La NASA vient de lever le voile sur les astronautes qui prendront les commandes d’Artemis III : quatre hommes aguerris, dont un Européen, pour une mission clé pour l’avenir du programme spatial américain.

Il y a à peine deux mois, Artemis II faisait briller les yeux du monde entier en survolant la Lune. Une première depuis 1972. Mais ce n’était que le début. C’est désormais au tour d’Artemis III de prendre le flambeau et cette fois, les objectifs seront bien différents car surtout techniques. Il s’agira avant tout de valider les procédures d’amarrage entre la capsule Orion et les deux atterrisseurs lunaires en développement, le Blue Moon de Blue Origin et le Starship de SpaceX.
Quatre hommes issus du monde militaire
Tous quatre issus du monde militaire, les membres de l’équipage d’Artemis III affichent des parcours très solides. À commencer par le commandant Randy Bresnik, pilote de F/A-18 dans le Corps des Marines américains qui a rejoint la NASA en 2004. Luca Parmitano, seul Européen de l’équipage, occupera le poste de pilote. Cet Italien de l’Agence spatiale européenne (ESA) est un ancien pilote d’essai de l'Armée de l’air italienne, où il a atteint le grade de colonel et cumulé plus de 2 000 heures de vol sur une quarantaine d’appareils différents.
Andre Douglas et Frank Rubio, les deux spécialistes de mission, complètent ce casting 5 étoiles. Le premier est docteur en ingénierie des systèmes, et a également servi dans les Gardes-côtes américains avant d’être sélectionné par la NASA en 2021 tandis que le second est un pilote d’hélicoptère Black Hawk dans l'ARMée américaine. Il détient le record NASA du séjour spatial le plus long pour un seul vol : 371 jours consécutifs à bord de la Station spatiale internationale (ISS).
« Artemis III sera une démonstration extraordinaire de ce qui est possible lorsque les plus grandes entreprises aérospatiales des États-Unis, aux côtés de nos partenaires européens, se rassemblent pour faire la démonstration de la puissance technologique et de l'ambition du monde libre », a commenté Jared Isaacman, administrateur de la NASA.

Des doutes sur le calendrier
La mission elle-même s’annonce comme l’une des plus complexes jamais orchestrées par la NASA. Car en l’espace de quelques semaines, trois des fusées les plus puissantes du monde devront se succéder sur leurs pas de tir respectifs : d’abord New Glenn de Blue Origin, qui placera le Blue Moon en orbite basse, puis le Space Launch System (SLS), qui emportera l'équipage à bord d'Orion. Et enfin, le Starship de SpaceX, auquel Orion viendra s’arrimer à son tour. Objectif : valider les manœuvres qui seront indispensables lors d’Artemis IV.
Mais, si Jared Isaacman vise un lancement à la mi-2027 et se dit « extrêmement confiant » pour y parvenir, le calendrier semble particulièrement optimiste. Alors que Starship poursuit encore ses vols d’essai, New Glenn a subi un coup d’arrêt brutal il y a quelques jours avec une explosion sur son pas de tir en Floride, détruisant une partie des infrastructures. Blue Origin assure un retour en vol avant la fin de l’année, mais la plupart des observateurs tablent plutôt sur un délai de 12 à 18 mois.
L’enjeu est immense. Car Artemis IV, prévue en 2028, marquera le retour officiel de l’humanité sur la Lune. Une étape fondamentale pour la NASA, qui craint que la Chine ne finisse par lui passer devant.
Sources : Space.com, Ars Technica