On s'y attendait, le couperet est tombé. Le Space Launch System (SLS) est le premier composant à être affecté par la refonte majeure du programme Artemis de la NASA. Finie la montée en puissance du second étage, l'heure est à la standardisation.

Vue d'artiste de l'Exploration Upper Stage, qui devait équiper les fusées SLS Block 1B et Block 2. ©NASA
Vue d'artiste de l'Exploration Upper Stage, qui devait équiper les fusées SLS Block 1B et Block 2. ©NASA

Jared Isaacman, nouvel administrateur de l'agence spatiale américaine, a récemment annoncé de nombreux changements à venir dans le programme Artemis, dans l'objectif de gagner en efficacité et ne pas se laisser devancer par la Chine. Un coup d'accélérateur inédit soutenu par les législateurs du Sénat. Et pour le mettre à bien, la NASA a décidé de couper court à l'évolution du SLS.

La NASA choisit Centaur V d'ULA

De sa configuration initiale, la fusée devait ensuite accueillir le Block 1B, un nouvel étage supérieur capable d'envoyer jusqu'à 11 tonnes supplémentaires vers la surface lunaire, puis le Block 2, version encore plus musclée destinée aux missions les plus lointaines. Une montée en gamme ambitieuse sur le papier, mais qui s'est révélée être un gouffre financier. Plutôt que de s'enliser davantage dans cette initiative trop chronophage, Isaacman a choisi une autre voie : figer le SLS dans sa configuration actuelle et miser sur la cadence.

Mais la fusée ne va pas garder son second étage, dont la technologie est considérée comme vieillissante, pour autant : c'est le Centaur V, ayant déjà volé à quatre reprises avec le lanceur Vulcan de l'United Launch Alliance (ULA), qui est l'heureux élu. Une solution de continuité, puisque le dispositif présente l'avantage crucial d'utiliser les mêmes ergols que le SLS, l'oxygène et l'hydrogène liquides.

De même, le Centaur V est compatible avec les interfaces du pas de tir Mobile Launcher 1 au Kennedy Space Center, tandis que les équipes de l'ULA sont habituées à collaborer avec l'agence spatiale. Toute autre solution aurait nécessité des développements coûteux et des délais incompatibles avec le calendrier d'Artemis.

Le vol inaugural de Vulcan. ©United Launch Alliance
Le vol inaugural de Vulcan. ©United Launch Alliance

Premier vol lors d'Artemis IV

S'il s'agit d'une immense victoire pour l'ULA, cette décision risque d'avoir un goût très amer chez Boeing, qui perd le rôle de fournisseur exclusif d'un composant clé du SLS. Bien que l'entreprise détienne 50 % de la ULA aux côtés de Lockheed Martin, elle devra désormais partager les revenus liés à cet étage avec son partenaire. Une déconvenue qui vient s'ajouter à la crise de la capsule Starliner, dont les répercussions sont encore lourdes pour le constructeur.

Il faudra désormais attendre la mission Artemis IV, c'est-à-dire le retour de l'être humain sur la Lune, pour voir cette nouvelle configuration en action. Pour rappel, la mission Artemis III consistera finalement en une démonstration en orbite terrestre basse.