La NASA peaufine ses plans pour la mission Artemis III. Et on apprend que de très gros changements sont à attendre du côté du Space Launch System (SLS). Voici tout ce qu’il faut savoir.

Si Artemis II vient de marquer un tournant historique, la NASA doit désormais regarder vers l’avant. En février 2026, l’agence a drastiquement revu ses ambitions pour la mission Artemis III : exit l’alunissage, place à une mission en orbite terrestre destinée à tester l’amarrage avec les vaisseaux commerciaux de Blue Origin et de SpaceX. Un virage à 180 degrés qui a rebattu toutes les cartes opérationnelles et techniques.
Et elle doit aller vite : la mission est attendue dans le courant de 2027, et a déjà glissé de quelques mois par rapport au calendrier initial.
Ce sera l’orbite basse
C’était prévu, et ça se confirme désormais. La fusée SLS volera dans une configuration inédite : l’étage supérieur cryogénique intérimaire (ICPS), habituellement chargé de propulser Orion vers la Lune, sera remplacé par un simple espaceur inerte.
Ce cylindre sans capacité propulsive reprendra les mêmes dimensions et interfaces que l’étage qu’il remplace, avec pour seul et unique but de combler le vide. Une solution dictée par les circonstances : l’ICPS n’est plus en production, et le dernier exemplaire disponible a été réservé pour Artemis IV.
Sans étage supérieur, la capsule Orion devra compter sur son propre module de service, fourni par l’Agence spatiale européenne (ESA) pour se placer en orbite basse, à 463 kilomètres d’altitude. Ce choix n’est pas anodin, car il offre davantage de fenêtres de lancement pour la coordination avec Starship et Blue Moon.

Une complexité inédite
Pour rappel, la mission sera d’une complexité inédite : la NASA devra coordonner le lancement de trois véhicules distincts avant de les faire se rejoindre en orbite. Une fois en place, l’équipage, encore inconnu, testera les manœuvres de rendez-vous et d’amarrage avec les deux prototypes de véhicules lunaires commerciaux. Les astronautes pourraient même pénétrer à bord d’au moins l’un d’entre eux, bien que cette décision ne soit pas encore arrêtée.
Et de nombreuses questions demeurent sans réponse. L’agence spatiale n’a toujours pas fixé la durée exacte de la mission, qui sera toutefois plus longue qu’Artemis II. De même, les modalités de test de la combinaison spatiale développée par Axiom Space restent encore à définir. Et le temps presse : la mission Artemis IV, qui doit marquer le retour de l’être humain sur la Lune, est prévue pour 2028.