Après un report frustrant, Starship a enfin décollé dans la nuit du vendredi 22 mai. Et le spectacle était à la hauteur de l’attente, nous offrant des images à couper le souffle pour un vol historique : la V3 de la mégafusée d’Elon Musk vient de faire ses premiers pas.

Les 33 moteurs Raptor de Super Heavy lors du décollage. ©SpaceX
Les 33 moteurs Raptor de Super Heavy lors du décollage. ©SpaceX

Lors de la première tentative ce 21 mai, une goupille hydraulique récalcitrante a stoppé le compte à rebours à seulement 40 secondes du décollage. 24 heures plus tard, la fusée la plus puissante au monde a enfin volé après 7 mois clouée au sol.

Un lancement scruté comme jamais, alors que SpaceX se prépare à une introduction en Bourse historique, attendue autour du 12 juin, avec une valorisation qui pourrait dépasser les 2 000 milliards de dollars. D’autant que Starship est au cœur de ses promesses : le lanceur ne pouvait pas se permettre de décevoir.

Le bouclier thermique tient le choc

Ainsi, les 33 moteurs Raptor du Super Heavy ont rugi simultanément, propulsant la fusée de 124 mètres au-dessus du Golfe du Mexique. Deux minutes et demie après le décollage, la séparation des étages s’est effectuée sans accroc, permettant à Starship de poursuivre sa route vers l’espace.

À bord, le nouveau mécanisme de déploiement de charge utile est entré en action : 20 simulateurs de satellites Starlink nouvelle génération ont été éjectés un à un, à une cadence inédite. Deux satellites modifiés, équipés de caméras et de projecteurs, ont immortalisé la scène depuis l’espace.

Mais c’est lors de la rentrée atmosphérique que le Starship V3 a livré sa performance la plus rassurante. Le bouclier thermique, longtemps considéré comme le défi technique le plus redoutable du programme, a tenu bon face aux températures extrêmes. Les caméras embarquées ont montré les volets aérodynamiques parfaitement intacts tout au long de la descente, une première encourageante pour SpaceX, qui rêve de récupérer et réutiliser rapidement ses vaisseaux.

La fusée a ensuite enchaîné une série de virages contrôlés au-dessus de l’Océan Indien, simulant les trajectoires de retour vers Starbase, avant de basculer de l’horizontale à la verticale et de se poser avec précision dans la zone prévue, au nord-ouest de l’Australie.

Des points à perfectionner

Cependant, tout n’a pas été parfait, et il fallait s’y attendre. Un moteur Raptor du Super Heavy s’est éteint prématurément quelques secondes après le décollage, tandis que lors de la séparation des étages, un moteur du Starship est lui aussi tombé en panne. Deux défaillances qui rappellent que les Raptor 3, pourtant redessinés pour être plus puissants et fiables, n’ont pas encore fait leurs preuves en conditions réelles.

Car ce problème a été fatal pour le booster, incapable de réaliser correctement sa manœuvre de retour. Il s’est écrasé à grande vitesse dans le Golfe du Mexique, loin de l’amerrissage contrôlé espéré. La cause exacte de cette déconvenue reste à déterminer.

Conséquence directe de ces incidents : SpaceX a renoncé en vol au redémarrage programmé d’un moteur Raptor dans l’espace. Il s’agit pourtant d’une démonstration clé pour la suite du programme : sans elle, un vol orbital complet n’est pas encore envisageable pour le prochain lancement. Mais SpaceX ne s’en alarme pas et vise de nouveaux essais dès cet été.

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