Pour les 50 ans d'Apple, fondée le 1er avril 1976, Tim Cook a accordé une longue interview à Esquire dans laquelle il revient sur Steve Jobs et défend son positionnement face à l'administration Trump.

« C'est indéniablement toujours son entreprise », dit Tim Cook à propos de Steve Jobs - ©FotoField / Shutterstock
« C'est indéniablement toujours son entreprise », dit Tim Cook à propos de Steve Jobs - ©FotoField / Shutterstock

Apple a déjà 50 ans et pour l'occasion, Tim Cook a choisi de marquer l'événement par plusieurs prises de parole publiques, dont une lettre aux employés, une visite de la collection secrète de prototypes avec le Wall Street Journal, et cette interview publiée par Esquire, réalisée au lendemain du lancement du MacBook Neo à New York, dans le café ouvert de l'Apple Park à Cupertino. Il se livre sur Steve Jobs, et revient également sur sa position vis-à-vis du présent d'Apple.

Tim Cook était chez Steve Jobs le jour de sa mort

Tim Cook semble très empreint de son prédécesseur Steve Jobs, mort d'un cancer du pancréas en 2011 à 56 ans. Tim Cook dit penser souvent à lui, et encore plus ces derniers mois. « On repense à ses convictions. Il croyait en la simplicité, pas en la complexité. Il croyait en la collaboration, persuadé que si l'on réunit un petit groupe de personnes, le résultat obtenu sera bien supérieur à celui de n'importe quel individu », se souvient-il.

Celui qui a marché dans les pas du créateur de l'iPhone raconte qu'il a longtemps été dans le déni quant à la gravité de la maladie de Steve Jobs. « Je l'avais vu se rétablir tant de fois que je pensais qu'il s'en remettrait toujours ».

Quand il a pris la direction générale d'Apple, il croyait que Steve Jobs resterait président exécutif à vie et c'est ce qu'il pensait encore six semaines avant sa mort. Tim Cook était chez lui ce jour-là. Steve Jobs avait pourtant refusé des traitements médicaux lors de son premier diagnostic, préférant des cures de jus de fruits. « Avec le recul, je sais que certains pourraient me dire : 'Comment pouvais-je penser cela, vu les circonstances ?' Mais ce n'était pas dans ma façon de penser à ce moment-là », déplore-t-il.

L'entretien se poursuit dans les jardins intérieurs de l'Apple Park, où sept cents pruniers, abricotiers et cerisiers poussent autour d'un étang. Steve Jobs avait lui-même choisi les variétés, ayant grandi à quelques kilomètres de là, à une époque où les arbres fruitiers étaient partout dans la région. Tim Cook évoque aussi la campagne « Think Different » de 1997, avec ses portraits en noir et blanc de John Lennon, Albert Einstein, Pablo Picasso ou Bob Dylan, des personnalités que Steve Jobs appelait « les fous ». Une manière de rappeler que l'esprit de Steve Jobs, avec ces personnalités jugées à leurs époques un peu barrées, est toujours là avec lui aussi, sa part de folie qui a permis à Apple de s'élever. « C'est indéniablement toujours son entreprise », ajoute-t-il.

Quand Tim Cook a pris la direction générale d'Apple, il croyait que Steve Jobs resterait président exécutif à vie - ©Paul Sakuma Photography / Shutterstock
Quand Tim Cook a pris la direction générale d'Apple, il croyait que Steve Jobs resterait président exécutif à vie - ©Paul Sakuma Photography / Shutterstock

Un million de dollars au fonds d'investiture de Trump

En marge de cet hommage, l'entretien aborde aussi la relation de Tim Cook avec l'administration Trump. L'actuel numéro 1 d'Apple a fait un don d'un million de dollars au fonds d'investiture, était présent à la cérémonie, et en août 2025, annonçait depuis le Bureau ovale qu'Apple investirait 100 milliards de dollars supplémentaires dans la production américaine, portant l'engagement total à 600 milliards. Cet investissement aurait convaincu Donald Trump d'exempter Apple des droits de douane sur les puces importées de Chine, même si l'entreprise a tout de même payé plus de 3 milliards de dollars de droits de douane.

Esquire lui pose la question directement : comment des clients qui ont vu Apple célébrer le Mois des Fiertés peuvent-ils le voir aux côtés de Trump ? Tim Cook répond qu'il dialogue avec tous les gouvernements du monde, y compris ceux avec lesquels il a des opinions très différentes. « L'administration Trump est très accessible. Vous pouvez leur faire part de votre point de vue. Ils ne seront peut-être pas d'accord, mais vous pouvez dialoguer ».

« Vos valeurs sont les mêmes qu'au jour de votre arrivée ? », demande Esquire. Tim Cook soutient qu'elles n'ont pas bougé depuis son arrivée chez Apple en 1998, malgré une hausse significative du chiffre d'affaires.

Source : Esquire

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