Renault va produire jusqu’à 600 drones militaires par mois dans ses usines du Mans et de Cléon. Le constructeur collabore avec Turgis Gaillard pour livrer une munition téléopérée à longue portée à la DGA dès 2026. La phase d’essai débutera avec une dizaine de drones pour tester le concept et valider la chaîne de production.

Renault prépare la production de drones militaires dans ses usines du Mans et de Cléon. La DGA a commandé une dizaine d’unités pour tester le concept avant un contrat de dix ans évalué à près d’un milliard d’euros.
Les équipes du Mans ajustent les lignes de production, calibrent les machines et supervisent l’intégration des moteurs et des structures métalliques. À Cléon, les moteurs thermiques sont modifiés pour répondre aux spécifications opérationnelles.
L’ETI Turgis Gaillard a livré la première version du drone Chorus, et son équipe teste actuellement le modèle Aarok. Il peut atteindre 400 km/h et voler jusqu’à 5 000 mètres. Fanny Turgis, sa directrice générale, rappelle que la priorité est la rapidité et la fiabilité : les drones doivent frapper, observer et collecter des renseignements à moindre coût par rapport aux missiles classiques.
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Renault adapte ses sites pour la production militaire
On se demandait qui de Renault ou de PSA, allait être le partenaire de l'Ukraine pour la fabrication de drones de guerre, c'est désormais acté, ce sera le constructeur au losange.
En Effet, le site Renault du Mans assemble aujourd’hui des châssis automobiles, mais une partie de l’usine est désormais dédiée aux drones. Les ingénieurs réorganisent les lignes, supervisent le montage des structures métalliques et l’assemblage des moteurs. La coordination avec Cléon garantit que chaque moteur thermique répond aux spécifications opérationnelles. Renault ne touche pas à l’équipement militaire, mais applique des techniques automobiles pour réduire le coût et optimiser la précision. Le rivetage autoperçant et l’usage de matériaux identiques à ceux des véhicules permettent aux drones de résister aux contraintes de vol à longue portée.
L’ETI Turgis Gaillard a conçu la première version du drone Chorus. Fanny Turgis explique : « Nous faisons des choses rustiques, simples à produire et rapidement déployables ». Les drones sont à la fois capables d'effectuer des frappes, de l'observation et de la collecte de renseignements. L’automne 2025 a marqué le premier vol du drone Aarok, candidat au futur drone MALE (moyenne altitude longue endurance) de l’armée française. L’appareil peut atteindre 400 km/h et voler jusqu’à 5 000 mètres.
La cadence industrielle : jusqu’à 600 drones par mois
Le projet Chorus prévoit une production maximale de 600 drones par mois. Entre 100 et 200 salariés volontaires sur les 1 800 présents au Mans se consacrent à l’assemblage, activé selon les commandes de la DGA. La chaîne combine rivetage autoperçant, structure métallique et moteurs thermiques adaptés. Chaque drone est calibré et testé avant livraison. La DGA valide toutes les étapes et suit les performances sur le terrain.
Les équipes appliquent des méthodes issues de l’automobile pour optimiser le processus et réduire le coût. Chaque décision sur la chaîne a un impact immédiat. À Cléon, les moteurs subissent des adaptations spécifiques, et les deux sites restent synchronisés pour maintenir la cadence tout en garantissant fiabilité et sécurité.
« Soyons clairs. Nous sommes en retard », a constaté Emmanuel Macron lors de ses voeux aux Armées. En effet, la France est à la traîne dans la massification de la production de drones consommables. Le locataire de l'Élysée a également demandé d’accélérer les essais. Ce qui se passe en Ukraine montre que la production rapide peut être décisive. Financé majoritairement par des fonds publics, le projet prévoit la livraison de drones dès l’été 2026.
Source : L'usine Nouvelle (accès payant)