Les drones ANAFI UKR de Parrot viennent d'intégrer le catalogue de la NSPA, l'agence d'approvisionnement de l'OTAN. Une consécration industrielle pour le leader français et européen des micro-drones professionnels.

Mardi, Parrot a annoncé les premières commandes de ses micro-drones ANAFI UKR passées via la NSPA (NATO Support and Procurement Agency), l'agence OTAN de soutien et d'acquisition. Les expéditions ont démarré depuis ce premier trimestre 2026, par tranches de 100 à 500 unités, avec une montée en puissance prévue vers plusieurs milliers d'appareils. Le petit drone français vole désormais sous pavillon atlantique.
Parrot entre dans l'écosystème OTAN par la grande porte
La NSPA est en quelque sorte la centrale d'achat militaire de l'OTAN, l'agence qui permet aux pays membres de commander du matériel de défense sans avoir à lancer leurs propres appels d'offres nationaux, souvent longs et complexes. Concrètement, pour Parrot, cela signifie qu'un pays allié peut désormais passer commande d'ANAFI UKR directement, comme on choisirait un produit sur catalogue.
Ces premières commandes concernent deux clients distincts de Parrot. Le premier, déjà connu, ce sont les forces de défense finlandaises, avec qui Parrot avait signé un contrat d'environ 15 millions d'euros en février dernier. Le second reste pour l'instant anonyme. L'acheteur existe, la commande est réelle, mais son identité ne pourra être révélée qu'une fois l'autorisation officielle obtenue.
Chris Roberts, le directeur des revenus de Parrot, voit dans ces premières commandes « une première concrétisation de cette approche », autrement dit, la preuve que le modèle fonctionne. Car ce que recherchent concrètement les militaires, c'est un un drone léger, prêt à voler en quelques instants, capable de se faufiler discrètement sur le terrain et de s'orienter seul, même lorsque les signaux GPS sont volontairement perturbés par l'ennemi.

Un drone taillé pour la guerre électronique, et pour ce qui vient après
Avec moins d'un kilogramme sur la balance et une technologie de pointe, on comprend sans mal pourquoi l'OTAN s'intéresse à l'ANAFI UKR. Le mini-drone se repère dans l'espace grâce à sa caméra et à une intelligence artificielle embarquée, qui le dispense de GPS. Quand l'ennemi tente de brouiller ses communications, le drone bascule sur une radio militaire qui change de fréquence en permanence pour rester insaisissable, le tout protégé par un système de cybersécurité déjà testé sur de vrais champs de bataille.
Et Parrot pense déjà à la menace de demain. Le 13 mars, il y a quelques jours à peine, le groupe dévoilait son partenariat avec SEALSQ pour intégrer la cryptographie post-quantique dans ses futurs drones, une technologie de chiffrement conçue pour résister aux ordinateurs quantiques. Ces machines, encore en développement, seront un jour suffisamment puissantes pour déchiffrer n'importe quelle protection numérique actuelle, comme si elle n'existait pas.
Le marché mondial des drones commerciaux pourrait passer, lui, de 4 à plus de 40 milliards de dollars dans les prochaines années, soit dix fois sa taille actuelle. Avec 80 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025 et désormais l'OTAN parmi ses clients, Parrot a clairement décidé de prendre sa part du gâteau.