Les membres des prochaines missions Crew‑12 et Artemis II pourront emporter leurs smartphones personnels dans l’espace. Depuis Apollo 17 en 1972, les astronautes utilisaient des reflex Nikon pour leurs prises de vue et rien n’avait changé jusqu’à l’annonce récente de la NASA.

Les astronautes vont pouvoir embarquer iPhones et autres smartphones Android dans l'espace pour les prochains vols de la NASA - ©tinhkhuong / Shutterstock
Les astronautes vont pouvoir embarquer iPhones et autres smartphones Android dans l'espace pour les prochains vols de la NASA - ©tinhkhuong / Shutterstock

Qui veut voyager loin ménage sa monture. Et ça n'est pas la NASA qui dira le contraire, puisqu'enfin, c’est officiel, Sophie Adenot et ses collègues de Crew-12 comme ceux de la mission Artemis II, pourront embarquer leurs smartphones à bord. Et c’est l’administrateur de la NASA lui-même, qui l’a annoncé.

Grâce à ce matériel qu’ils connaissent et utilisent au quotidien, les astronautes pourront capturer ou partager facilement leurs photos et vidéos directement depuis l’espace, sans passer par les équipements lourds, compliqués d’autrefois qui empêchaient la prise de vue spontanée, comme des appareil Reflex Nikon ou des Action cams de type GoPro Hero 5 vieux de 10 ans.

« Un petit pas dans la bonne direction » selon l'administrateur de la NASA, qui indique par ailleurs que les astronautes ne s'en serviront pas que pour faire des selfies avec leur collègues.

Les smartphones prennent enfin le relais et montent à bord avec les astronautes de Crew-12 et d'Artemis II

Même si l'on ne sait pas encore lequel des équipages des missions SpaceX Crew-12 ou Artemis II de la NASA partira en premier, les astronautes utiliseront leurs smartphones comme des outils quotidiens pour capturer des images et vidéos, exactement comme ils le font sur Terre.

Ils pourront ainsi partager directement leurs clichés et films non seulement à leurs proches et au public resté sur le plancher des vaches, mais aussi contribuer à leur mission scientifique. Car, comme le rappelle Jared Isaacman dans sa publication sur X que vous pouvez voir ci-dessous, « Cette réactivité opérationnelle sera un atout précieux pour la NASA dans la poursuite des recherches scientifiques les plus importantes en orbite et sur la surface lunaire ».

Cette réactivité ne serait pas possible en manipulant le matériel lourd, aux nombreux réglages pour un cliché parfait et aux fonctionnalités obsolètes qui date de plus de dix ans. Par simple comparaison, un Nikon D500 dispose d'un capteur CMOS de 21 mégapixels (5 568 x 3 712 pixels), alors que le téléobjetif du dernier iPhone 17 Pro Max déroule 48 mégapixels, avec probablement, d'après Clubic, ce qui se fait de mieux actuellement en matière de smartphones photos.

Une modernisation attendue depuis 1972

Les quatre membres de la mission Crew-12 de la NASA et de SpaceX, à destination de la Station spatiale internationale, posent ensemble pour une photo de groupe à bord d'un vaisseau spatial Dragon de SpaceX, au siège de SpaceX à Hawthorne, en Californie. De gauche à droite : le cosmonaute de Roscosmos et spécialiste de mission Andrey Fedyaev, les astronautes de la NASA Jack Hathaway et Jessica Meir, respectivement pilote et commandante, et l'astronaute de l'ESA (Agence spatiale européenne) et spécialiste de mission Sophie Adenot - ©SpaceX
Les quatre membres de la mission Crew-12 de la NASA et de SpaceX, à destination de la Station spatiale internationale, posent ensemble pour une photo de groupe à bord d'un vaisseau spatial Dragon de SpaceX, au siège de SpaceX à Hawthorne, en Californie. De gauche à droite : le cosmonaute de Roscosmos et spécialiste de mission Andrey Fedyaev, les astronautes de la NASA Jack Hathaway et Jessica Meir, respectivement pilote et commandante, et l'astronaute de l'ESA (Agence spatiale européenne) et spécialiste de mission Sophie Adenot - ©SpaceX

Pourquoi la NASA met autant de temps à autoriser les changements technologiques

Pendant des décennies, la NASA a exigé que chaque appareil photo soit rigoureusement modifié pour répondre à des normes de sécurité, car les caméras apportées en vol, qu’il s’agisse des Hasselblad 500 EL utilisés sur les missions Apollo dès 1968 ou des modèles numériques Nikon adaptés sur la Station spatiale internationale ces dernières années, devaient être testées pour résister au vide, aux radiations et aux vibrations, ce qui rallongeait considérablement leur qualification avant vol.

Des procédures qui impliquaient des tests de comportement des batteries, de résistance aux radiations et de vibrations mécaniques, souvent réalisés sur plusieurs années, ce qui retardait l’intégration de tout appareil grand public et expliquait pourquoi il a fallu attendre si longtemps avant d’autoriser les smartphones à bord.

Là encore, Jared Isaacman explique pourquoi la NASA s'est affranchie de ces contraintes: « De même, nous avons remis en question des processus établis de longue date et qualifié du matériel moderne pour les vols spatiaux dans des délais extrêmement courts ».

Maintenant que nous voici à l'ère des smartphones, on peut se demander qui de Apple ou d'Android remportera la bataille au sein des équipages, à l'heure où on ne sait pas encore si c'est Artemis ou Crew-12 qui prendra les premiers clichés.

Source : Engadget