, pourraient se poser à Starbase, dans le golfe du Mexique ou en plein océan.

Cette année, Starship n’a décollé que trois fois depuis Starbase, et un quatrième test devrait avoir lieu avant la fin du mois d'octobre. Surtout, l’entreprise est encore loin de la réutilisation de ses étages, condition obligatoire afin de parvenir à la cadence souhaitée. Elon Musk, lui, est très optimiste : il est convaincu que sa fusée géante pourra voler une fois par heure.

Encore plus de décollages depuis Starbase Louisiane

Il y a un élément à ne surtout pas négliger. SpaceX a annoncé, il y a quelques semaines, le rachat de vastes terres dans le sud de la Louisiane. La société va y bâtir une seconde Starbase, avec pas moins de dix pas de tir à terme. De quoi drastiquement augmenter sa capacité de lancements, bien au-delà des 456 vols prévus pour Starbase Texas.

Mais avant toute décision, la FAA doit examiner l’impact sur la qualité de l’air, la faune, le littoral, l’eau, le bruit et le trafic aérien. Le public, lui, peut donner son avis jusqu’au 30 novembre. Et il n’est pas certain qu’il soit d’accord : les riverains de Starbase ont déjà déposé plainte contre SpaceX, déplorant les conséquences délétères des décollages sur leur qualité de vie. De même, ils ont un impact néfaste clair sur l’environnement.

Toutefois, compte tenu de l’approche choisie par le gouvernement fédéral, qui entend stimuler son secteur spatial au maximum, l’entreprise d’Elon Musk devrait très probablement obtenir le feu vert des autorités.

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