La États-Unis accélèrent un peu plus pour battre la chine dans la conquête lunaire. Cette fois, le gouvernement est bien décidé à ne pas laisser la bureaucratie freiner la NASA.

Il y a quelques jours, le nouvel administrateur de l'agence spatiale, Jared Isaacman, détaillait une refonte majeure du programme Artemis, dont l'objectif est de retourner sur la Lune, mais cette fois pour y implanter une base permanente. L'ambition est clair : accélérer pour ne pas se faire devancer par l'adversaire. Et visiblement, cette vision résonne désormais dans les hautes sphères à Washington D.C.
Moins de contraintes
Ce mercredi 4 mars, le Sénat américain a franchi une étape clé vers l'adoption d'une loi visant à libérer la NASA de ses contraintes. En quelques minutes à peine, les sénateurs ont entériné des changements auxquels le Congrès s'est opposé pendant des années. Et ce n'est pas anodin.
Ainsi, le texte donne à Isaacman une liberté d'action inédite pour restructurer le programme Artemis comme il l'entend. Il reconnaît sans détour que la fusée Space Launch System (SLS) « n'a pas atteint » sa cadence de lancement prévue, et que son futur étage supérieur est « en retard et hors budget ». Le directeur de la NASA est désormais autorisé à chercher des alternatives et à standardiser le lanceur, comme il l'a expliqué il y a quelques jours. De quoi garantir une plus grande vitesse d'exécution, selon lui.
Pour rappel, la mission Artemis II, initialement prévue début février, est reportée en raison de problèmes techniques survenus sur le lanceur, comme ce fut le cas lors de la mission Artemis I.

Impasse sur la station spatiale
La priorité de l'agence spatiale américaine est de garder son avance sur la Chine, car celle-ci diminue progressivement : l'Empire du Milieu prévoit sa première mission habitée en direction de la Lune pour 2030. « Ce n'est pas le moment de tergiverser, mais d'agir, car si nous prenons du retard, si nous commettons une erreur, nous risquons de ne jamais rattraper notre retard, et les conséquences pourraient modifier l'équilibre des pouvoirs ici sur Terre », martelait Isaacman début décembre.
À noter qu'à l'instar de la nouvelle feuille de route de Jared Isaacman, la nouvelle loi omet totalement la station spatiale Lunar Gateway. Seul un « avant-poste lunaire » en surface est mentionné. Un pivot majeur dans la stratégie de la NASA.
Source : Ars Technica