Un Rafale F4 de Dassault Aviation et un drone Harmattan AI équipé de NAMIB, une nouvelle charge utile de guerre électronique, ont réalisé ensemble un vol d'essai collaboratif. Le drone a détecté un radar ennemi à plusieurs dizaines de kilomètres.

Dassault Aviation et Harmattan AI viennent de franchir une nouvelle étape dans le combat aérien collaboratif, avec l'annonce ce lundi 13 juillet 2026 d'un essai en vol aussi discret qu'efficace. Un drone équipé de NAMIB, leur charge utile de guerre électronique, a réussi à repérer un radar de défense anti-aérienne à plusieurs dizaines de kilomètres, un peu comme s'il captait ses ondes à distance, sans se faire remarquer. Cette position a ensuite été transmise en temps réel à un Rafale, qui a simulé une frappe sur la cible ainsi désignée.
Le Rafale et un drone espion ont traqué et neutralisé un radar ensemble
Pour éclaircir d'emblée les choses, NAMIB est une charge utile de guerre électronique capable de détecter, identifier et localiser des émissions électromagnétiques, en particulier celles des systèmes de défense anti-aérienne. Elle a la particularité de pouvoir s'adapter à plusieurs types de porteurs, comme un drone quadricoptère tactique, ou un appareil à voilure fixe qui offre une endurance plus longue.
Lors de l'essai, le dispositif a fait ses preuves en repérant discrètement, et avec une précision assez redoutable, un radar pourtant situé à plusieurs dizaines de kilomètres. Cette localisation a ensuite été transmise à un avion Rafale F4, qui a simulé une passe de tir sur la cible ainsi désignée, la démonstration s'arrêtant au stade de la simulation, sans tir réel, ce qui n'enlève rien à la portée technologique de l'exercice.
Le développement de cet audacieux projet a débuté au début de l'année, au mois de janvier, soit environ six mois de travail avant cette démonstration en vol. NAMIB n'est pas une initiative isolée, il ne s'agit ici que de l'une des briques d'un partenariat plus large entre Dassault Aviation et Harmattan AI. Les deux entreprises françaises collaborent étroitement pour donner aux futurs avions de combat la capacité de piloter, en toute autonomie, des drones et systèmes annexes lors de leurs missions.

Harmattan AI, la start-up qui accélère l'autonomie embarquée
Chez Harmattan AI, le cofondateur et PDG Mouad M'Ghari insiste sur NAMIB, pour lui un vrai accélérateur. Déployer une capacité de guerre électronique avancée sur un système autonome léger, au plus près du danger, est une sérieuse avancée. C'est une preuve, selon lui, que la complémentarité entre l'expérience aéronautique de Dassault et l'expertise en autonomie et en intelligence embarquée de sa jeune partenaire peut porter ses fruits rapidement, en préfigurant les architectures de combat collaboratif de demain.
On aurait presque du mal à croire que Harmattan AI a été fondée en 2024. La start-up s'est imposée en un temps record comme l'un des acteurs les plus dynamiques du secteur, avec des milliers de systèmes livrés chaque mois. Son catalogue est déjà dense, puisqu'elle développe aussi des solutions de défense aérienne à plusieurs niveaux, des drones ISR et de frappe coordonnée, ainsi que des plateformes de commandement et de contrôle, déjà déployées chez plusieurs partenaires de l'OTAN et de pays alliés. Un rythme qui confirme, s'il le fallait, l'appétit grandissant de l'industrie de défense pour l'autonomie embarquée — porté ici par un géant centenaire du secteur, fort de plus de 10 000 avions livrés dans plus de 90 pays.