Airbus a réussi le premier vol de démonstration de son drone intercepteur autonome Bird of Prey, capable d'engager seul des drones kamikazes grâce aux missiles Mark I de Frankenburg Technologies.

Voici le drone chasseur de drone d'Airbus, le Bird of Prey. © Airbus
Voici le drone chasseur de drone d'Airbus, le Bird of Prey. © Airbus

Le géant Airbus est encore une fois l'auteur d'une prouesse industrielle et technologique. L'avionneur européen a annoncé, ce lundi, avoir réalisé depuis une zone militaire d'Allemagne du Nord, le premier vol de démonstration du Bird of Prey, l'oiseau de proie en français. Sans pilote et sans opérateur humain à distance, le drone a localisé, identifié puis engagé seul une cible : un drone d'attaque kamikaze. À son bord, des missiles Mark I conçus par la start-up d'outre-Rhin, Frankenburg Technologies, une arme pensée pour contrer des menaces low-cost, de plus en plus répandues sur les champs de bataille.

Le Bird of Prey d'Airbus, neuf mois pour un chasseur de drones qui vole tout seul

Neuf mois. C'est le temps qu'il a fallu à Airbus pour passer de l'idée au premier vol. Le Bird of Prey est construit sur la base d'un drone existant, le Do-DT25, entièrement revu pour l'occasion. On a ici un joli bébé de 3,1 mètres de long, 2,5 mètres d'envergure, 160 kilos sur la balance. Un gabarit comparable à celui d'une grande moto, mais dans les airs, et une fois lâché, il n'a besoin de personne pour accomplir sa mission

Durant le vol de démonstration le Bird of Prey a opéré en mode pleinement autonome. Dans le détail, il a repéré un drone kamikaze de taille moyenne, analysé la menace, puis décidé seul d'ouvrir le feu avec un missile Mark I. Il n'y avait aucun pilote ni œil humain derrière un écran pour donner le feu vert. De la détection au tir, c'est bien l'intelligence embarquée a tout pris en charge.

« Défendre contre les drones kamikazes est une priorité tactique qui doit être traitée d'urgence », affirme ce 30 mars Mike Schoellhorn, le président-directeur général d'Airbus Defence and Space. Pour lui, le duo Bird of Prey/Mark I comble un manque concret de nos armées, confrontées à des ennemis qui frappent avec des drones bon marché et difficiles à intercepter. L'IBMS, le système de gestion de bataille d'Airbus, vient connecter le tout pour décupler l'efficacité de l'ensemble.

La légèreté du missile Mark I au service du Bird of Prey

Nous vous parlions du Mark 1, le missile embarqué sur le drone d'Airbus. Lui mesure 65 centimètres de long, à peine plus qu'une raquette de tennis, pour moins de 2 kilogrammes sur la balance, avec une portée d'engagement de 1,5 kilomètre. C'est officiellement l'intercepteur guidé le plus léger jamais conçu. Une fois tiré, il n'a besoin d'aucun guidage supplémentaire, puisqu'il trouve sa cible seul, et son ogive à fragmentation se charge du reste. La version opérationnelle du Bird of Prey en embarquera jusqu'à huit.

« C'est un pas décisif pour la défense aérienne moderne », estime Kusti Salm, patron de Frankenburg Technologies. Et l'argument a de la valeur, car pour la première fois, des missiles bon marché et produits en grande série sont intégrés directement sur un drone intercepteur. L'idée est de pouvoir, grâce à eux, abattre des drones ennemis en masse, sans que chaque tir coûte une fortune aux armées qui les utilisent.

Qu'on se le dise, le Bird of Prey n'est pas conçu pour remplacer les systèmes de défense existants, mais pour s'y ajouter. Il communique directement avec les infrastructures de commandement OTAN via l'IBMS d'Airbus, le logiciel qui coordonne l'ensemble des opérations de défense aérienne. En fait, il est une brique mobile et complémentaire des systèmes de défense en couches. Des vols avec de vraies ogives sont prévus tout au long de 2026, avant une présentation aux armées potentiellement intéressées.