Seulement quelques semaines après avoir annoncé la mission Artemis III à la mi-2027, voilà que Jared Isaacman, l'administrateur de la NASA, fait part d'une date ultérieure. Et oui, il fallait s'y attendre.

Vue d'artiste du Starship en version Human Landing System sur son pas de tir. ©SpaceX
Vue d'artiste du Starship en version Human Landing System sur son pas de tir. ©SpaceX

Si la mission Artemis II fut une véritable réussite, sa successeure, elle, n'est pas encore au point. Car, si Artemis III devait marquer le grand retour de l'être humain sur la Lune, la NASA a revu ses ambitions à la baisse. La mission consistera finalement en une démonstration en orbite terrestre basse, durant laquelle la capsule Orion s'amarrera successivement aux atterrisseurs lunaires de SpaceX et de Blue Origin.

Objectif : tester les procédures critiques dans un environnement maîtrisé, une approche inspirée de la philosophie Apollo. Le vrai alunissage est donc repoussé à Artemis IV, désormais ciblée pour 2028. Mais ce calendrier n'est pas fixé.

Artemis III repoussée de quelques mois

Jared Isaacman s'y était engagé en prenant les rênes de la NASA : plus de langue de bois. Il tient parole. Lors d'une audience au Sénat portant sur le budget de l'agence spatiale, l'administrateur a confié avoir reçu l'assurance de SpaceX et de Blue Origin que leurs alunisseurs respectifs seraient prêts dès fin 2027 pour la mission Artemis III.

Repousser l'échéance si tôt pose inévitablement des questions. D'autant que de nombreuses questions sur la mission sont encore à l'étude. On ignore, par exemple lequel des deux vaisseaux, Starship ou Blue Moon, sera utilisé en premier. Si l'ambition affichée est de tester les deux engins, Orion s'amarrant successivement à chacun d'eux, tout dépendra des progrès réalisés dans les semaines et mois à venir par les deux constructeurs.

Et là aussi, des questions se posent. Tandis que Starship n'a pas volé depuis six mois, la fusée New Glenn, qui doit transporter Blue Moon, a subi une petite anomalie lors de son troisième vol. Elle est clouée au sol jusqu'à la fin de l'enquête.

Rendu 3D de l'alunisseur Blue Moon. ©Blue Origin
Rendu 3D de l'alunisseur Blue Moon. ©Blue Origin

Les prochains mois seront déterminants

Et ce n'est pas tout. Reste également en suspens le choix de l'orbite pour la mission : l'orbite terrestre basse, plus simple à opérer, ou l'orbite haute, bien plus exigeante mais davantage représentative des conditions réelles d'une mission lunaire. Ce choix doit conditionner la logistique du lancement, les contraintes thermiques sur la capsule Orion et la valeur des données collectées pour la suite du programme.

Dans ce contexte, l'objectif d'un alunissage dès 2028 avec Artemis IV paraît très optimiste. Du côté de Blue Origin, un vol de démonstration du Blue Moon est prévu à l'été, mais reste suspendu au sort de New Glenn. Chez SpaceX, le prochain vol de Starship sera déterminant, la V3 de la mégafusée n'ayant encore jamais volé.