Stéphane Richard brandit la menace de l'itinérance contre Free Mobile

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Le 17 décembre 2013
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Les annonces successives de Free Mobile en matière de 4G ne laissent pas le patron d'Orange de marbre. Stéphane Richard réagit en critiquant le réseau de son concurrent, allant même jusqu'à qualifier Xavier Niel de « roi de l'embrouille ». L'opérateur historique évoque désormais le besoin qu'à Free Mobile de signer un contrat d'itinérance comme celui passé en matière de 2G/3G.

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Stéphane Richard n'apprécie pas l'attitude de son concurrent Free Mobile. Le p-dg d'Orange n'a, une nouvelle fois, pas mâché ses mots pour critiquer la stratégie de l'opérateur et ses récentes annonces en matière de 4G. Le dirigeant est également revenu sur l'arrivée du très haut débit mobile pour les clients Sosh.

Dans une entrevue accordée au Figaro, Stéphane Richard jette à nouveau l'opprobre sur le réseau de Free Mobile. Il précise « Xavier Niel est le roi de l'embrouille. Free Mobile ne dispose que de très peu de fréquences et d'antennes, si on le compare à ses concurrents. Même en accélérant son déploiement, il ne pourra en aucun cas prétendre disposer d'une couverture nationale en 4G par ses moyens propres, ce qui signifie que pour obtenir une couverture digne de ce nom dans les semaines à venir, il lui faudra forcément s'appuyer sur un accord d'itinérance ou de mutualisation avec l'un de ses concurrents. »

Le dirigeant insiste en laissant entendre qu'Orange conserve la main en matière de réseaux Télécoms. Revenant sur l'accord d'itinérance 2G/3G permettant à Free Mobile d'utiliser le réseau de l'opérateur historique pour y acheminer ses propres communications, Stéphane Richard rappelle que ce contrat « n'est pas un droit perpétuel. Orange peut très bien se passer de l'accord d'itinérance, mais la réciproque est-elle certaine ? ».

Si la critique est certes directe, le dirigeant omet toutefois de rappeler ses propos sur combien peut rapporter ce type de contrat. Devant l'Assemblée nationale en décembre 2012, le responsable précisait ainsi que « l'accord d'itinérance devrait nous rapporter beaucoup plus que 1 milliard d'euros sur trois ans comme annoncé initialement ». S'il décide de se priver d'un nouvel accord avec Free Mobile, Orange devra donc logiquement faire une croix sur cette manne financière.

Andouilles, pigeons...

Toujours est-il que cette sortie du dirigeant d'Orange est la dernière en date d'une série de critiques adressées à l'encontre de son concurrent. Pour rappel, Stéphane Richard avait déjà lancé de telles piques acérées au lendemain de l'annonce du lancement du « forfait Free » doté sans surcoût de la 4G. Il avait alors expliqué que : « le problème c'est que c'est du vent tout ça parce qu'il n'y a pas de couverture... Je vous laisse imaginer la qualité de réception que vous pourrez avoir avec 700 antennes sur l'ensemble du territoire. Le marché finira bien par arrêter de se faire prendre par ces coups de com' de Free ».

Suite à cette première interview donnée auprès de RTL, la direction d'Orange et de Free Mobile se sont lancé des amabilités par presse interposée en réagissant auprès notamment de France 2. Une guerre de communication dans laquelle chacun abat ses cartes et critique l'attitude ou la stratégie de l'autre.

Voilà pour le contexte médiatique. Sur le plan technique, la donnée reste la même. Le réseau 4G de Free comptait, au 1er décembre, 700 sites et l'opérateur n'a pour l'instant pas recours à l'itinérance. Côté concurrence, Bouygues Telecom dispose du nombre de relais le plus important (5 392 tous spectres confondus) en fonctionnement, suivent ensuite Orange (3 879) et SFR (1 013).
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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