Les forces de défense finlandaises vont se doter de micro-drones ANAFI UKR du Français Parrot, dans le cadre d'un contrat d'un montant de près de 15 millions d'euros, dévoilé mardi.

Les forces de défense finlandaises choisissent les micro-drones Parrot pour renforcer leurs capacités ISR. © Parrot
Les forces de défense finlandaises choisissent les micro-drones Parrot pour renforcer leurs capacités ISR. © Parrot

La Finlande et Parrot sont presque de vieux amis. Les forces armées finlandaises utilisent les drones du fabricant français depuis plusieurs années, et le nouveau contrat rendu public mardi 24 février permettra aux premières citées de s'équiper d'un drone plus performant, pensé directement à partir des réalités du champ de bataille ukrainien. Capable de voler sans signal GPS, de collecter du renseignement et de surveiller des zones sensibles en toute autonomie, l'ANAFI UKR, le nom de code du petit aéronef, est taillé pour les conflits modernes.

Un contrat qui consolide une relation de longue date entre Parrot et la Finlande

C'est le commandement logistique des forces de défense finlandaises qui a officialisé ce contrat, dont la valeur totale avoisine les 15 millions d'euros. Les premières commandes ont déjà été passées début 2026. Pour accompagner le déploiement sur le terrain, Parrot indique s'appuyer sur Boston Group, son partenaire de longue date dans les pays nordiques, un acteur qui connaît bien les besoins et les spécificités militaires de la région.

La Finlande n'en est donc pas à sa première expérience avec les drones Parrot. Depuis plusieurs années, ses forces armées utilisent les systèmes du fabricant français. Au départ, ce fut pour former les soldats à leur maniement, puis, à partir de 2023, pour déployer des ANAFI USA en nombre lors d'exercices et d'entraînements en conditions réelles. Les militaires finlandais savent exactement comment tirer parti de ces appareils, y compris par grands froids et en terrain difficile.

Mais cette fois, il ne s'agit pas d'un simple renouvellement de matériel. Les forces armées locales le reconnaissent, l'ANAFI UKR est plus performant que les drones Parrot qu'elles utilisaient jusqu'ici. La grande nouveauté, c'est que cet aéronef a été développé en s'inspirant directement de ce qui se passe sur le front ukrainien, où les drones sont devenus des armes incontournables, en plus de transformer la façon de faire la guerre.

Le drone a une grosse capacité à éviter les obstacles. © Parrot
Le drone a une grosse capacité à éviter les obstacles. © Parrot

Ce que l'ANAFI UKR change vraiment sur le terrain pour les militaires finlandais

L'une des grandes forces du drone ANAFI UKR, c'est sa capacité à voler et à se repérer sans GPS. Concrètement, l'appareil silencieux et résistant au brouillage utilise sa caméra et une intelligence artificielle embarquée pour s'orienter de façon autonome, même quand les signaux satellites sont brouillés ou indisponibles. Sur un champ de bataille moderne, où perturber les communications et les systèmes de navigation adverses est devenu une tactique courante, il peut s'agir d'un vrai avantage, et ainsi servir en matière de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (capacités ISR, pour être complet).

La taille réduite de l'ANAFI UKR (245 x 160 x 116 mm plié, 350 x 665 x 116 mm déplié) n'est pas qu'une question de praticité. Un drone compact, de 959 grammes, c'est un drone plus facile à transporter, à déployer rapidement et à dissimuler sur le terrain. Et malgré ce format miniaturisé, Parrot affirme avoir préservé l'essentiel. Les communications restent sécurisées et les données collectées pendant les missions sont protégées. Petit, donc, mais pas au rabais.

L'un des dirigeants de Parrot, Chris Roberts, explique qu'« avec l'ANAFI UKR, Parrot propose un saut capacitaire, développé en prenant en compte le profil du conflit en Ukraine, et reste pleinement mobilisé pour transformer les retours utilisateurs en améliorations concrètes et utiles au niveau des unités. » Autrement dit, fini le temps où l'on pouvait concevoir ses drones dans des laboratoires ou autres endroits clos, ce sont désormais les soldats, qui utilisent ces appareils au quotidien, qui orientent directement les évolutions du produit.